C’est quand le bonheur ? Enquête sur le bonheur des femmes en 2014

En 2013, le « World Happiness Report » de l’ONU stipulait que malgré les conséquences économiques de la crise financière de 2008, la population mondiale était devenue légèrement plus heureuse au cours des 5 dernières années. Selon les critères de l’ONU (PIB par tête, espérance de vie, générosité, absence de corruption, possibilité d’avoir quelqu’un sur qui compter et sentiment de liberté), les 5 pays les plus heureux sont le Danemark, la Norvège, la Suisse, les Pays-Bas et la Suède. La France, elle, arrive à la 25ème position du classement mondial, juste au dessus de l’Allemagne. (1) Si les aléas financiers internationaux n’affectent pas le taux de bonheur des pays, quels sont les critères qui comptent vraiment pour les individus ? Pour le découvrir, Womenology, le laboratoire marketing du groupe aufeminin.com, a demandé aux femmes si elles étaient heureuses. (2) Zoom sur les résultats ci-dessous, et pour un éclairage complémentaire, rendez-vous sur Influencia

62% des femmes déclarent être heureuses

Selon une étude menée sur aufeminin.com en janvier 2014, 62% des femmes affirment être heureuses. Une enquête de l’Insee, publiée en 2013 confirme ces résultats « les adultes vivant en France métropolitaine évaluent leur sentiment général de bien-être, sur une échelle de 0 à 10, à un niveau moyen de 6,8. » (6)

Dans le détail, les faits semblent pourtant beaucoup plus nuancés. Si les sondées déclarent être heureuses dans leur vie amicale à 70%, elles ne sont plus que 60% à affirmer le même chose pour leur vie professionnelle, 43% pour leur vie sexuelle et 45% pour leur vie conjugale. Néanmoins, des différences selon les tranches d’âges peuvent s’observer. Les moins de 25 ans s’estiment ainsi plus heureuses dans leur vie amicale (à 72%) que leurs ainées : 65% pour les 25-34 ans. Concernant la vie de couple et la vie sexuelle, ce sont les 25-34 ans qui se déclarent le plus heureuses, à 55% et 51%. Les 35-49 ans ne sont que 44% et 40% à se déclarer heureuses dans leur vie de couple et dans leur vie sexuelle.

Cette faible proportion de femmes se déclarant heureuses dans leur vie conjugale peut s’expliquer par plusieurs faits. Tout d’abord, l’idéalisation du couple parfait, singulier égalitaire et passionnel, régnant dans notre société place la barre très haute pour les hommes et les femmes. La désillusion peut alors s’avérer forte. Par ailleurs, les sociologues expliquent que les femmes sont particulièrement ambitieuses avec leur couple et tolèrent de moins en moins les échecs amoureux. « Contrairement aux hommes, les femmes surinvestissent le couple et la famille. Elles en font la condition de leur bonheur. (…) Leur déception est alors proportionnelle à leur niveau d’exigence. Lorsqu’elles se sentent délaissées, incomprises ou trahies, elles n’hésitent pas à partir » souligne le sociologue François de Singly, auteur du livre « Séparées ». (7)

Indéniablement, c’est la famille et l’amitié qui apparaissent être les domaines de la vie où les femmes sont le plus heureuses, à 70%. Ce résultat est confirmé par l’enquête Insee de 2013 qui indique que la faiblesse des liens sociaux (famille, amis, etc.) est l’indicateur qui influence le plus (avec les contraintes financières) le niveau de bonheur des français.

« L’amour, une drogue douce qui rend les femmes heureuses »

Déclarant être globalement heureuses, les femmes n’en restent pas moins désireuses d’amplifier leur bonheur quotidien. Comment ? A la question « qu’est-ce qui pourrait vous rendre plus heureuse ? », le premier critère plébiscité par les femmes est incontestablement l’amour. « Trouver le grand amour », « S’engager avec mon copain », « Emménager avec mon compagnon », « Faire des projets de couple », voici les réponses majoritaires des femmes à cette question.

Aspiration centrale de notre société, l’amour apparaît être un vecteur de bonheur. Pour Michel Reynaud, auteur de L’amour est une drogue douce… en général (2008) cet état de fait relève presque de l’addiction : « Lorsque vous êtes amoureux, vous voyez la vie en rose, pleine de bonheur, votre imagination et votre créativité se développent. Cette énergie est tournée vers l’autre… Lorsqu’il est absent, lorsque le portable est muet, votre ventre se noue, le manque est insupportable, et si jamais il part pour de bon, tout devient gris, sans intérêt et vous êtes prêt à tout sacrifier pour le retrouver. C’est un modèle très similaire à ce que vit un sujet addict. » (3)

Parallèlement à l’aspiration à la vie de couple heureuse, la réussite au travail est aussi très présente dans les souhaits de bonheur des femmes. « Trouver sa voie », « Obtenir une promotion », « Atteindre ses objectifs professionnels », tels sont les désirs des sondées. 

Les marques peuvent-elles participer au bonheur des femmes ? Oui !

Comme le souligne Gilles Lipovetski, « la consommation a un rôle quasiment thérapeutique. Aujourd’hui si l’on est déprimé on va au cinéma, chez le coiffeur, ou on voyage. » Pratique quasi quotidienne pour bon nombre de femmes, la consommation participe au degré de satisfaction des individus dans leur vie de tous les jours. Et lorsque l’on demande aux femmes « Quelle(s) marque(s) vous rende(nt) heureuse et pourquoi ? », les réponses sont nombreuses. Deux types de marques sortent ainsi du lot : celles qui réconfortent et celles qui donnent confiance en soi.

Les marques « réconfortantes » offrent des instants de plaisir

Elles sont caractérisées comme douces et proposent des moments de bien-être. « Kinder : la douceur du chocolat au lait » ; « Milka car c’est super bon et doux » ;  Picard, pour ses petits plats délicieux » ; « Toutes les marques de chocolat me rendent heureuses. »

Les femmes les plébiscitent et utilisent des pronoms possessifs pour qualifier le bénéfice produit : « Nutella : mon réconfort ». Elles établissent même avec ces marques de vraies relations de proximité et de confiance : « Kiabi, ils me chouchoutent » ; « Les cosmétiques Aesop car ils me détendent tellement le soir » ; « Caudalie pour sa douceur, son parfum, ses soins. »

Les marques « self esteem » procurent une joie d’être soi

De leur côté, les marques dites « self estime » ont un rôle plus utilitaire auprès des femmes. Ces marques participent à leur bonheur car elles leur permettent de s’embellir, de se sentir mieux dans leurs corps. A la question : « quelle marque(s) vous rende(nt) heureuse ? » les femmes choisissent ainsi fortement les marques des secteurs beauté et mode. « Au niveau de la beauté Mac, Opi, Clarins… permettent de se donner quelques minutes de bonheur en prenant soin de soi » ; « Morgane on se sent magnifique dans leurs robes » ; « Benefit et Sephora, car j’aime me sentir belle. » ; « Zara pour être bien lookée » ; « Clarins pour avoir une bonne mine » ; « Yves rocher car c’est la beauté et le fait de prendre soin de soi. »

Ces citations rejoignent les résultats d’une étude menée en 2008 par plusieurs chercheurs en marketing, économie et psychologie comportementale, Daniel Mochon, Michael I. Norton et Dan Ariely. Ces derniers ont ainsi démontré que l’accumulation des petits plaisirs quotidiens avait un impact plus fort sur le bonheur des individus comparé à l’impact d’une seule grande joie (comme gagner une grosse somme d’argent). (4) Dans cette perspective, les marques trouvent une place de choix dans le quotidien des femmes, en leur procurant des instants de bien-être à répétition qui participent à leur bonheur. Amplifiant l’estime personnelle, réconfortant dans des moments de doutes, les marques ont leur rôle à jouer. D’ailleurs, Gilles Lipovetski explique : « la question du bonheur se joue surtout au niveau de l’image que l’on a de soi. » Tout est dit.

Au 18ème siècle, Kant écrivait sur le caractère flou du bonheur : « Le concept du bonheur est un concept si indéterminé, que, malgré le désir qu’a tout homme d’arriver à être heureux, personne ne peut jamais dire en termes précis et cohérents ce que véritablement il désire et il veut. » (Fondements de la métaphysique des mœurs) Trois siècles plus tard, les femmes (dans le cadre de l’enquête Womenology) semblent savoir identifier précisément ce qui les rend heureuses.

#marion#

Sources :
(1) http://www.lefigaro.fr/conjoncture/2013/09/09/
(2) Enquête menée sur aufeminin.com – 1042 répondantes – janvier 2014
(3) Michel Reynaud, Psychiatre et chef du département de psychiatrie et d’addictologie à l’hôpital universitaire Paul-Brousse, il a signé, entre autres, Les Pratiques addictives (Odile Jacob, 2000), Cannabis et Santé (Flammarion, 2004), ou L’amour est une drogue douce… en général (Robert Laffont, 2005).
(4) Daniel Mochon, Michael I. Norton et Dan Ariely, «Getting off the hedonic treadmill, one step at a time: The impact of regular religious practice and exercise on well-being», Journal of Economic Psychology, vol. XXIX, n° 5, 2008. 
(5) http://www.aejc.fr/index.php?option=com_content
(6) http://www.lemonde.fr/economie/article/2013/01/10/l-argent-fait-un-peu-le-bonheur
(7) http://www.valeriejosselin-lifecoach.fr/echange-avec-francois-de-singly

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