Archives par mot-clef : sexualité

Couple, amour : « Nous devenons de plus en plus exigeants »


Les Rencontres de l’Influence – Interview de Léa Feutre

Elles sont devenues influentes sur les réseaux sociaux et leurs abonné(e)s entretiennent avec elles une relation de confiance. Qu’elles soient expertes de la beauté, de la mode, du monde culinaire, de la vie en couple, de l’univers geek ou autres, leurs conseils et bons plans sont suivis par de nombreux internautes. Pourquoi ? Car elles ont réussi à construire leur blog, leur chaîne YouTube, leur profil Instagram ou leur compte Pinterest, placés sous le signe de l’authenticité.

Rencontre avec ces nouvelles héroïnes « digitales » et plus particulièrement avec Léa Feutre qui a créé son blog : Parler d’Amour, où elle parle des thèmes de l’amour avec un grand A, du couple et de l’équilibre de la vie à deux. 

Léa Feutre

Léa Feutre

Le mariage et ses tribulations : qui dit « oui » ?


En 2014, environ 240 000 mariages ont été célébrés en France. Alors que les unions entre personnes de sexe différent baissent tendanciellement depuis l’an 2000, l’année dernière, les unions homosexuelles ont donné un second souffle à cette institution. Effectivement, malgré une évolution des mentalités à son sujet, le mariage séduit encore en masse, même s’il est souvent plus tardif. En 2013, 93 % des femmes nées en 1930 avaient déjà été mariées au moins une fois à leur 50e anniversaire. Parallèlement, c’était le cas de 82 % des femmes nées en 1960. Un chiffre qui reste tout à fait conséquent. (1) Mais alors, qu’en est-il pour les nouvelles générations, quelles significations les individus donnent-ils de nos jours au mariage ? Plus particulièrement, comment les femmes le conçoivent-elles ? Sont-elles plus souvent à l’origine de cet événement conjugal comme le sous-entendent certaines idées reçues sur le romantisme féminin ? Womenology a mené son enquête. (2)

Le mariage : qui dit oui

Le corps des femmes : « On s’en sert pour séduire plus que pour jouir »


Femme et sexualitéRencontre avec Agnès Giard, Auteure de livres consacrés à la sexualité et à l’amour au Japon, journaliste à Libération (Les 400 culs) et doctorante en anthropologie.

La masturbation féminine vous semble-t-elle être un sujet davantage présent/médiatisé dans l’espace public (cinéma, TV, etc.) ?

Les sites montrant des visages d’orgasmes ou des contributrices en train de se faire jouir, comme IfeelmyselfBeautifulagony, Ishotmyself, bénéficient vers 2003-2005 d’une énorme couverture médiatique. Dans le sillage de ces sites créés par des féministes pro-sexe, pas mal de livres sont publiés sur le thème de la « prise en main » des femmes par elles-mêmes. Qu’il s’agisse d’albums photo montrant des femmes se masturber – La petite mort (de Santillo, éditions Taschen, 2011) – ou de guides – Osez la masturbation féminine (de Hunt Jane, éditions La Musardine, 2010), le discours reste le même : jouissez ! Jouissez pour lutter contre l’inégalité des sexes, plus précisément contre l’image de la femme qui soi-disant n’a pas de besoins sexuels mais uniquement besoin de tendresse…

Masturbation féminine sous silence… et si on en parlait ?


Masturbation féminine« Les représentations de la sexualité sont (…) marquées par un clivage qui continue d’opposer une sexualité féminine pensée prioritairement dans le registre de la relation, de la procréation et de la conjugalité, à une sexualité masculine pensée majoritairement dans le registre des besoins naturels, du désir individuel, du plaisir » écrivait en 2009 le sociologue Michel Bozon dans son ouvrage Sociologie de la sexualité. (1) Aujourd’hui, plus de 5 ans ont passé mais ce constat éclairé s’avère toujours d’actualité, comme le démontre le scénario du livre puis film à succès Fifty Shades of Grey. Aux femmes les sentiments, aux hommes les pulsions ? Analyse de Womenology.fr sur cette répartition des tâches érotiques.

Des pratiques sexuelles qui évoluent… doucement mais sûrement ?

Alors que dans les années 40, quatre années séparaient l’âge médian au premier rapport sexuel des hommes de celui des femmes, cet écart n’est désormais plus que de 3 mois souligne le baromètre Santé de l’Inpes (17,4 ans pour les garçons et de 17,6 ans pour les filles chez les 18-24 ans). (2)

« Pourquoi les femmes sont-elles autant mal à l’aise lorsqu’il s’agit de parler de leur sexualité ? »


Beth MontemurroRencontre avec Beth Montemurro, sociologue et auteure de l’ouvrage Women’s Stories of Sexual Evolution.

Quel a été le point de départ de votre enquête sur la sexualité des femmes ? Vos questionnements initiaux ?

J’ai eu l’idée de cette recherche alors que je terminais mon ouvrage précédant Something Old, Something Bold: Bridal Showers and Bachelorette Parties (Montemurro 2006), dans lequel j’ai examiné combien l’expression de la sexualité féminine dans l’espace public était approuvée lors des fêtes de célibataires « Bachelorette Parties » et à l’inverse, châtiée aux enterrements de vie de jeune fille. Ce qui m’a frappé, c’est la courte durée nécessaire à ce changement de perception et à quelle vitesse les femmes que j’ai interrogées pour cette étude se sont rapidement déconnectées du rôle de célibataire qu’elles ont joué lors des « Bachelorette Parties ».

Le monologue du vagin : l’hygiène intime féminine racontée par les publicitaires


Plus de 50% des femmes interrogées dans le cadre d’une enquête mondiale menée par le groupe SCA en 2014 et intitulée « Hygiene Matters », déclarent se sentir gênées ou très gênées en société lorsqu’elles ont leurs règles. Pour les 16-25 ans, ce chiffre atteint même 61%. (6) Les écarts à l’international sont assez remarquables : ce sentiment de gêne concerne ainsi 76% des Chinoises, 44% des Françaises et seulement 27% des Suédoises. En conséquence, comment les géants de ce secteur parlent-ils aux femmes sur ce sujet dont les représentations sont encore largement négatives ? Analyse de Womenology.fr.

Le monologue du vagin

« L’évolution des usages d’internet a contribué à démocratiser la rencontre en ligne »


Nadège Onderka, Directrice Générale d’AGL

Rencontre avec Nadège Onderka, Directrice Générale d’AGL, éditeur de sites de rencontres. 

Selon vous, quelles sont les raisons de la diminution du tabou envers les sites de rencontres ?

Les sites de rencontres existent depuis longtemps et « l’évangélisation » du marché de la rencontre sur internet est en marche depuis plus de 10 ans. L’évolution des usages d’internet a contribué à démocratiser la rencontre en ligne (on vient sur internet pour acheter, vendre, s’informer, faire des formalités : on peut être facilement en contact avec des personnes que l’on ne connait pas et la conversation peut s’instaurer rapidement : Ebay, Linkedin, Forums etc.). Le bouche à oreilles a également fonctionné car les sites de rencontre « ça marche ». Oui, les sites de rencontres ont permis à des millions de couples de se créer et à des millions d’autres de se marier. De plus, le célibat ou le retour à celui-ci (2 mariage sur 3 se soldent par un divorce en Ile de France) poussent de nombreuses personnes à vouloir construire ou reconstruire une relation. Internet facilite la mise en relation et n’est, de fait, plus tabou, c’est devenu une façon de se rencontrer parmi tant d’autres.

« Il y a des femmes qui sont à la recherche d’un « coup d’un soir » et des hommes qui aspirent à trouver l’âme sœur »


Rencontre avec Laurence Le Douarin, Maître de Conférence en sociologie, spécialisée sur les thématiques de la Sociologie des usages, de la culture, du couple, de la famille et des relations intergénérationnelles.

Comment expliquer cette évolution des mentalités envers les sites de rencontres, cette diminution du tabou ?

Les sites de rencontre sont une modalité de rencontre parmi tant d’autres. Certes, la nouveauté réside dans les dispositifs techniques proposés qui permettent de paramétrer le choix du partenaire, d’ajouter des photos, de favoriser les interactions et les échanges avec des inconnus, d’étendre le « marché des relations ». En outre, le taux d’équipement des ménages français en connexion Internet à domicile a largement rattrapé son retard et Internet est plus facile d’accès aujourd’hui. Le processus de banalisation de l’usage des sites de rencontre s’appuie donc sur les évolutions techniques mais pas seulement. Malgré la nouveauté technique, ces plateformes électroniques prolongent d’une certaine manière les « petites annonces » qu’a fort bien analysé François de Singly en son temps. A l’époque, ceux qui trouvaient leur partenaire par le biais des « petites annonces » dissimulaient probablement les origines de la rencontre amoureuse à leur entourage pour « coller » davantage à l’image idéale du scénario de la rencontre amoureuse. La plupart du temps, les rencontres se font sur les bancs de l’université, au sein du réseau professionnel ou amical, dans des lieux privés, réservés ou publics (la préférence du lieu de rencontre restant liée à l’origine sociale).

Etre une femme en prison : quelle place pour l’intimité ?


Marquée par une « triple illégitimité » – car relevant du privé, du tabou carcéral et de l’intimité féminine – la sexualité des femmes en prison n’est pas un sujet d’études exempt de réticences. Pourtant, c’est la thématique que la sociologue Myriam Joël-Lauf a choisi d’éclairer dans le cadre de sa thèse, soutenue en 2012.

Elle a ainsi mené une enquête qualitative auprès de 80 femmes incarcérées et 70 professionnels pénitenciers (surveillants, médecins, etc.) afin de lever le voile sur la place de la sexualité féminine en prison. Elle explique les préjugés quant à ce sujet : « La sexualité en prison de femmes constitue un « non-objet », en ce qu’elle se rapporte à des individus dont on considère qu’ils ne sont pas véritablement concernés (…). Les prénotions à propos des femmes détenues stipulent ainsi qu’elles auraient une activité sexuelle quasi inexistante en raison de leur absence de pulsion à assouvir, ou à tout le moins de leur capacité à la maîtriser, et qu’elles parleraient peu voire pas de sexe entre elles. »

« Il ne faut pas fantasmer le marketing gay au risque de faire de la caricature »


Rencontre avec Yohan Gicquel, auteur de l’ouvrage Le marketing gay, publié en 2007.

Quelle est l’histoire du marketing gay ? Depuis quand existe-t-il ? 

De façon générale, le marketing gay est un mouvement qui est très lié aux contestations de la fin des années 60. La source vient de là. En France, le premier mouvement date de 71 mais à cette époque l’homosexualité n’est pas encore légalisée. Aux États-Unis, il y a eu exactement la même dynamique notamment dans l’Etat New-Yorkais où l’homosexualité se démocratise beaucoup plus rapidement. En France, il faudra attendre plus longtemps notamment l’arrivée de François Mitterrand au pouvoir avec une législation et un débat sur l’homosexualité en France, qui va modifier la donne. Mais le marketing gay a été très peu étudié en France, à ma connaissance, il n’y a même pas de thèse sur le sujet. Ce qui est intéressant c’est que la communauté homosexuelle avait déjà utilisé les ressorts du marketing – avant même que les marques ne le fassent – avec des médias communautaires, des évènements dédiés, des fascicules, etc. La communication « gay » va d’abord être interne à la communauté parisienne, puis, il va falloir attendre le début des années 90 pour voir apparaître véritablement une manifestation du marketing gay en France, et principalement à Paris.