Archives par mot-clef : marketing

Dis moi quel est ton sexe, je te dirais combien tu payes


Woman TaxVocabulaire initié en 2012 par le magazine Forbes, la « Woman Tax » désigne une forme d’impôt invisible pesant sur les femmes. (1) Considérée comme une conséquence péjorative du marketing « genré », autrement dit la création de produits ciblés par sexe, la « Woman Tax » agite l’univers médiatique français depuis quelques mois. Dans l’hexagone, c’est le collectif @Georgette_Sand qui s’est insurgé début septembre 2014 via un tumblr dédié, recensant divers exemples d’inégalités tarifaires dans les produits de consommation courante. En mars 2015, le comparateur online des paniers de course Monsieur Drive a confronté les prix de 26 produits d’hygiène beauté, déclinés pour hommes et pour femmes et vendus dans près de 2200 magasins de 7 enseignes. Quels sont les résultats de cette enquête ? (2)

La taxe rose est-elle réelle ?

Il semblerait que oui, répond l’étude de Monsieur Drive. Néanmoins, la taxe rose se doit d’être relativisée.

« Pourquoi un homme aurait le droit d’être carriériste et pas une femme ? »


Manuela d'Halloy, Directrice Générale du Who's Who in France

Manuela d’Halloy, Directrice Générale du Who’s Who in France

Rencontre avec Manuela d’Halloy, directrice générale du Who’s Who in France.

Quel est votre parcours ?

Alors je suis ingénieure télécom et j’ai fait une spécialisation en Master à l’ESSEC en marketing – car je ne me voyais pas coder toute la journée (même si maintenant on encourage les femmes à coder de plus en plus) – ce qui fait que j’ai une double compétence. Puis, j’ai fait mes armes dans un grand groupe, ce que je trouve très important car l’on côtoie des gens talentueux, des métiers divers et l’on apprend beaucoup. Pendant 15 ans, j’ai ainsi travaillé chez Bouygues Telecom, au démarrage du petit opérateur en 98, jusqu’à la perturbation très forte apportée par Free qui a chahuté le marché. Un parcours assez classique : assistante chef de produit, chef de produit, chef de groupe, responsable marketing/communication, jusqu’au digital. Et au bout de tout ça, je me suis rendue compte que la vie dans les grands groupes ne correspondait plus à mon tempérament énergique, créative, et que la hiérarchie, la politique, les « process » trop longs ne me satisfaisaient plus vraiment.

« Un produit unisexe permettrait encore plus d’économies d’échelle pour les hommes et les femmes »


Rencontre avec le collectif Georgette Sand, à l’initiative du tumblr Woman Tax

Quelle est la genèse de votre réflexion autour de la « Woman Tax » ?

Sophie Gourion sur son blog tout à l’ego a publié le premier écrit sur le sujet en France en mai 2014, elle y cite un article de Forbes qui date de 2012 et qui état d’une étude américaine sur le sujet. Les spécialistes de marketing sont censés regarder de temps en temps les exemples et les évolutions de la législation. Aux Etats-Unis, plusieurs états ont interdit le marketing genré. 

« Happy Happening propose de révéler l’héroïne qui est en chacune de nous »


Rencontre avec Elodie Rousseau-Vercel, commissaire générale de Happy Happening @ElodieRV

Quelle est l’origine du projet évènementiel Happy Happening ?

Tout a commencé avec Les Rencontres aufeminin lancées en Joint venture en 2013 entre aufeminin et ADTLab, la société d’Aude de Thuin (ndlr : fondatrice des Women’s forum, de Osons la France et auteure de Femmes si vous osiez). Autour de l’empowerment des femmes et de l’audace, ce programme de conférences et tables rondes a connu un vif succès auprès de sa cible BtoB : femmes d’entreprises, RH, réseaux de femmes … En 2014, Marie-Laure Sauty de Chalon, présidente d’aufeminin et Aude de Thuin ont décidé de donner plus d’ampleur à ces rencontres et de les ouvrir à toutes les femmes. Elles m’ont confié le projet. Nous avons ainsi créé Happy Happening, Fabrique à héroïnes. Notre ambition : accueillir 10 000 femmes … et les hommes sont bien sûr les bienvenus !

« Oui les hommes se soucient de leur apparence et ils n’en sont pas moins hommes ! »


Mercredi 22 octobre dernier s’est déroulée pour la première en France, la remise des Prix de la Beauté masculine by Têtu. Avec pour ambition de rendre hommage à la créativité du monde de la cosmétique, du parfum et du soin, cette compétition a analysé avec soin les profils de 39 marques candidates. C’est un jury aux expertises complémentaires, rassemblant des professionnels de tout horizons (médecine, marketing, communication, etc.) qui a eu la lourde responsabilité de désigner les grands gagnants. Skeen, L’Occitane, Dercos-Vichy, Mennen, Phillips, Remington, Christian Dior, Thirdman, voici le nom des marques récompensées. L’efficacité et la composition de leurs offres phares, et leurs capacités à répondre aux attentes des hommes on été saluées par les membres du jury.

Pour en savoir plus, rencontre avec Yannick Barbe, directeur de la rédaction de Têtu et Luc Biecq, journaliste et créateur des prix de la beauté masculine.

« Dans Marketing with Mums le plus important c’est le « with » ! »


Le 2 octobre dernier s’est tenue la première journée de conférences française dédiée au marketing de la famille : Marketing with Mums. Réunissant annonceurs, instituts d’études, professionnels du marketing et de la communication et journalistes, l’objectif de cet événement était de comprendre comment créer du lien entre les mamans (les papas) et les marques, notamment via les nouveaux outils connectés et digitaux. La créatrice Barbara Haddad a d’ailleurs donné le ton dès l’ouverture : « le plus important dans le terme Marketing with Mums c’est le « with ». »

La famille : une somme d’individus

C’est Charlotte Dupuis, directrice générale associée de l’institut d’études ABC +, qui a inauguré la journée, en présentant un portrait de la famille contemporaine loin des clichés. Selon elle, il est essentiel, dans un premier temps, de sortir de la caricature : aujourd’hui, on comptabilise en France seulement 11% de familles recomposées et 18% de familles monoparentales. De plus, 7 enfants sur 10 vivent encore avec leurs deux parents. Ce qui a vraiment changé c’est que la famille n’est plus une entité à part entière, elle est devenue une somme d’individus où chacun, enfant comme parent, apporte sa singularité, à l’image de la famille Dumas de Bouygues Telecom.

Qui sont les femmes adeptes des drogues ?


Selon l’Observatoire français des drogues et des toxicomanies, la consommation féminine de drogues représente un enjeu sociétal. Entre 2005 et 2010, la hausse de la consommation quotidienne de tabac chez les 18-75 ans a été davantage importante chez les femmes que chez les hommes. Constat similaire du côté des anxiolytiques, en 2011, on constate que 18% des filles et 10% des garçons en on consommé à 17 ans. En revanche, l’alcool et les drogues illicites restent à tendance « masculine », avec en 1er lieu le cannabis, dont l’usage régulier concerne 9,5% des jeunes garçons contre 3,4% des filles. Alors que dans l’imaginaire social, les comportements à risques sont perçus comme masculins, les chiffres permettent de nuancer quelque peu cette représentation. Quel est le parcours des femmes usagères des différentes substances psychoactives ? Quel regard la société, les instances médicales, etc. portent sur elles ? Rencontre avec François Beck, directeur de l’Observatoire français des drogues et des toxicomanies.

Existe-t-il des drogues plus expérimentées par les femmes que d’autres ? Depuis 10 ans, comment évolue la consommation féminine de drogues ?

Les comportements d’usages de substances psychoactives diffèrent suivant le genre, c’est-à-dire en fonction de la dimension sociale des différences et des spécificités des sexes, et non pas de leur ancrage biologique.

« Aujourd’hui de nombreuses marques lancent des parfums qui n’ont pas de genre »


Questions à Nicolas Olczyk, diplômé d’une maîtrise de chimie et expert marketing du parfum.

Hommes et femmes ont-ils les mêmes attentes en termes de senteurs ? Quelles sont les différences ? Les points communs ?

Oui et non. Les consommateurs sont conditionnés par des habitudes d’achat, mais ils sont aussi influencés par le marketing des produits parfumés. Il est plus fréquent qu’une marque propose des fragrances fleuries, fruitées ou vanillées pour les femmes, et des senteurs plus boisées, épicées ou aromatiques pour les hommes. Mais les goûts des clients eux-mêmes ne sont pas aussi tranchés. Par exemple, on retrouve fréquemment des notes fruitées dans les gels douche masculins, moins dans les eaux de toilette en revanche. De même si un packaging est rose ou violet, un homme sera moins attiré par le produit. Si l’odeur est fleurie ou vanillée, on pourra dire que c’est l’odeur qui ne lui a pas plu. Mais on voit bien qu’on est conditionné à la fois par le contenu et le contenant. Et ne parlons pas de la publicité, du nom, etc. Les attentes, elles aussi, sont liées à des habitudes. Qu’il s’agisse de fraîcheur, d’intensité ou de goûts olfactifs.

« Les passerelles digitales facilitent les échanges entre parents et marques »


Barbara Haddad

Rencontre avec Barbara Haddad, consultante en Marketing relationnel spécialisée dans la relation marques – parents, créatrice du groupe Marketing With Mums, composé du webzine « Pour les bébés », de la conférence « Marketing with Mums » dédiée aux innovations du marketing de la famille et d’une agence en CRM du même nom.

Pouvez-vous nous raconter votre parcours ?

Issue d’une formation en géomarketing, stratégies d’implantation et d’animation des entreprises, j’accompagne depuis 2007 au sein de LaSer Loyalty, les marques et enseignes dans leur relation client : programmes de fidélisation, animations et expériences clients. D’ abord comme chargé d’études statistiques puis comme consultante en marketing relationnel. J’ai ensuite accompagné la start-up Atypic-Store by LaSer dans la définition et la mise en place de sa stratégie de recrutement, tant sur des aspects de campagne d’influence que de community management. En 2013, j’ai rejoint pour quelques temps les équipes de Maximiles comme responsable du programme de coalition Maximiles.com pour enfin me mettre à mon compte et créer un écosystème complet dédié à la rencontre marques – parents.

« Les marques, si elles s’adressent parfois aux gays, ne s’adressent pas aux lesbiennes »


Rencontre avec Amandine Miguel, Porte-parole de l’Inter LGBT en charge de la Visibilité Lesbienne

Que pensez-vous du marketing gay (marques qui ciblent particulièrement la communauté homosexuelle) ?

Tout d’abord, on aurait tort de parler de « marketing gay » pensant que l’appellation « gay » engloberait toute la communauté LGBT (même si elle est souvent employée de cette manière dans les pays anglo saxons). Le « marketing gay » s’adresse principalement aux hommes homosexuels et non aux lesbiennes ou au trans, qui n’intéressent que très peu les marques en raison de leur plus faible pouvoir d’achat et qui restent donc très invisibilisé-e-s au sein de la publicité. Il y a une nette différence de pouvoir d’achat au sein des différentes composantes de la communauté LGBT (nous parlons ici de manière générale, la précarisation est malheureusement présente partout). D’une part, le parcours que l’Etat impose aux personnes trans avec des procédures de changement d’état civil longues, coûteuses et dégradantes les placent dans une situation qui les précarisent extrêmement. D’autre part, les femmes étant les plus touchées par la précarisation, les lesbiennes, en tant que femmes, sont ainsi directement impactées.