Archives par mot-clef : genre

Les seniors donnent un « coup de jeune » à la planète mode


La vie après 65 ans est source de plaisirs. Voici ce que déclarent 85% des européens de plus de 65 ans interrogés lors du premier baromètre du « Bien Vieillir » mené par l’institut Korian en partenariat avec Ipsos en 2014. (1) Parmi les leviers d’hédonisme du quotidien de ceux que l’on appelle les seniors, le surf sur internet tient la part belle, puisqu’ils sont 81% en Europe à apprécier ce loisir. Mais ils ne se contentent pas seulement de regarder, ils sont également adeptes de l’e-shopping ! En première ligne de mire, le secteur de la mode est directement concerné comme l’a souligné récemment la Fédération française de prêt-à-porter. (2) La révolution des baby-boomers imprègne ainsi le marché de l’habillement, tant du côté des pratiques consommateurs, que des représentations publicitaires.

Joni Mitchell

Joni Mitchell

Grossesse et réseaux sociaux  : ce que révèle le « social bashing » des femmes enceintes


Cet été, la photo d’une femme et de son nouveau né a entrainé une énième polémique sur les réseaux sociaux, divisant les internautes en deux habituels clans, les « pour » et les « contre ». A l’origine du débat, la cicatrice de césarienne de la jeune femme représentée dans ce cliché en noir et blanc. Signalée par certains sur Facebook comme un contenu « inapproprié » du fait de la nudité du modèle et de la « banalisation » potentielle de l’acte médical dépeint, le cliché a été censuré. Pourtant, il a été partagé plus de 63 000 fois et a connu un véritable succès online. Objectif atteint pour la photographe Helen Aller souhaitant réconcilier les femmes en proie aux doutes corporels quant à leur apparence. Pour cause, la grossesse est un moment de vie où la population féminine est confrontée à des normes et enjeux spécifiques. Le corps des femmes est ainsi sous surveillance, médicale… mais aussi sociale.

Grossesse et réseaux sociaux

« Toutes les études prouvent que les actions en faveur de l’égalité professionnelle renforcent la performance d’une entreprise »


Isabella Lenarduzzi

Isabella Lenarduzzi

Rencontre avec Isabella Lenarduzzi, fondatrice de JUMP.

Racontez nous votre parcours, comment vous êtes vous orientée vers l’égalité en entreprise ?

J’ai toujours été féministe mais étant jeune, je pensais que c’était un combat “pour les autres” c’est à dire pour celles venant de cultures moins égalitaires. C’est comme cela que j’ai milité pour tous les droits des femmes et créé en 1986, l’association « la voix des femmes » qui était la première association fondée par des jeunes femmes issues de l’immigration pour leurs consœurs. Ma première confrontation avec mon statut de femme discriminée en entreprise, fut lors des 3 ans du « earn out period » que j’ai vécu entre 1991 et 1994 lors de la vente de mes premières sociétés à une multinationale. Tous les personnes du CA étaient des hommes avec environ 20 ans de plus que moi. J’ai mis du temps à réaliser qu’ils me considéraient comme l’assistante de mes deux associés (hommes) et non comme une des fondatrices et pilier de notre succès. Je me suis retrouvée dans une position où je devais légitimer tous les jours ma place et défendre ma position. C’est à ce moment-là aussi que j’ai découvert que je m’étais construite professionnellement comme un homme afin de ressembler le plus possible au modèle que mes associés (tous masculins) considéraient comme efficace.

« Il faut laisser le choix aux enfants en leur proposant des applications non genrées ! »


jeux pour enfantsRencontre avec la blogueuse féministe Sophie Gourion, à l’origine d’une enquête sur les applications jeux à destination des enfants.

En règle générale, le développement des nouvelles technologies atténuerait les effets du genre, comment expliquer que pour les applications à destination des enfants, on observe l’effet totalement inverse ?

Il est illusoire de croire que les nouvelles technologies seraient une bulle coupée de toute réalité sociale et exemptes de sexisme. D’après une étude menée par la Commission européenne l’année dernière, seulement 9% des concepteurs d’applications et 19% des responsables dans le secteur des technologies de l’information et des communications (TIC) sont des femmes, contre 45% dans d’autres secteurs des services. Sous-représentativité, différences de salaires, difficulté à accéder aux postes de responsabilité : le vécu des femmes dans le numérique est au diapason de ce qu’elles vivent dans le monde du travail en général. Même s’il existe de belles réussites, c’est loin d’être un eldorado. Par ailleurs, il faut distinguer le contenant du contenu

« Les super héroïnes sont toujours des figures qui n’ont pas le physique du rôle »


Le héros était une femmeRencontre avec Gianni Haver, Professeur associé à l’Université de Lausanne, dont les sujets de recherche portent sur l’histoire sociale des médias. Ce chercheur a, par ailleurs, étudié la figure intermédiatique du Super héro via notamment un ouvrage intitulé Le héros était une femme… Le genre de l’aventure (2011).

Quel était l’objectif de ce livre collectif ?

Cet ouvrage se penchait sur l’apparition d’un nouveau modèle d’héroïcité au féminin, qui établissait une rupture avec la figure de l’héroïne classique, souvent un personnage secondaire, souvent accompagnée par un héros, à qui on ne demande pas la même attitude face à l’adversité. Ce nouveau modèle de héros féminin serait un modèle où la femme est le personnage principal en assumant la quête du héros avec un comportement adéquat, y compris l’usage de la violence, autrefois l’apanage de l’héroïcité masculine.

Super Man, Super Girl : mêmes pouvoirs mais pas le même combat !


Super GirlRencontre avec Mélanie Boissonneau, titulaire d’un Doctorat en études cinématographiques et audiovisuelles. Spécialiste de la représentation des femmes dans le cinéma, elle a notamment travaillé sur les différences entre super héros et super héroïnes.

Sur quelles thématiques se focalisent vos recherches sur les super héroïnes ?

Dans tous mes travaux, je m’interroge de manière récurrente sur la question de l’égalité hommes/femmes mais également sur les représentations des corps féminin et masculin. Quelles sont les principales différences de représentations entre les super héros et les super héroïnes ? Tout d’abord, il faut savoir que le nombre de super héroïnes est bien inférieur au nombre de super héros. C’est tout à fait flagrant. Au cinéma par exemple, entre 1968 et 2008, il y a eu 46 films de super héros, donc seulement 3 avec des super héroïnes en personnage principal, qui se sont d’ailleurs soldés par des échecs. Mise à part le nombre, la représentation est aussi différente. Lorsqu’elles ne sont pas le personnage principal, les super héroïnes sont toujours membres d’une équipe composée majoritairement d’hommes. Elles vont souvent être des personnages secondaires, comme dans Wolverine.

Super héros et Super héroïnes : sont-il égaux ?


Super HérosEn 2014, l’éditeur américain Marvel frappait un grand coup dans le monde des super héros en transformant Thor en femme. Le communiqué de presse annonçait alors : « le nouveau Thor continue la tradition des personnages féminins forts comme Captain Marvel, Storm, Black Widow et d’autres. Et ce Thor n’est pas seulement un substitut féminin. Elle est maintenant la seule Thor, et elle en est digne. » (1) Mais dans les faits, les représentations médiatiques des super héros et super héroïnes témoignent-elles d’une égalité hommes/femmes ? Cet univers, historiquement viril, qui fascine les enfants du monde entier a-t-il vraiment évolué ?

« Miroir mon beau miroir, dis moi qui est la plus laide ? »


Quelle est l’histoire de la laideur féminine ?

« A la manière d’un cadeau empoisonné, il n’y a qu’un « beau sexe », mais il est limité dans le temps et, dans les représentations sociales, le prix est lourd à payer de ce modeste privilège » écrit le sociologue David Le Breton dans la préface du dernier ouvrage de Claudine Sagaert portant sur l’histoire de la laideur féminine. (1) En effet, si les femmes se sont vues attribuées l’apanage du monde de « paraître » et de la beauté pendant de nombreux siècles, elles ont également été désignées comme le visage principale de la laideur. La sociologue Claudine Sagaert décrypte ainsi dans son livre comment la notion même de laideur a joué un rôle dans la construction des concepts de féminité et de masculinité. Pour les hommes, la laideur concerne plutôt l’esprit, nous dit-elle, alors que pour les femmes, elle désigne directement le corps. Afin de comprendre cette histoire esthétique, Womenology se propose de revenir sur les principaux éléments de son argumentation.

Histoire de la laideur

Le 7ème art est-il toujours autant « a man’s world » ?


Bechdel test« Le cinéma se présente d’emblée comme un art de masse, appelé à s’adresser au plus grand nombre : un art pour tous, et où chacun peut trouver un bonheur d’évasion » écrit le philosophe Gilles Lipovetsky. Or, cette ambition de communication de masse, à notre époque mondialisée, n’est pas toujours en faveur de contenus exempts de stéréotypes, qu’ils soient raciaux ou de genre. Effectivement, la parité dans le monde cinématographique, à la fois derrière ou devant la caméra, est encore une douce utopie. Pour preuve, le Bechdel Test, initié par l’artiste Alison Bechdel en 1985 et dont l’objectif est de mesurer la représentativité des femmes à l’écran a encore de beaux jours devant lui. Womenology s’est penché sur cette question.

Vivre en prison : quel quotidien pour les femmes détenues ?


Prison Pour les Français, la prison est associée à un univers sombre et inquiétant. 66% d’entre eux estiment notamment que les conditions de détention sont mauvaises à l’heure d’aujourd’hui, relève une enquête réalisée par le Ministère de la Justice en 2009. Cette dernière montre également à quel point le monde carcéral reste méconnu pour la plupart des individus, qui ignorent par exemple les caractéristiques de la population des détenus et qui sous-estiment les droits accordés à celle-ci. (1) D’ailleurs, la situation des femmes en prison était-elle suffisamment médiatisée ? Pour information, en France, si les détenues représentent encore une minorité de la population carcérale (3,6%), leur nombre a doublé depuis les années 80. (2) Dans les faits, leur quotidien est-il différent de leurs homologues masculins ?