La construction sociale du genre : l’exemple de Laure qui devient Michaël dans le film TomboyThe social construction of gender: the example of Laure becoming Michael in the movie ‘Tomboy’

Le film Tomboy illustre l’idée défendue par Judith Butler que nous performons notre identité sexuelle, qui serait un jeu et une construction sociale.

Laure a 10 ans et est un garçon manqué. Arrivée dans un nouveau quartier, elle fait croire à Lisa et sa bande qu’elle est un garçon. L’été devient un grand terrain de jeu et Laure devient Michaël, un garçon comme les autres… suffisamment différent pour attirer l’attention de Lisa qui en tombe amoureuse. Voir le récit détaillé.
Ce film est une bonne illustration de la théorie de Judith Butler qui présente le genre sexuel comme une construction sociale. C’est parce qu’on joue depuis notre enfance à la fille ou au garçon qu’on est garçon ou fille. Dans ce film on peut observer tout ce qui se passe pour une fille qui cherche à se faire passer pour un garçon : changement de prénom, jeux virils (foot, bagarre), pratique du sport torse nu (la poitrine est encore infime), cheveux courts, découpe d’un maillot de bain une pièce en slip de bain, ajout d’un zizi en pâte à modeler lors de la baignade, tentative de faire pipi debout, etc

Le film présente l’identité sexuelle comme un jeu. Laure joue au garçon, se déguise, imite, exagère des attitudes en apprenant à cracher ou en adoptant des postures (mains sur les genoux penché en avant). Elle joue au grand frère qui protège sa petite soeur. Elle porte des vêtements neutres (short et tee-shirt) jusqu’à ce que sa mère l’oblige à mettre une robe pour se dénoncer.Tomboy illustrates the idea defended by Judith Butler that we play up to our sexual identity, which is a game and a social construction.

Laure is 10 years old and is a tomboy. Arriving in a new neighbourhood, she makes Lisa and her gang believe she is a boy. Summer becomes a big playground and Laure becomes Michael, a boy like the others … but different enough to attract the attention of Lisa who falls in love. See the full story.

This film is a good illustration of Judith Butler’s theory that sexual gender is a social construct. This is because we play the role, from our childhood, of a girl or boy who is a boy or girl. In this film you can see what happens to a girl who tries to pass as a boy; name changing, manly games (soccer, fighting), shirtless sports (she is still flat-chested), hair cut short, a one piece bathing suit, adding a Plasticine willy when swimming, trying to wee standing up, etc.

Le film montre la dimension sociale de l’identité sexuelle. C’est parce que Laure est prise pour un garçon par Lisa qu’elle peut jouer ce rôle. Cette identité masculine semble le bon moyen pour Laure de s’intégrer dans cette bande. Elle est obligée de se faire une complice (sa petite soeur) pour continuer son jeu. L’identité sexuelle semble presque fonctionner dans le film comme une convention sociale. A un moment, la petite soeur Jeanne raconte à ses parents qu’elle a un nouvel ami qui s’appelle Michaël et qui la porte sur son dos. Laure se dédouble dans la bouche de Jeanne en donnant naissance au personnage masculin de Michaël.

L’identité sexuelle devient problématique lorsqu’elle accepte le baiser de Lisa. A posteriori, un garçon de la bande dit à Lisa « qu’embrasser une fille quand on est une fille c’est dégueulasse ». C’est surtout la mère qui  va vouloir dénoncer l’imposture en partant du principe que tromper les autres sur son identité n’est pas tenable. A quelques jours de la rentrée scolaire, tous ces enfants vont se retrouver dans le cadre conventionnel de l’école où il devient délicat de jouer avec son identité sexuelle.

Prenons simplement conscience quand on joue à être une fille ou un garçon dans notre quotidien pour mieux sentir la relativité de ces jeux de rôle.

Voir l’analyse de la thèse de Butler sur la performance de genre par Raphaël Lellouche et notre réflexion sur le fait que la relation aux marques est aussi un jeu social sur le mode de la performativité.

Daniel Bô

The film shows sexual identity as a game. Laure plays a boy, disguises herself, imitating, exaggerating attitudes by learning to spit or changing postures (hands on knees leaning forward). She plays the big brother who protects his little sister. She wears neutral clothing (shorts and t-shirt) until her mother forces her to wear a dress to expose the truth.

The film shows the social dimension of sexual identity. It’s because Laure is mistaken for a boy by Lisa that she is able to play this role. This masculine identity seems a good way for Laure to integrate herself into the gang. She is forced to find an accomplice (her sister) to assist her facade. In the film, sexual identity seems to work almost as a social convention. At one point, the little sister Jeanne tells her parents she has a new friend named Michael who carries her on his back. Laure spits in Joans mouth, giving birth to the male character, Michael.

Sexual identity becomes problematic when Laure kisses Lisa. Later, a boy from the gang tells Lisa « kissing a girl when you’re a girl is disgusting. » It is especially problematic when the mother, who wants to expose the imposter, claims that deceiving others about her identity is not tenable. A few days after going back to school, all the children find it
becomes difficult to play with her real sexual identity.

Let’s just realize that when we act as a girl or a boy in our lives, it’s to better feel the relativity of these role plays.

See Butler’s thesis on gender performance by Raphael Lellouche and our thoughts on how the relationship with brands is also a social game in the sense of performance.

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