Jusqu’au 24 juillet 2011 se tient au musée Bourdelle une rétrospective consacrée à une couturière hors pair : Madame Grès – Germaine Krebs de son vrai nom - est à l’honneur à travers 80 de ses plus belles créations, et l’exposition est à la hauteur des modèles présentés.
Dans les vêtements conçus par Madame Grès, tout respire la féminité : le tissu est coupé au minimum, l’utilisation du plissé (« pli Grès », d’inspiration antique) permet de sublimer les formes en créant du volume, les matières nobles, comme la soie et le taffetas, dessinent une ligne que leur créatrice voulait intemporelle. Fi des modes, Madame Grès invente des robes qui résistent au passage du temps, sublimes quelle que soit l’époque. Ce sont toujours des pièces simples en apparence mais extrêmement travaillées, qui transforment la femme qui les porte en déesse.
Le lieu de l’exposition, un atelier de sculpture absolument masculin, rigoureux et cubique, met encore plus en valeur la féminité des modèles. Les robes sont exposées au milieu des œuvres du sculpteur Antoine Bourdelle : le contraste est saisissant entre ces drapés élégants et les géants en plâtre, presque inquiétants, qui leur font face. Il permet de mieux admirer encore la délicatesse des modèles dessinés par Madame Grès, ce travail inégalable sur les plis, les décolletés, les couleurs et les finitions qui ont séduit les plus grandes, de Marlene Dietrich à Greta Garbo ou encore Jane Birkin.
Petite, Madame Grès se rêvait sculpteur, mais « c’est la même chose de travailler le tissu ou la pierre : je crée une ligne et une forme que le tissu voudrait lui-même avoir ». Grâce à la couture, elle peut exprimer son potentiel artistique, sa recherche de la perfection et son envie d’évasion. Une métaphore de sa propre vie, qu’elle passa à voyager tout autour du monde, sans jamais cesser de créer, en s’inspirant de ses expériences pour parfaire ses modèles, encore et toujours. Elle explique user trois paires de ciseaux pour chacune de ses collections (voir article du Monde ici), ne s’arrêtant de coudre que lorsqu’elle est entièrement satisfaite. “La perfection est l’un des buts que je recherche : pour qu’une robe puisse survivre d’une époque à la suivante, il faut qu’elle soit empreinte d’une extrême pureté. C’est là le grand secret de la survie d’une création.” Dès 1935, à 32 ans, elle ouvre sa propre maison de couture, sous le nom de Grès, et l’impose comme un modèle du minimalisme qui remporte le Dé d’or, prestigieuse récompense dans le monde de la couture, en 1976. Son modèle phare est la robe antique, drapée, souvent asymétrique – mais point de création en série chez madame Grès : chaque Å“uvre est unique…
Malheureusement, l’histoire se finira tragiquement pour cette femme (trop ?) en avance sur son temps : en 1987, suite à des difficultés pour payer son loyer, sa maison de couture est mise à sac et ses robes jetées à la benne. Madame Grès s’éteindra dans une maison de retraite en 1993, anonyme et misérable. Grâce au musée Bourdelle, hommage est enfin rendu à cette couturière de génie…

Informations pratiques
Musée Bourdelle
16 rue Antoine Bourdelle, 75015 Paris
Tél. : 01 49 54 73 73
www.bourdelle.paris.fr
Ouvert du mardi au dimanche de 10h à 18h sauf jours fériés.
Exposition « Madame Grès, la couture à l’œuvre »  Tarifs d’entrée
Plein tarif : 7 €
Tarif réduit : 5 €
Tarif jeune (14-26 ans) : 3,50 €
Gratuit moins de 14 ans Catalogue d’exposition à commander ici  Contact presse
Musée Galliera
Anne de Nesle
assistée de Caroline Chenu
Tél. : 01 56 52 86 08
Email : presse.galliera@paris.fr
Marine Baudin-Sarlet
Laisser un commentaire|
Tags : Exposition, vêtements
|



envoi en cours...
