Archives par mot-clef : genre

Être danseuse à l’Opéra de Paris : une « profession vocation »


Danse classiqueCertaines professions artistiques ont été considérées par les sociologues comme fondées sur une rationalité économique ; à l’instar du métier de comédien où l’on peut atteindre à plus ou moins long terme le succès, le « jackpot ». Mais en ce qui concerne la danse classique, cette perspective est très limitée, voire inexistante. Selon le sociologue Pierre-Emmanuel Sorignet, il faudrait plutôt parler de « rémunération symbolique » pour désigner les motivations de ces athlètes du corps. (1) Analyse de ces mécaniques qui sous tendent cette profession dite « de vocation ».

Un corps objectivé pour mener à bien son ambition

« La danse est une vision du monde basée sur la hiérarchie, la discipline et l’ascétisme » écrit Pierre-Emmanuel Sorignet. (1) Depuis l’enfance, le contrôle du corps de la danseuse est omniprésent et particulièrement encadré dans des lieux d’apprentissages institutionnels : pesées mensuelles, évaluations des mensurations, la morphologie se doit d’évoluer selon les normes prescrites.

Le monde professionnel : un univers instable… Mais seulement pour les femmes ?


En France, les femmes s’avèrent sceptiques quant à la progression de l’égalité professionnelle ; pour 64% d’entre elles, celle-ci est actuellement en train de stagner. Seules 27% sont optimistes et pensent que l’égalité est en progrès contre 8% qui ont davantage le sentiment d’une régression. De leur côté, les hommes sont beaucoup plus optimistes puisqu’ils sont 53% à penser que l’égalité progresse ! (1) Alors comment expliquer que le moral des femmes soit si bas ? Que se passe-t-il dans leur entreprise pour qu’elles ressentent autant de barrières professionnelles ? Entre septembre et octobre 2015, Linkedin a mené deux vagues d’enquête en partenariat avec Opinion Way et aufeminin pour comprendre cette situation. Womenology dévoile ici les résultats clés de cette étude.

Enquête Linkedin - Femmes Entreprise

Au travail, « les femmes ont peur d’être perçues comme féministes »


Rencontre avec Sabine Fortino, Sociologue et Maître de conférences rattachée à l’Université Paris Ouest Nanterre. Auteure de l’ouvrage La mixité au travail, elle s’intéresse dans le cadre de ses recherches à la sociologie du travail et du genre, et plus particulièrement aux thématiques de la mixité, de la précarité, de la modernisation du monde professionnel et de la gestion des émotions, de sa santé au travail.

Mixité au travail

Travailler entre femmes


Quand la solidarité cède la place aux rivalités #Infographie

A la question « préférez-vous travailler avec des hommes ou avec des femmes ? », 42% des femmes répondent qu’elles apprécient davantage les environnements mixtes, et pour 27% peu importe, « c’est la personnalité qui compte ». En revanche, 22% des sondées choisiraient plutôt de travailler avec des hommes si elles le pouvaient, contre seulement 4% à qui il plairait davantage d’évoluer entre femmes. Comment expliquer cet écart signifiant ? Pour quelles raisons les femmes ne désirent pas travailler dans un espace professionnel féminin ? Womenology et aufeminin se sont intéressés à ce sujet des solidarités et rivalités féminines dans le monde de l’entreprise. Zoom sur les résultats clés de cette enquête menée auprès de 900 répondantes.

Travailler entre femmes

Le marketing féministe peut-il vraiment être sincère ?


Le marketing féministe n’en finit pas de s’imposer en publicité mais faut-il saluer les actions féministes des marques ? Ou dénoncer une récupération à des fins commerciales ? Voici la problématique qu’a souhaitée illustrer l’agence de publicité Jones St dans une vidéo parodique qui vient d’être publiée sur la toile. A grands renforts d’humour, l’ambition est de dénoncer les stratégies douteuses des publicitaires qui utilisent l’émancipation féminine pour faire vendre, notamment dans le secteur de la beauté, où les injonctions sociales qui pèsent sur les femmes sont, bien au contraire, très fortes.

La vie esthétique des femmes de plus de 60 ans : harmonie ou tyrannie ?


Selon l’anthropologue Pierre-Joseph Laurent, la « laideur équivaut à une fragilité que tous, beaux ou belles, nous expérimenterons, au moins, par la vieillesse. » (1) Oui – malgré l’évolution des représentations relatives aux seniors, de plus en plus positives – la chasse aux rides continue dans le monde contemporain de la beauté. Le caractère exponentiel du marché des crèmes anti-âge révèle une lutte encore acharnée contre le temps. Pourtant, dans les discours publicitaires, le champ lexical de la scientificité se trouve aujourd’hui accolé à un tout autre vocabulaire, relatif au bien-être et à la singularité. Que faut-il en déduire ? Cette évolution serait-elle liée à une mutation du regard que les femmes de plus de 60 ans porte sur leur corps ?

Femme Senior

Couple, amour, mariage : les jeunes générations sont plus prudentes ?


Rencontre avec Christophe Giraud, maître de conférences en sociologie à l’université Paris Descartes et rattaché au laboratoire CERLIS. Ses principaux thèmes de recherche portent sur la sociologie du couple et de la vie privée, la sociologie des rapports sociaux de sexe et la sociologie des entreprises familiales.

Conjugalité

Pouvez-vous nous parler de l’enquête que vous avez menée sur les jeunes et l’entrée en conjugalité ?

Dans le cadre de mon HDR (habilitation à diriger des recherches), j’ai travaillé sur les représentations que les jeunes se font d’une histoire intime (d’amour ou sexuelle) vécue entre 18 et 25 ans. Mes enquêteurs et moi-même avons donc interrogé des jeunes filles et garçons au début de leurs expériences puis nous les avons rencontrés à plusieurs reprises dans la durée de leur histoire.

Le mariage est devenu un « spectacle », une « vitrine du couple » 


Rencontre avec Florence Maillochon, sociologue, directrice de recherches au CNRS. Après des travaux sur la sexualité des adolescents et sur les violences, elle a été amenée à travailler sur les cérémonies de mariage en France.

Comment ont évolué les représentations associées au mariage ?

Ce que l’on peut observer depuis une vingtaine d’années, c’est une exacerbation totale de la cérémonie et des festivités du mariage. C’est une spécificité de notre époque. Il y a quarante ans, les individus récusaient le mariage et désiraient sortir de l’institution ; ceux qui n’y arrivaient pas choisissaient alors de faire un petit mariage très simple. A l’heure actuelle, il y a beaucoup moins de gens qui se marient mais, par contre, ceux qui se marient organisent des fêtes assez extraordinaires. Il est rare aujourd’hui de faire un mariage en petit comité et sans prêter une attention extrême aux décors, aux habits, etc.

Mariage

Le mariage et ses tribulations : qui dit « oui » ?


En 2014, environ 240 000 mariages ont été célébrés en France. Alors que les unions entre personnes de sexe différent baissent tendanciellement depuis l’an 2000, l’année dernière, les unions homosexuelles ont donné un second souffle à cette institution. Effectivement, malgré une évolution des mentalités à son sujet, le mariage séduit encore en masse, même s’il est souvent plus tardif. En 2013, 93 % des femmes nées en 1930 avaient déjà été mariées au moins une fois à leur 50e anniversaire. Parallèlement, c’était le cas de 82 % des femmes nées en 1960. Un chiffre qui reste tout à fait conséquent. (1) Mais alors, qu’en est-il pour les nouvelles générations, quelles significations les individus donnent-ils de nos jours au mariage ? Plus particulièrement, comment les femmes le conçoivent-elles ? Sont-elles plus souvent à l’origine de cet événement conjugal comme le sous-entendent certaines idées reçues sur le romantisme féminin ? Womenology a mené son enquête. (2)

Le mariage : qui dit oui

Contraception d’urgence : les femmes la connaissent-elles vraiment ?


ContraceptionDepuis les années 2000, le regard que les femmes portent sur les moyens de contraception a subi une notable évolution. A titre d’exemple, la pilule s’avère de moins en moins utilisée. Si au début du XXIème, elles étaient 55% des Françaises à l’avoir choisie, elles ne sont plus que 41% en 2013. Les polémiques portant sur les pilules de 3ème et 4ème générations sont notamment en cause quant à cette nouvelle défiance. Pour preuve, alors que 40% des pilules utilisées en 2010 étaient de 3ème ou 4ème générations, cette proportion est passée à 25% en 2013. (1) Les femmes développent ainsi une nouvelle réflexivité. D’ailleurs, en ce qui concerne la contraception d’urgence, où en sommes nous ? C’est la question que se sont posés Harris et HRA dans leur récente enquête publiée en septembre 2015. (2)