Se cacher, se féminiser ou s’affirmer telle quelle : le quotidien des filles dans les filières « masculines »

Dans le secteur du bâtiment et des travaux publics, la part des femmes en emploi est évaluée à 5% par l’INSEE. (2009-2011) En France, malgré une grande féminisation des écoles d’ingénieurs, certaines professions peinent à conquérir les deux sexes. Comment les jeunes filles qui s’orientent vers la mécanique automobile réagissent-elles lorsqu’elles se retrouvent dans des classes essentiellement composées de garçons ? Sont-elles acceptées facilement ? Comment se déroule leur quotidien ? La sociologue Julie Thomas est partie à la rencontre de jeunes filles ayant choisi des filières masculines : BEP électronique, CAP métiers de l’automobile, etc. Cette chercheuse y a relevé 3 principales manières de « gérer » son corps de fille : « A coups de poing », « Se faire invisible » ou « Se féminiser ». (2) Elle nous livre ses résultats plus en détail.

Les jeunes filles que vous avez rencontrées dans le cadre de votre enquête s’attendaient-elles à entrer dans un environnement à ce point « unisexe » ? Quelle a été leur réaction ?

En fait, il y a deux possibilités, qui correspondent à deux types de profils :

1) Celles qui s’attendaient à arriver dans des univers de « garçons » pour le dire trivialement – et qui savent ce que ça signifie concrètement que de vivre au jour le jour au côté uniquement de garçons. Celles-ci ont souvent été socialisées comme des garçons (pratiques de loisirs et sportives avec un groupe de garçons par exemple), ou tout du moins pas de manière traditionnellement féminine. Elles font leur choix en toute connaissance de cause, et souvent parce qu’elles ne peuvent pas se elles-mêmes concevoir dans des métiers « féminins ». Elles ne se « voient » pas dans des métiers où il y aurait majoritairement des filles. Cependant ce n’est pas pour cela que leur insertion est aisée !

2) Celles qui n’avaient pas vraiment conscience de ce caractère « unisexe », et qui se retrouvent souvent assez démunies face à l’ambiance que cela implique. Celles-ci ont davantage été socialisées de manière traditionnelle. Leurs pratiques associées au masculin (que les sociologues nomment « inversées ») ont plus souvent été réalisées dans la sphère privée, par exemple faire du bricolage avec le père, le frère ou un cousin ou oncle, s’amuser à démonter des stylos ou des poignées de porte toute seule à la maison. Elles ne connaissent donc pas vraiment l’ambiance masculine voire virile des groupes de pairs garçons, mais plutôt une ambiance familiale protectrice, avant d’arriver dans ces sections masculinisées. Pour elles, le choc peut s’avérer très rude.

Cependant, ces dernières arrivent souvent dans des niveaux de diplôme plus élevés, où les relations entre élèves sont plus policées (notamment probablement parce que la lutte des places est moins rude que dans les filières comme les BEP, vécues comme de relégation). D’ailleurs, même si ça ne se recoupe pas exactement, on trouve beaucoup de jeunes filles de milieux modestes dans le premier groupe, et davantage de filles de milieux favorisés dans le second.

La non mixité d’une filière est-elle un frein au choix d’une profession ou une cause d’abandon d’une formation ?

Un certain nombre de mes enquêtées et leurs parents, en effet, se questionnent sur la pertinence de leur choix de formation au regard de cette faible mixité – même celles habituées aux groupes de garçons. L’entourage essaye souvent de « prévenir », d’expliquer les conséquences concrètes de leur choix, et de donner une ligne de conduite pour éviter tout débordement. « C’est vrai que dans une filière de garçons, les parents pensent toujours…, me relate Anne, en BEP maintenance industriel. Ils nous avertissent avant qu’on subisse en fait. (…) Moi on m’a donné un p’tit avant-goût, mes parents m’en ont parlé. J’ai essayé de suivre ce qu’ils m’avaient expliqué : (…) « Attention. Tu peux te faire avoir facilement. Ne joue pas avec eux ». ». Comme elle explique, « c’est gentil de leur part, ils prennent soin de nous mais… » … généralement, ce n’est qu’une fois dans la section qu’elles réalisent vraiment ce que cela signifie au quotidien d’être dans un monde masculin : « je savais à quoi m’attendre, mais c’est vrai qu’en entrant dans la réalité j’ai fait « wouo » ! Ils avaient raison hein ! ». Le propos de Sarah résume bien les représentations des filles avant et après leur choix d’orientation.

Elle se rappelle, lorsqu’elle a décidé de faire STI mécanique « C’était vraiment la première fois qu’on a fait une allusion à la mixité d’une activité quoi. Après moi, je n’y voyais pas une barrière, vu que dans ma tête, j’allais y arriver puisque mes résultats suivaient. (…) Vraiment, toute seule je ne pensais pas que ça serait aussi dur. »

D’ailleurs, si un certain nombre de mes interrogées persistent dans leur choix, un bon nombre – comme Sarah – réorientent un peu ou beaucoup leur projet professionnel après cette confrontation à la « dure » réalité.

En faible nombre, les filles se mélangent-elles avec les garçons ou choisissent-elles de rester entre elles ? Racontez-nous.

Il faut savoir tout d’abord que dans un certain nombre de cas, les filles rencontrées sont seules dans leur classe. Certaines d’ailleurs « râlent » en demandant lorsqu’il y a plusieurs filles du même niveau de diplôme, qu’elles soient regroupées dans une seule classe et pas séparées comme c’est parfois le cas. Après, les situations sont diverses mais généralement, ce que j’ai pu observer ou entendre c’est qu’elles apprécient toujours au moins de se ménager des temps entre filles (s’asseoir à côté en classe ou faire des TP en atelier ensemble, se retrouver aux temps de pause). Cela est vrai même pour celles qui apprécient la compagnie des garçons ou celles qui se considèrent vraiment « garçons manqués » : dans ce type de filières, de toute manière, elles retrouvent généralement des filles avec les mêmes dispositions à l’action que les leurs.

Pouvez-vous nous parler de votre typologie, quels sont les points communs entre les jeunes filles, les différences, les difficultés rencontrées, les parcours de vie ?

Il faut tout d’abord préciser qu’une typologie est une sorte de regroupement des traits les plus saillants, ici ceux que j’ai remarqué de manière répétée dans les parcours et les expériences des jeunes filles. Toutes mes enquêtées ne regroupent pas nécessairement l’ensemble des caractéristiques citées (on peut parler, pour reprendre les termes de Max Weber, d’idéaltype). J’ai fondé cette typologie sur un ensemble de critères : manières d’interagir avec les élèves et enseignants ; avec les ami-e-s ; apparence et usages du corps ; activités « techniques »/sportives/autres dès l’enfance et leurs évolutions à partir de l’adolescence ; configurations et pratiques familiales. Voici les 3 groupes que j’ai vu émerger à l’analyse :

A/ Certaines jeunes filles insérées dans une formation technique masculine rendent leur apparence plus « neutre », pour rendre invisible leur présence dans ces classes.

Les jeunes filles qui « neutralisent » disent s’être dirigées vers un métier ou un secteur, généralement relativement précis, en raison de caractéristiques (techniques) particulières ; et effectivement les activités techniques demandées dans leur formation ne sont généralement pas sources de difficultés scolaires. Elles ont effectivement connu, dans l’enfance, des activités « techniques » et/ou de manipulation dans la sphère familiale (regarder le bricolage des pères ou frères, réparer des stylos, construire des objets artistiques…). Ces enquêtées sont souvent investies par leurs parents d’aspirations scolaires et professionnelles élevées, voire d’excellence, et masculines. Ces aspirations ne sont pas réellement mises à l’honneur pour leur caractère masculin en tant que tel ; c’est plutôt que les professions masculines sont généralement plus avantageuses socialement que les féminines. En revanche, on ne remarque pas du tout une valorisation, par les parents, d’un style « garçon manqué » pour leur fille (elles sont plutôt encouragées à faire des sports féminins ou mixtes lorsqu’elles font un sport, par exemple). Aucune n’a été socialisée à des pratiques réellement pensées comme masculines dans l’enfance, notamment dans des groupes de pairs garçons. Peu à peu, elles commencent à considérer comme « trop féminins » pour elles – au moins dans le cadre scolaire – les jupes ou les robes, les décolletés, les bijoux un peu voyants, le maquillage : « Je mets des jupes, mais je mets forcément un pantalon en dessous, je mets des baskets… » (enquêtée en STI électronique). Se retrouver dans des univers quasi-uniquement masculins à l’adolescence est souvent difficile, d’autant que bien souvent, elles n’avaient pas conscience avant leur orientation de ce qu’impliquait la faible mixité, comme je l’ai dit. Elles se mettent petit à petit à supprimer ou masquer les aspects féminins de leur apparence, physiques et vestimentaires. Elles n’optent pas pour autant pour un style de « garçons » ; elles n’avaient pas davantage une apparence particulièrement masculine avant leur orientation.

La « neutralisation » est en fait une stratégie, pas nécessairement très consciente, pour d’une part mettre en avant leur spécialité professionnelle (et leurs compétences) : « Un atelier de chaudronnerie, (…) tu arrives en jeans chaussures… Ça c’est obligatoire ! Pas de talons hauts, parce que sinon tout de suite t’es du secrétariat, hein » (élève de DUT Hygiène Sécurité Environnement). D’autre part, pour certaines (surtout celles dans les filières professionnelles et parfois technologiques), pour limiter les remarques et actes violents qu’elles peuvent subir de la part de leurs condisciples : « C’est vrai que le peu de choses féminines que j’aimais porter [avant], j’ai évité : jupe, t-shirt un peu décolleté… Sinon j’avais droit à des remarques toute la journée, ou à ce qu’on m’embête avec des « gamineries », genre soulevage de jupe pour voir ce qu’il y a en dessous. Idem pour les décolletés où ils tirent dessus pour voir le soutif… » (Sarah).

B/ D’autres enquêtées ne modifient pas leur apparence et leurs usages du corps, plutôt masculins.

L’absence apparente d’évolution concerne celles qui ont profondément incorporé, dès l’enfance, des rapports au monde et au corps masculins. Ces adolescentes sont filles uniques ou membres d’une fratrie féminine. Elles occupent en grande majorité une place de « garçon manqué » dans leur fratrie. C’est-à-dire qu’elles sont précocement poussées par un ou plusieurs membres de la famille à occuper la place d’un fils manquant (jamais né, décédé, ou encore ne suivant pas les demandes parentales) et à pratiquer des activités de garçons dans tous les domaines. Cela marque largement leur apparence au masculin. Elles font alors le choix d’une orientation vers une filière masculinisée en toute connaissance de cause, justement car elles s’identifient à des garçons – ou plutôt elles ne s’identifient pas à des filles. Pour celles de la voie professionnelle, leur orientation scolaire masculine leur semble alors la seule possible. En effet, les autres filières ont, dans leurs représentations souvent caricaturales, des caractéristiques corporelles qui ne peuvent les satisfaire – ou qu’elles ne peuvent satisfaire ! Le critère du mouvement est central : « Moi il faut que je bouge (…) Je sais pas comment elles font les secrétaires pour être assises toute la journée dans leur bureau sans rien faire » (Anne). Mais l’apparence (celles qu’elles ont et celle qu’elles devraient, selon elles, avoir pour aller dans des filières féminines) est aussi très importante. Deux enquêtée de BEP électrotechnique disent ainsi : Jessy : « Comme j’ai un look assez garçon manqué et que j’aime tout ce qui est le sport, travail, j’suis… Enfin – ça n’est pas pour me vanter –, je suis « voyante » [visible] on va dire. (…). Et donc, du coup, c’est pour ça que [mon orientation scolaire] c’est plus dans le milieu garçon en fait, parce qu’en coiffure ou en esthétique ça serait pas trop « ça » à mon avis ». Emeline : « J’peux pas dire [d’un ton volontairement ridicule] « Ah, je vais faire secrétaire » et que c’est complètement impossible ! – (silence) En quoi c’est impossible ?– [presque énervée ; triture son short de la main] Bé, puisqu’il y a un critère, je sais pas, moi ! Il faut, il faut mettre des jupes, il faut mettre ça, il faut se… tout ça là ! … Il faut bien parler, et tout ! ».

Elles considèrent ainsi le fait d’exercer un métier féminin comme une chose impossible, physiquement, pour elles (on peut noter que ce sont toujours des filières « de filles » qui sont citées : il est vrai que les orientations dans la voie professionnelle ne sont quasiment jamais mixtes). Les enquêtées des filières technologiques et générales perçoivent davantage leur apparence masculine comme ouvrant les possibles, et leur permettant justement d’intégrer ces filières techniques masculines, à l’ambiance « bizarre » lorsqu’on y est pas habituée : « mais je pense que je n’aurais pas fait de foot, je n’aurais pas pu aller en STI ; enfin je n’aurais pas tenu parce que, franchement, quand même, ils ont un peu des jeux bizarres en STI, c’est toujours [des blagues de] cul… Faut accepter… Moi je sais, j’accepte très bien. J’ai aucun problème avec eux, ils sont super gentils mais il faut, il faut les comprendre ».

Ce sont d’ailleurs celles parmi mes enquêtées qui sont les plus satisfaites de leur orientation et qui la vivent la mieux. La vie quotidienne de celles insérées en section professionnelle est plus compliquée. Elles subissent fréquemment des « entreprises de morale » à propos de leur apparence « anormale » aux yeux des garçons (ainsi que des jugements assez normatifs de la part des enseignants). Elles sont régulièrement emmenées par les garçons sur les terrains qu’elles semblent vouloir investir – celui de la force physique par exemple. En effet, là où les débouchés professionnels sont rares, la « lutte des places » engendre parfois la confrontation physique comme l’expliquent Jessy, ou Emeline : « j’ai dû me battre avec quelques garçons au début de l’année, pour m’imposer » me dit cette dernière.

C/ Enfin certaines enquêtées, progressivement, mettent au contraire des tenues de plus en plus féminines.

Elles essayent peu à peu d’adopter une apparence et un comportement conformes à ce qui est traditionnellement attendu d’une fille. Elles déclarent avoir été « garçons manqués » dans l’enfance. Elles participaient souvent aux jeux de groupes de pairs masculins, au sein desquels elles ont assimilé la représentation que les activités masculines sont meilleures que celles des filles. Elles ont en revanche souvent connu des socialisations contradictoires au sein du cercle familial, principalement sur le plan corporel. Entre le père et la mère par exemple, ou selon les activités ; ou encore après la naissance inopinée d’un frère longtemps après leur propre naissance (leur faisant perdre la place de garçon manquant qu’elles occupaient jusqu’alors), situation que j’ai appelé celle des « garçons en trop ». Cette hétérogénéité des principes socialisateurs implique qu’elles deviennent relativement sensibles aux demandes normatives qui se consolident à l’adolescence concernant leur apparence. Leur mise en conformité corporelle est compliquée et ne va pas de soi, mais elle est demandée par trop d’acteurs autour d’elles (famille, garçons, même mères des copines) pour qu’elles puissent résister à cette pression étant donné leurs socialisations. Mais cette féminisation arrive surtout à partir du moment où elles se trouvent chaque jour, au quotidien, en présence de garçons, dans un contexte particulièrement normatif. Ces jeunes filles ont plutôt de bonnes relations avec les garçons de leur classe (souvent dans des jeux de séduction), et certains garçons du lycée. Elles profitent aussi généralement d’un certain crédit de la part des encadrants. Mais ce n’est que la surface : leur choix d’orientation est finalement souvent considéré par la plupart des autres personnes comme dû leur « goût » (supposé ou réel) pour la séduction, et non pas pour le futur métier. Or, cela affecte la manière dont elles sont perçues lorsqu’elles connaissent des difficultés scolaires ou des actes oppressifs de la part de garçons dans le cadre scolaire. La rationalité de leur choix scolaire est remise en cause ; l’hypothèse de leur responsabilité est quasi-toujours convoquée – leur présentation féminine impliquant qu’elles consentent à la sexualisation des relations. Les filles de la voie professionnelle sont beaucoup touchées par cela : par exemple des insultes les désignant comme des filles « faciles ». Comme les jeunes filles qui ne modifient pas leur apparence, des campagnes moralisatrices les visent (de la part des garçons ou des enseignants). Mais si ces entreprises de morale se réfèrent de la même manière à leur apparence, c’est une pression normative relative à la sexualité qu’elles subissent (et non relative au genre). L’entourage scolaire met ainsi en place des dispositifs visant l’inculcation des normes de la bienséance sexuelle. Par exemple, se voir répéter sans cesse qu’il faut croiser les jambes sous peine, sinon, d’être considérée comme libérée sexuellement – voire… « une pute », finit par contraindre Cindy dans ses postures.

Pour conclure, en quelques mots, quels sont les résultats les plus surprenants et révélateurs de votre enquête ?

D’une part, les filles que j’ai rencontrées ne connaissaient pas forcément réellement la filière qu’elles avaient choisie avant d’y atterrir ; pourtant, un bon nombre d’entre elles ont un profil assez spécifique (aimant la manipulation/la création, sportives, « garçons manqués », etc.) qui permet de dire que le concours de circonstances qui les a amené dans ce type de filière n’est en fait pas un « hasard ». D’autre part, il faut bien le dire : même lorsque les parents soutiennent à fond leur fille, et quand les enseignants sont très encourageants envers les rares jeunes femmes (il y en a beaucoup, même si certains d’entre eux le font mal et si d’autres n’acceptent pas vraiment la présence féminine), les filles qui empruntent des chemins scolaires masculins en « bavent », notamment corporellement donc. On sort forcément « changées » de ce type de scolarité et de la fréquentation quotidienne d’un cadre masculin normatif – même si pour certaines c’est un changement qu’elles jugent bon ou normal. Plus le nombre de filles augmente dans les classes, plus elles se sentent bien : une première mesure simple serait donc de demander aux administrations d’arranger au mieux les classes pour systématiquement grouper les filles ensemble lorsque cela est possible. Pour les parents, je recommande d’encourager leurs filles si elles désirent aller vers ce type de filière car certaines s’accomplissent complètement dans leur scolarité, tout en sachant qu’ils devront être plus présents encore derrière elles que si elle avait fait un choix d’orientation « classique ».

Propos recueillis par #marion#

Sources :
(1) Rapport du Commissariat Général à la Stratégie et à la prospective, Lutter contre les stéréotypes filles/garçons, 2014
(2) Julie Thomas, «Le corps des filles à l’épreuve des filières scolaires masculines. Le rôle des socialisations primaires et des contextes scolaires dans la manière de “faire le genre”», Sociétés contemporaines, n° 90, 2013/2, p. 53-79 Thomas, Julie, « Corps au travail, travail des corps : les filles dans des orientations scolaires ‘techniques’ », in Raggi, Pascal and Knittel, Fabien (ed.) Genre et Techniques. XIXe-XXIe Siècle, Rennes : PUR, Coll. Histoire, 2013, p. 101–12.

Un commentaire

Une réponse à Se cacher, se féminiser ou s’affirmer telle quelle : le quotidien des filles dans les filières « masculines »

  1. Roxane dit :

    Super article :)
    Pour dévier un peu du sujet sur les femmes qui font des métiers d’hommes, il est important de signaler que le fait qu’une femme puisse joindre l’armée est un symbole fort de citoyenneté. Il fut un temps (XIXe siècle) ou la nationalité/citoyenneté allait de paire avec le service militaire. Le service militaire, tout comme l’école, servaient à faire de « bons citoyens français » qui seraient donc d’accord pour se sacrifier pour la patrie. Aujourd’hui la donne a changé puisqu’on ne fait plus tellement la guerre pour la nation vu que les langues sont homogénisées et les frontières sont bien définies (du moins en Europe). Néanmoins, la possibilité de joindre l’armée est importante symboliquement pour les femmes car si elles ne le pouvaient pas, elles perdraient de la légitimité et deviendraient des citoyennes de second ordre. On le voit également dans beaucoup de conflits modernes: Ukraine, RDC… Les femmes prennent part activement à la défense de leur pays car elle se sentent beaucoup plus concernées qu’avant. Pour en savoir plus : http://femmesguerrieres.blogspot.fr

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