Archives par mot-clef : Stéréotypes

Au travail, « les femmes ont peur d’être perçues comme féministes »


Rencontre avec Sabine Fortino, Sociologue et Maître de conférences rattachée à l’Université Paris Ouest Nanterre. Auteure de l’ouvrage La mixité au travail, elle s’intéresse dans le cadre de ses recherches à la sociologie du travail et du genre, et plus particulièrement aux thématiques de la mixité, de la précarité, de la modernisation du monde professionnel et de la gestion des émotions, de sa santé au travail.

Mixité au travail

Le marketing féministe peut-il vraiment être sincère ?


Le marketing féministe n’en finit pas de s’imposer en publicité mais faut-il saluer les actions féministes des marques ? Ou dénoncer une récupération à des fins commerciales ? Voici la problématique qu’a souhaitée illustrer l’agence de publicité Jones St dans une vidéo parodique qui vient d’être publiée sur la toile. A grands renforts d’humour, l’ambition est de dénoncer les stratégies douteuses des publicitaires qui utilisent l’émancipation féminine pour faire vendre, notamment dans le secteur de la beauté, où les injonctions sociales qui pèsent sur les femmes sont, bien au contraire, très fortes.

Super Man, Super Girl : mêmes pouvoirs mais pas le même combat !


Super GirlRencontre avec Mélanie Boissonneau, titulaire d’un Doctorat en études cinématographiques et audiovisuelles. Spécialiste de la représentation des femmes dans le cinéma, elle a notamment travaillé sur les différences entre super héros et super héroïnes.

Sur quelles thématiques se focalisent vos recherches sur les super héroïnes ?

Dans tous mes travaux, je m’interroge de manière récurrente sur la question de l’égalité hommes/femmes mais également sur les représentations des corps féminin et masculin. Quelles sont les principales différences de représentations entre les super héros et les super héroïnes ? Tout d’abord, il faut savoir que le nombre de super héroïnes est bien inférieur au nombre de super héros. C’est tout à fait flagrant. Au cinéma par exemple, entre 1968 et 2008, il y a eu 46 films de super héros, donc seulement 3 avec des super héroïnes en personnage principal, qui se sont d’ailleurs soldés par des échecs. Mise à part le nombre, la représentation est aussi différente. Lorsqu’elles ne sont pas le personnage principal, les super héroïnes sont toujours membres d’une équipe composée majoritairement d’hommes. Elles vont souvent être des personnages secondaires, comme dans Wolverine.

L’image de la maternité à la télé : que font les publicitaires ?


Maternité et publicitaires« La fonction maternelle chez les humains n’a rien de naturelle ; elle est toujours et partout une construction sociale, définie et organisée par des normes, selon les besoins d’une population donnée à une époque donnée de son histoire » écrit l’historienne Yvonne Knibiehler. (1) Au cours des siècles passés, les représentations associées aux mères ont largement évolué. Autrefois « devoir », la maternité est devenue un « droit » sous l’impulsion de l’évolution des rapports sociaux de sexe. Contraception, IVG, devenir mère est aujourd’hui un choix. Pourtant, la manière dont certains spots publicitaires mettent en scène les mamans pose de nombreuses questions. Révélateurs de paradoxes forts pesant sur les épaules féminines, les publicités font l’éloge d’une maternité particulièrement contradictoire. Womenology propose son analyse.

Etude : le futur du numérique se conjugue au féminin


En septembre 2014, une enquête menée par BVA en partenariat avec le Syntec Numérique s’est intéressée à la place des femmes dans le secteur numérique. Alors que cette branche d’activité est particulièrement porteuse d’emplois, la gent féminine ne bénéficie que partiellement de cette croissance. L’inéquitable intégration des femmes dans le secteur numérique est flagrante au regard des statistiques. Ainsi, seulement 25% à 30% des métiers du numérique français seraient occupés par des femmes, 6% des dirigeants des 100 plus grandes entreprises de haute technologie sont des femmes, et on compte moins de 10% des créatrices de start up. (1) Comment l’expliquer ?

Il était une fois… le genre dans les dessins animés


Rencontre avec Mélanie Lallet, auteure de l’ouvrage Il était une fois… le genre. Le féminin dans les séries animées françaises

Les médias sont souvent les premiers boucs émissaires quand il s’agit de dénoncer la persistance des stéréotypes, notamment de genre, dans notre société, quel est votre avis ?

À chaque fois qu’un nouveau média fait son apparition, il suscite de vives inquiétudes quant à ses potentiels effets. Ceci est d’autant plus vrai que les publics auxquels il s’adresse sont jugés vulnérables, à l’image des enfants, longtemps considérés comme les cibles passives du marketing et que l’on imagine particulièrement perméables aux stéréotypes.

 La télévision et les écrans ont ainsi été crédités d’une influence considérable, parfois de façon relativement simpliste. Dans les années quatre-vingt, certains travaux féministes ont développé une conception très dure de l’incorporation des normes de genre dans l’enfance et du rôle des médias dans ce processus. Je pense pour ma part que l’expérience médiatique des plus jeunes prend sens dans un contexte social qui dépasse très largement le moment du visionnage, comme le montrent très bien les travaux de Dominique Pasquier sur la série Hélène et les Garçons. Par ailleurs, les médias ne sont pas le seul vecteur de stéréotypes et ne peuvent expliquer à eux seuls tous les maux de la société. Comme l’ensemble de notre culture, ceux-ci ont connu bien des transformations et ne sont pas condamnés à reconduire indéfiniment les mêmes stéréotypes. Cela ne veut pas dire qu’il faille abandonner toute ambition critique, mais une critique nuancée, qui puisse saisir les évolutions tout en soulignant le chemin qui reste à parcourir.

#Etude : les stéréotypes font mauvais genre


Les stéréotypes sur les concepts de masculin et féminin sont particulièrement présents dans notre société. Mais ceux-ci influencent-ils directement les inégalités encore observables dans le monde de l’entreprise ? Et quels regards hommes et femmes portent-ils sur ces derniers ? Telles sont les questions que la société de conseil Just Different, spécialisée dans les domaines de la diversité, s’est posée à travers une enquête online menée en mars 2014. A travers les réponses de 718 participants à des questions ouvertes, l’objectif de cette enquête était donc de réaliser « une photographie, sûrement incomplète mais assez parlante, de la manière dont est perçue l’influence des stéréotypes sur les choix de carrière des jeunes » explique l’entreprise. (1)

#stéréotypes : « il y a un retour en force de l’hypermasculinisation »


Rencontre avec Florian Silnicki, Expert en stratégie de communication.

Comment expliquer l’engouement de certaines marques pour les clichés sexistes, à l’instar d’Eden Park ou encore de Stabilo ?

Ces marques cherchent le buzz. Concrètement, elles cherchent à développer la notoriété de leur marque ou de la visibilité d’un produit à travers un bouche-à-oreille des internautes, quitte à ce que ce soit pour exprimer à leur propos des sentiments négatifs, ce qui à mon sens est particulièrement contreproductif. Cela s’explique sans doute par la difficulté que rencontrent les marques à impacter leurs publics cibles et à créer un lien ou une émotion durable avec leurs cibles. Il faut bien mesurer d’abord qu’une majorité des Français déclarent ne pas être intéressés par la publicité et ensuite qu’ils sont de plus en plus sollicités de toutes parts par les messages publicitaires des marques. Le problème c’est que ces marques ne semblent pas se rendre compte qu’en basant une campagne publicitaire sur un cliché ou un stéréotype, elles se nuisent et dégradent le lien qui lie leur marque à leur public cible. Ensuite, pour réussir à cliver, il faut un message particulièrement adapté à sa cible afin de créer l’émotion qui fidélise ou conduit à la concrétisation de l’acte d’achat. Or, la plupart des marques qui ont eu recours à ces stéréotypes sociaux d’un autre âge, n’ont pas du tout suffisamment travaille leur message. Quand un site de covoiturage base sa communication sur une campagne dont le message est « elles sont bonnes mais qu’est ce qu’elles sont connes », chacun peut mesurer qu’il se prive potentiellement des 50% de parts de marché que représentent les femmes. C’est maladroit.

« Il y a un manque cruel de couverture médiatique des femmes dans le monde du sport »


Mélissa Plaza

Rencontre avec Melissa Plaza, joueuse de football internationale à l’Olympique Lyonnais, elle est également en 2e année de thèse en psychologie sociale et travaille sur les stéréotypes sexués dans le sport.

Qu’est-ce qui vous a donné envie de travailler sur ce sujet dans le cadre de votre thèse ?

Ça a été avant tout une rencontre avec celle qui est devenue par la suite ma directrice de thèse. Elle travaillait sur l’axe « engagement sportif et performance » du laboratoire auquel je suis actuellement rattachée et m’a proposé de travailler sur les stéréotypes sexués dans le sport. L’idée m’a tout de suite enchantée puisque très en lien avec ma pratique sportive quotidienne et puis bien sûr parce que j’avais envie de découvrir de manière plus intellectuelle les mécanismes sous-jacents de ce phénomène de société.

Qu’est-ce que votre propre expérience vous a-t-elle enseigné sur les stéréotypes sexués dans le sport ?

Eh bien, je dois dire que d’un point de vue personnel, ils ont été plutôt bénéfiques pour ma carrière puisque j’ai toujours voulu lutter contre toutes ces croyances et j’ai donc redoublé d’efforts pour arriver là où j’en suis aujourd’hui. Mais je ne vais certainement pas faire l’apologie des clichés puisqu’ils ont en général un effet très délétère sur la performance sportive des individus et pire encore sur leur engagement sportif.

Les stéréotypes voient la vie en rose


Brigitte Grésy

Sujet au cœur de l’actualité depuis quelques mois, les stéréotypes de genre sont devenus les vedettes des médias. Il y a ceux qui les combattent, ceux qui les défendent, ceux qui les analysent. Brigitte Grésy, membre du Haut conseil à l’égalité entre les femmes et les hommes et auteure en 2009 du Petit traité contre le sexisme ordinaire publie début 2014 un nouvel ouvrage pour faire le point sur cette thématique. Sous la forme d’une enquête, nourrie d’anecdotes et d’exemples, cette agrégée de lettres et énarque s’emploie à décrypter, chez les enfants et les adultes, les contradictions et ambivalences, liées à l’évolution des rapports hommes/femmes. Comment la différence entre les sexes et les stéréotypes de genre coexistent-ils à notre époque ? Brigitte Grésy répond à nos questions.

Comment expliquer que certains stéréotypes persistent alors que d’autres disparaissent ?

Les stéréotypes de sexe se reconfigurent sans cesse autour de deux grandes catégories du féminin et du masculin, mais ils se restructurent sans cesse. Par exemple, le stéréotype « les femmes sont mauvaises conductrices au volant » qui était très fort il y a encore trente ans, diminue