Archives par mot-clef : sociologie

« Miroir mon beau miroir, dis moi qui est la plus laide ? »


Quelle est l’histoire de la laideur féminine ?

« A la manière d’un cadeau empoisonné, il n’y a qu’un « beau sexe », mais il est limité dans le temps et, dans les représentations sociales, le prix est lourd à payer de ce modeste privilège » écrit le sociologue David Le Breton dans la préface du dernier ouvrage de Claudine Sagaert portant sur l’histoire de la laideur féminine. (1) En effet, si les femmes se sont vues attribuées l’apanage du monde de « paraître » et de la beauté pendant de nombreux siècles, elles ont également été désignées comme le visage principale de la laideur. La sociologue Claudine Sagaert décrypte ainsi dans son livre comment la notion même de laideur a joué un rôle dans la construction des concepts de féminité et de masculinité. Pour les hommes, la laideur concerne plutôt l’esprit, nous dit-elle, alors que pour les femmes, elle désigne directement le corps. Afin de comprendre cette histoire esthétique, Womenology se propose de revenir sur les principaux éléments de son argumentation.

Histoire de la laideur

La culture : un espace de liberté ou de réinvention des pratiques genrées ?


Dans notre société, le monde de la culture est souvent pensé comme un lieu d’autonomie et d’individualisation où chacun est libre de suivre ses goûts personnels et aspirations. Pourtant les enquêtes statistiques menées par le Ministère de la Culture depuis une trentaine d’années relèvent combien les questions de genre orientent les pratiques culturelles des individus. D’ailleurs, on assiste même actuellement en 2015 à un renforcement des clivages de genre en ce qui concerne les loisirs des enfants et adolescents. Dans le cadre d’une conférence donnée au Campus Condorcet à Paris en juin 2015, la sociologue et professeure des universités Marie Buscatto, a réalisé un état des lieux très riche autour de ces questionnements de genre. (1) Retour sur les points clés de sa communication.

Culture et Genre

« Pourquoi les femmes sont-elles autant mal à l’aise lorsqu’il s’agit de parler de leur sexualité ? »


Beth MontemurroRencontre avec Beth Montemurro, sociologue et auteure de l’ouvrage Women’s Stories of Sexual Evolution.

Quel a été le point de départ de votre enquête sur la sexualité des femmes ? Vos questionnements initiaux ?

J’ai eu l’idée de cette recherche alors que je terminais mon ouvrage précédant Something Old, Something Bold: Bridal Showers and Bachelorette Parties (Montemurro 2006), dans lequel j’ai examiné combien l’expression de la sexualité féminine dans l’espace public était approuvée lors des fêtes de célibataires « Bachelorette Parties » et à l’inverse, châtiée aux enterrements de vie de jeune fille. Ce qui m’a frappé, c’est la courte durée nécessaire à ce changement de perception et à quelle vitesse les femmes que j’ai interrogées pour cette étude se sont rapidement déconnectées du rôle de célibataire qu’elles ont joué lors des « Bachelorette Parties ».

A l’heure de « l’après-patriarcat » : déconstruire les inégalités


L'après-patriarcatL’égalité entre les hommes et les femmes est ancrée légalement et de manière aspirationnelle dans l’imaginaire social de notre société française. Pourtant, les inégalités persistent inexorablement. Dans le monde du travail, la mixité des métiers est encore un chantier en devenir : en France, on compte ainsi 99% d’assistantes maternelles femmes, 97% d’aides à domicile, pour seulement 5% de femmes cadres dans le bâtiment soulignait dans son ouvrage dédié Françoise Vouillot, membre du Haut-conseil de l’égalité. (1) Quels que soient les secteurs d’activité, les écarts en terme de progression des carrières masculines et féminines restent eux aussi conséquents. Dans la sphère privée, les études relatives à la répartition des tâches confirment la prégnance d’une division « genrée » ; les femmes effectuent en moyenne plus de deux tiers du travail domestique contre un tiers pour les hommes. En 2015, Eric Macé, professeur de sociologie à l’Université de Bordeaux et directeur adjoint du Centre Emile Durkheim, publie son dernier ouvrage L’après-patriarcat, dont l’objectif est de décrypter cet « arrangement » de genre à l’œuvre. Il nous dévoile sa démarche et ses analyses.

Enquête au cœur de l’intimité conjugale : confessions sur l’oreiller


Un lit pour deux« La relation amoureuse, ou affective, est perçue comme un cadre favorable au sein duquel peut se révéler progressivement l’identité personnelle, » écrit le sociologue de la famille François de Singly, « elle ne doit donc pas l’étouffer : il ne s’agit pas seulement d’être ensemble, mais d’être « libres ensemble ». » (1) Un des grands enjeux du couple contemporain est synthétisé dans cette citation. Hommes et femmes sont encouragés à trouver « la » personne singulière qui leur permettra de se révéler. Néanmoins, face à cette idéalisation de l’amour, il n’est pas toujours facile de concilier un quotidien pragmatique. Ce paradoxe est un des sujets de prédilection du sociologue Jean-Claude Kaufmann, qui publie en ce début d’année 2015 un ouvrage dédié à l’intimité conjugale : Un lit pour deux, La tendre guerre.

Fourchettes, amour et kilos : enquête sur la cuisine des couples


Fourchettes, kilos et amourEtre en couple rime-t-il toujours avec prise de poids ? En février 2015, « I Love My Diet coach », marque de coaching minceur publie une enquête exclusive sur la place de l’alimentation au sein des relations amoureuses. En partenariat avec CCM Benchmark Panel, une étude a été menée auprès de 1000 internautes pour comprendre les valeurs associées à la cuisine au cœur de la vie conjugale. (1) Womenology décrypte ses résultats.

Etre une femme en prison : quelle place pour l’intimité ?


Marquée par une « triple illégitimité » – car relevant du privé, du tabou carcéral et de l’intimité féminine – la sexualité des femmes en prison n’est pas un sujet d’études exempt de réticences. Pourtant, c’est la thématique que la sociologue Myriam Joël-Lauf a choisi d’éclairer dans le cadre de sa thèse, soutenue en 2012.

Elle a ainsi mené une enquête qualitative auprès de 80 femmes incarcérées et 70 professionnels pénitenciers (surveillants, médecins, etc.) afin de lever le voile sur la place de la sexualité féminine en prison. Elle explique les préjugés quant à ce sujet : « La sexualité en prison de femmes constitue un « non-objet », en ce qu’elle se rapporte à des individus dont on considère qu’ils ne sont pas véritablement concernés (…). Les prénotions à propos des femmes détenues stipulent ainsi qu’elles auraient une activité sexuelle quasi inexistante en raison de leur absence de pulsion à assouvir, ou à tout le moins de leur capacité à la maîtriser, et qu’elles parleraient peu voire pas de sexe entre elles. »

La guerre des fesses aura bien lieu


Fin 2013, le sociologue Jean-Claude Kaufmann, spécialiste de la vie quotidienne et auteur de la Sociologie des seins nus (1995), s’attaque une nouvelle fois aux représentations du corps féminin. Cette fois-ci, fin 2013, c’est à une partie corporelle « maudite », « tyrannisée », « complexée », « idéalisée » qu’il dédie sa réflexion : les fesses. Cristallisant les ambivalences féminines quant à leurs physiques, les rondeurs fessières sont au cœur d’un débat houleux : les faut-il minces et plates ou plutôt bombées et rondes ? A travers cette question d’apparence simpliste, le sociologue propose une théorie sur l’idéal de la beauté à l’ère de la globalisation.

Les fesses sont mal aimées

Depuis le 16ème siècle, la beauté est pensée comme le propre du visage et du regard, qui sont les parties nobles du corps. A cette époque, le « derrière », au contraire, est méprisé par tous. « Les fesses sont la « partie honteuse » de la personne » écrit J-C Kaufmann.