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Les femmes cadres supérieures, une cible de choix pour l’industrie de la mode


Ces femmes ont atteint le haut de la hiérarchie professionnelle, et ont donc acquis un poids considérable en termes de pouvoir d’achat. Concernant leur style vestimentaire, si le tailleur strict n’est plus une norme imposée, le vêtement doit continuer à créer une aura d’autorité et d’assurance pour ces femmes au sommet. Une équation complexe à laquelle s’attellent avec ardeur les enseignes vestimentaires, qui ont bien compris que les femmes CSP+ étaient une cible de choix…

Source : Les Echos.

En ce qui concerne la mode, pas facile de trouver le juste dosage entre fantaisie et conventions tacites dans le monde du travail ! Pourtant, les femmes de pouvoir sont de moins en moins nombreuses à se cacher derrière un uniforme standardisé – le classique tailleur-pantalon -, et veulent trouver leur propre style vestimentaire.

Les marques de mode ont très vite vu l’intérêt de cibler ces catégories, des femmes indépendantes financièrement, pour qui le vêtement doit être féminin et adapté à leurs goûts, mais également véhiculer un certain professionnalisme. Il faut donc allier style, aspect pratique et respect du statut socio-professionnel. Serge Cajfinger, créateur de Paule Ka, explique : « J’adapte mes vêtements à la réalité de leurs vies, ce qui ne m’empêche pas de les faire rêver pour les voir revenir en boutique… »

La stratégie vestimentaire des femmes au travail


Une étude sur la manière dont les femmes s’habillent pour aller travailler et des éventuels relations de séduction qu’elles cherchent ainsi à mettre en place a été réalisée via TestConso.fr en 2004 à la demande du magazine Maximal. Cette étude révèle que la grande majorité des femmes évitent les tenues provocantes dans un cadre professionnel.

Comme le montre le graphique ci-contre, 70% s’habille rarement (50%) ou jamais (20%) sexy. Les femmes interrogées se mettent en valeur de manière mesurée, afin d’éviter d’être perçues comme aguicheuses ; mais seules 27% des femmes se prononcent catégoriquement contre le fait de porter des tenues sexys au travail. Pour les autres, qui distinguent le sexy du vulgaire, mettre en valeur sa féminité traduit le fait d’être bien dans sa peau, et est même souvent un atout sur le plan professionnel. En effet, une tenue soignée et élégante est un gage de crédibilité et de compétence.

Cependant, les femmes ne s’habillent pas de manière sexy dans le but de faire des conquêtes sur leur lieu de travail. 91% des femmes déclarent n’avoir jamais utilisé leur pouvoir de séduction pour progresser sur l’échelle hiérarchique, et trouveraient cela dégradant et méprisable. Au contraire, il est très important à leurs yeux d’être estimées pour leurs qualités professionnelles, et non pour leur physique. C’est pour cette raison que certaines refusent les tenues sexy au travail, estimant qu’elles créeraient une image peu professionnelle.

Est-ce à dire que la séduction est totalement absente des rapports professionnels ? Non, bien sûr. La preuve : beaucoup n’hésitent pas à jouer discrètement de leur charme avec leurs clients (tenues plus soignées, sourires, remarques agréables… sans aller jusqu’à des comportements explicitement provocateurs) ; 24% ont déjà vécu une relation sexuelle avec un collaborateur et 10% avec un supérieur hiérarchique. Comme elles passent une grande partie de leur temps sur leur lieu de travail, les femmes trouvent naturelles de s’y habiller correctement – et redoublent bien sûr d’attention à leur allure vestimentaire lorsqu’un collègue leur plaît.

Et qu’en est-il des situations ou le rapport de séduction est subi, et non voulu, par les femmes ? Près des trois quarts des femmes ont déjà eu affaire à un comportement séducteur d’un de leurs supérieurs hiérarchiques, mais 90% d’entre elles n’y ont jamais cédé. S’il s’agit d’attitudes peu insistantes (regards insistants sur leur jupe ou leur décolleté, compliments sur leur physique ou leurs tenues…), comme c’est la plupart du temps le cas, elles ne sont pas perçues comme déplacées et peuvent même être flatteuses. Mais les femmes sont unanimes : les relations de séduction au travail, à la longue, finissent toujours par nuire à la vie professionnelle. C’est pourquoi elles n’hésitent pas à changer d’entreprise en cas de séduction trop poussée de la part d’un supérieur… ou si elles se mettent en couple avec un collègue.

 

En complément, quelques verbatims issus de l’enquête :

Certaines femmes considèrent une tenue soignée comme un atout professionnel et un signe de bien-être personnel.
-     Étant donné que je suis une femme qui occupe un poste de cadre, il faut que je sois féminine, bien habillée et que je paraisse professionnelle. Je veux paraître compétente, sérieuse, quelqu’un à qui l’on peut faire confiance
-     Les contacts avec les autres sont meilleurs lorsque l’on est bien habillé et que l’on attire le regard
-     Je peux jouer avec mes atouts féminins mais sûrement pas aller plus loin juste pour conquérir un client.
-     Mon état d’esprit est le même que lorsque je ne vais pas travailler. Selon mes humeurs, je m’habille sexy ou pas !!
-     J’aime me mettre en valeur, être à la mode, avec une pointe de classique. J’ai l’impression d’être belle, d’avoir ainsi plus de confiance en moi.
 
 
D’autres femmes refusent les tenues sexy pour éviter toute ambiguïté : elles séparent strictement leur vie professionnelle et leur vie privée.
-     Cela donne une image de soi terriblement sexiste qui rabaisse le statut de la femme au travail en ne la qualifiant que par des critères physiques.
-     C’est plus difficile d’être crédible en tenue sexy
-     Sur le plan de la séduction, je ne suis prête à aller nulle part car je tiens à être reconnue pour ce que je vaux et pas pour l’image que je donne.
-     Je ne suis pas là pour séduire, juste pour travailler efficacement.

Marine Baudin-Sarlet