Archives par mot-clef : identité

Couple, amour, mariage : les jeunes générations sont plus prudentes ?


Rencontre avec Christophe Giraud, maître de conférences en sociologie à l’université Paris Descartes et rattaché au laboratoire CERLIS. Ses principaux thèmes de recherche portent sur la sociologie du couple et de la vie privée, la sociologie des rapports sociaux de sexe et la sociologie des entreprises familiales.

Conjugalité

Pouvez-vous nous parler de l’enquête que vous avez menée sur les jeunes et l’entrée en conjugalité ?

Dans le cadre de mon HDR (habilitation à diriger des recherches), j’ai travaillé sur les représentations que les jeunes se font d’une histoire intime (d’amour ou sexuelle) vécue entre 18 et 25 ans. Mes enquêteurs et moi-même avons donc interrogé des jeunes filles et garçons au début de leurs expériences puis nous les avons rencontrés à plusieurs reprises dans la durée de leur histoire.

« Plus on se tatoue, plus on ose affirmer ses différentes facettes »


Rencontre avec Elise Muller, socio-anthropologue et auteure de l’ouvrage Une anthropologie du tatouage contemporain. Parcours de porteurs d’encres.

tatouage - singularitéComment a évolué la pratique du tatouage en France ? Hommes et femmes se tatouent-ils autant ?

L’histoire du tatouage est millénaire. Y compris en Europe, ce qu’on ne sait pas toujours. Utilisé jadis comme marque corporative, religieuse ou encore à visée thérapeutique, le tatouage s’est entouré plus tard d’aprioris négatifs : marque « sauvage », il s’est vu assimiler dès la fin du 19ème siècle aux mauvais garçons et aux filles de mauvaise vie, à l’oisiveté, l’illettrisme, la délinquance, voire à la criminalité. Dans les années 70 s’amorce aux Etats-Unis une véritable renaissance de la marque corporelle. Se détachant peu à peu de son caractère transgressif, le tatouage ouvre alors son répertoire iconographique et se féminise. Il commence à se libérer des clichés qui l’auréolent et séduit alors une couche plus large de la société. A présent, on trouve des porteurs d’encres de tous âges et de tous milieux. Et, semble-t-il, parmi eux on compte autant de femmes que d’hommes.

« Il n’y a pas de tatouage féminin ou masculin, lorsque l’on est maitre de son corps, on se tatoue ce que l’on veut »


Julien de « Anne & Julien »

Julien de « Anne & Julien »

Rencontre avec Julien de « Anne & Julien », créateurs de la revue trimestrielle Hey ! et commissaires d’exposition de Tatoueurs Tatoués actuellement au musée du Quai Branly.

Comment a évolué la pratique du tatouage en France ?

D’une manière générale, il y a déjà la professionnalisation des tatoueurs qui a largement évolué entre les années 50-60 et aujourd’hui. Il y a eu un vrai bouleversement au début des années 80. A l’époque dans Paris, il n’y avait que 3 tatoueurs et on est très loin de ce chiffre. Puis, une autre évolution, c’est le fait que les tatoueurs Français ont eu la volonté de bouger, d’aller voir ce qui se passait ailleurs dans le monde.

Féminités et masculinités à fleur de peau : les tatouages ont-ils un genre ?


tatouages - genreEn 2010, une étude réalisée par l’Ifop stipulait qu’une personne sur dix en France était tatouée. (1) Si un décalage s’observait à l’époque entre les générations, la classe d’âge des 25-34 ans étant deux fois plus tatouée que la moyenne, le critère homme/ femme s’avérait peu différenciant. En effet, 11% des hommes se déclaraient tatoués contre 9% des femmes. En 2015, il semble que l’affinité des femmes au tatouage se soit encore davantage développée. Analyse de Womenology.fr.

Tatouage féminin et discrétion

C’est seulement au début du 19ème siècle, dans la lignée des débuts du féminisme, que les premières femmes tatouées font leur apparition aux Etats-Unis. Karine Provençal-LeBlanc, auteure du blog artistique VisionArt souligne dans un article dédié à l’histoire du tatouage, combien ces premières femmes étaient perçues comme « exotiques », certaines d’entre elles évoluant notamment dans l’univers du cirque.

Contre la crise d’ado, le shopping est-il un remède ?


Gossip girl, 90210, Violetta, nombreuses sont les séries mettant en scène les adolescents à l’œuvre dans l’une de leurs activités préférées : le shopping. Réalisant souvent leurs achats en groupe, passant des après-midi entiers dans des centres commerciaux, les adolescents sont des ambassadeurs de marques incontournables. Avec 64% des adolescents déclarant recevoir de l’argent de poche régulièrement (1), ils représentent une cible avec un pouvoir d’achat non négligeable pour les marketeurs. Cependant, peu d’études se sont intéressées aux motivations guidant ces achats en groupe. De la même façon, le facteur du genre a peu été étudié dans le quotidien de ces jeunes individus. Etre une fille ou un garçon influence-t-il la manière de faire du shopping entre ados ? Comment le genre participe-t-il à la construction identitaire lors de l’adolescence ?

Elodie Gentina, enseignante-chercheuse à SKEMA Business School s’est intéressée à ces thématiques dans le cadre d’un de ces articles récents : « Le rôle du genre sur la fréquence de shopping en groupe des adolescents : entre besoin d’individualisation et besoin d’assimilation » (Recherche et Applications en Marketing, 2013 avec Jean-Louis Chandon). Résumé de ses résultats après une enquête quantitative auprès de 641 participants* de 13 à 18 ans. (2)