La femme de soixante ans et le regard qu’elle porte sur son corpsThe woman at 60 and the way she sees her body

Dans « Sans amour » (éditions Denoël, 2011), le romancier et essayiste Pierre Pachet se met à la place d’une sexagénaire et analyse sa solitude, son renoncement à la séduction après les transformations qui ont flétri son corps. Une vision trop pessimiste de la soixantaine ?

« Les dames âgées ne sont pas nées telles quelles » : c’est ainsi que s’ouvre le livre de Pierre Pachet. Durant les 146 pages de son récit, il insiste sur la tristesse de cette chute inexorable hors de la belle jeunesse, sur la tristesse de ces femmes de 60 ans trahies par leur corps, parfois par la mort qui leur vole déjà des êtres chers et les condamne à la solitude. « La femme de soixante ans », formule qui revient tout au long du livre, est un parallèle avec la femme de trente ans – limite érotique à l’époque de Balzac, lorsque l’espérance de vie était de 40 ans tout au plus. L’âge de péremption a donc reculé de 30 ans, mais n’en reste pas moins terrible.In « Sans amour » (« Without love », Denoël, 2011), novelist and essayist Pierre Pachet puts himself in the place of a 60-year-old woman and analyses her solitude and her renouncement of seduction after the changes that have left their mark on her body. Is it too pessimistic a view of a woman in her sixties?

« Older women aren’t born looking the way they are now« : this is the opening text from Pierre Pachet’s book. Throughout its 146 pages, he pays particular attention to the sadness of this inevitable descent from youthful beauty and the sadness of these women in their sixties who are betrayed by their bodies, sometimes by the death of their loved one which condemns them to loneliness. « The woman at 60″, the theme that returns throughout the book, is a parallel with the woman at 30 – one’s erotic limit during the 19th century, when life expectancy was 40 at the very most. The age when one is past their best has therefore extended by 30 years but it is no less fearful.Veuf lui-même, Pierre Pachet nous livre une vision poignante, sombre et mélancolique du quotidien des sexagénaires : des femmes que plus aucun homme n’aborde, qui pleurent leur silhouettes d’antan, qui s’habituent aux somnifères pour que « le sommeil se charge de vivre les heures à venir à [leur] place ». Des femmes qui vivotent tranquillement, silencieusement, en attendant la mort.

N’est-ce là que littérature ? Lorsque l’on voit la fraîcheur de Catherine Deneuve ou d’Evelyne Dhéliat, on peut être amené à douter du pessimisme de Pachet : non, le désir de plaire n’est pas forcément enterré à soixante ans… Pour celles qui en doutent, il n’y a qu’à voir les efforts que déploient les marques pour séduire ces sexagénaires encore jeunes : en 2003, 68% des PDG avaient l’intention de mettre en place des stratégies spécifiques à destination des seniors (voir article ici). Et, fait révélateur, la mode et la beauté sont les deux secteurs les plus en avance dans ce domaine (avec le tourisme).

Une enquête menée par CSA pour le magazine Pleine Vie (paru le 17 septembre 2010) montre d’ailleurs que les 60 ans et plus se sentent bien dans leur peau : 75% trouvent qu’être sexagénaire est synonyme de liberté et de projets ; elles ne désirent pas retrouver une seconde jeunesse, mais profiter pleinement de leur âge. C’est pour cela que des publicités vantant un rajeunissement miracle, comme la dernière campagne de publicité de Virgin Radio qui a enflammé la polémique, sont tant critiquées : elles ne correspondent tout simplement pas aux aspirations des seniors…

Car les sexagénaires sont très lucides sur leur apparence. La plupart ne se sentent pas décrépites, comme les décrit Pierre Pachet, mais sont conscientes de l’effet du temps sur leur corps ; elles ne se privent donc pas d’acheter du maquillage, privilégient donc les produits qui corrigent les petits tracas esthétiques dus à l’âge (antirides, crèmes raffermissantes, contour des lèvres anti-ridules). Elles achètent donc souvent des gammes de cosmétiques spécialement conçues pour elles, comme Ekia, la première gamme bio dédiée aux peaux matures. Une preuve de plus, s’il fallait, pour démontrer que les plus de 60 ans ne recherchent pas une solution miracle pour retrouver leurs corps d’antan, mais simplement des produits qui les aident à prendre de l’âge avec grâce.

Marine Baudin-Sarlet

Laisser un commentaire

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Vous pouvez utiliser ces balises et attributs HTML : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike> <strong>