Interview de Serge Ginger, psychothérapeute, spécialisé dans les neurosciences
Pouvez-vous vous présenter ?
Je suis Serge Ginger, psychologue et psychothérapeute, spécialisé dans les relations homme/femme. J’organise des thérapies de groupe, donne des cours dans une école de préparation à la Gestalt therapy ainsi qu’à l’Université libre de psychothérapie, la Sigmund Freud University. J’ai écrit plusieurs ouvrages sur différents sujets dont l’application des neurosciences à la psychologie quotidienne.
Parlez-nous des différences de perception entre hommes et femmes.
Les différences principales sont assez nombreuses contrairement à ce que dicte l’idéologie égalitaire. Il vient de paraître aux EU un ouvrage de 900 pages qui résume 22.000 études sur les différences homme/femme. Il y a des différences dans le cerveau, qui se fabriquent déjà in utero sous l’influence des hormones de la mère et du fœtus. Ces différences portent sur l’ensemble de nos cinq sens. La vue est différente : les hommes par exemple ont une vue plus affinée de loin, en téléobjectif ; les femmes ont une vue plus large, panoramique. L’ouïe est 2,4 fois plus fine chez les femmes que chez les hommes. Elle change juste six fois plus souvent que chez les hommes. Elles ont donc une ouïe plus affinée pour entendre leurs enfants. L’odorat va jusqu’à être 100 fois développé chez les femmes que chez les hommes à certaines périodes du cycle menstruel. Le toucher est également plus fin chez les femmes, qui sont plus sensibles aux caresses, au contact que les hommes. En fin de compte, il y a une différence dans l’ensemble des perceptions. Au niveau émotionnel, au niveau de la mémoire, les différences sont également nombreuses. Elles ont à la fois un support biologique, donc lié à la fabrication du cerveau, et à la fois un support social, éducatif, puisque les garçons et les filles ne sont pas éduqués pareil, ils n’ont pas tout à fait les mêmes fonctions. Cet ensemble de différences sont complémentaires. Sur le plan génétique, l’homme et le singe mâle ont un patrimoine génétique identique à 98% en chiffres arrondis, donc il y 2% de différences entre un homme et un chimpanzé mâle ; alors qu’entre un homme et une femme, il y a 5% de différences, ce qui fait deux fois plus de différences entre un homme et une femme qu’entre un homme et un chimpanzé mâle. Ces différences sont observables sur un plan statistique. Les différences individuelles sont importantes (certaines femmes sont grandes, certains hommes petits) mais globalement, statistiquement, les femmes sont plus petites que les hommes. On va donc parler de différences statistiques entre les hommes et les femmes.
Peut-on dire que les femmes perçoivent un produit de manière holistique, dans sa totalité ?
Oui bien sûr. Il y a là une différence sensible avec les hommes. Les femmes perçoivent les choses à l’aide des deux hémisphères de leur cerveau (hémisphère droit et hémisphère gauche) qui travaillent ensemble lors de la perception, c’est-à-dire qu’elles perçoivent autant l’aspect rationnel et verbal que l’aspect émotionnel des choses. L’homme fonctionne essentiellement avec le cerveau gauche au moment de la communication. La perception des femmes est donc plus globale. Le ton notamment, mais aussi le rythme de la parole et l’ensemble de l’image vont être perçus par les femmes quand les hommes perçoivent les messages d’une manière plus analytique, plus décomposée, plus rationnelle. Je dirais plus critique.
Cette différence de perception est biologique ?
Oui, l’explication en est essentiellement biologique puisque actuellement avec l’imagerie cérébrale (IRM), on peut observer le cerveau en fonctionnement, voir ses zones s’allumer. Il apparaît alors clairement qu’une femme lorsqu’elle communique, verbalement ou visuellement, utilise l’ensemble de son cerveau alors que celui de l’homme est plus latéralisé. En conséquence, l’homme se spécialisera davantage que la femme qui restera plus généraliste. Mais la femme pourra à ce titre effectuer plusieurs actions à la fois alors que l’homme se concentrera sur une seule.
Le bouche à oreilles est-il un phénomène plus féminin que masculin ?
Le bouche à oreilles est plus développé chez les femmes que chez les hommes pour plusieurs raisons. Les femmes, statistiquement, écoutent davantage, elles entendent mieux et elles sont plus éveillées à la parole. Par exemple, les femmes téléphonent en moyenne 20 minutes par appel alors que les hommes téléphonent en moyenne 6 minutes par appel. Autrement dit, les femmes restent en moyenne 3 fois plus longtemps en communication avec leur partenaire que les hommes. Donc le bouche à oreilles est plus développé chez les femmes car l’audition est leur sens privilégié, alors que le sens privilégié de l’homme est la vision. La verbalisation est par conséquent plus développée chez les femmes. D’autre part, la vision du visage est plus développée chez les femmes. Les femmes de manière biologique, dès le développement in utero, sont préparées à repérer le visage de leur interlocuteur. Dès la naissance, on note qu’une petite fille regarde l’environnement, notamment le visage de sa maman, beaucoup plus longtemps qu’un petit garçon. Donc le fait de parler en face-à-face mobilise la femme plus que l’homme.
Les femmes choisissent-elles par comparaison, entre deux publicités par exemple ?
Je n’en suis pas convaincu. Je pense que c’est plutôt l’inverse. L’homme a tendance à analyser de manière rationnelle et à comparer les choses, à les critiquer. La femme, au contraire, est plus sensible aux messages à caractère émotionnel. Les objets en mouvement, pris dans un univers holistique, séduisent davantage les femmes. Le message doit donc être émotionnel, à la fois visuel (pris dans un paysage, dans un environnement), et auditif, plutôt que rationnel. En donnant des arguments rationnels en faveur d’un produit, on se destine à toucher un public plutôt masculin.
Le côté informatif du message est-il plus adapté pour les hommes ?
Le côté informatif d’un message détaillé sur le plan technique, chiffré, rationnel des avantages ou inconvénients de tel ou tel produit est effectivement plus indiqué pour un homme que pour une femme. Une femme doit être séduite par un produit dont il faut dire simplement et montrer les avantages pour lui plaire. Il n’est pas nécessaire de le démontrer d’une manière rationnelle, ce n’est pas ce qui va mobiliser la femme. Au contraire, les femmes doivent éprouver un attrait global, qui ne relève pas de la comparaison rationnelle.
Qu’est-ce qui motive une femme à acheter un produit ?
Ce qui va attirer l’attention de la femme, ce sera la présentation globale plutôt que le détail analytique des explications. Sur le plan visuel, ce sera la présentation physique globale, par exemple le flacon d’un parfum, un vêtement bien porté par un mannequin dont l’attitude plaît. Sur le plan auditif, le choix d’une voix grave, masculine, est plus appropriée pour séduire la femme qu’une voix aiguë, féminine. La voix grave va engendrer une vibration interne à laquelle les femmes sont sensibles. Il faut également choisir le ton de la personne qui parle car les femmes sont sensibles au ton. Là encore les tons graves passent mieux que les tons aigus. La musique peut éventuellement intervenir en fond.
C’est l’ambiance qui séduit les femmes ?
Tout à fait. Le registre émotionnel et l’ambiance. La femme est plus sensible en général à l’atmosphère sensible globale. Cela ne veut pas dire que l’homme ne soit pas émotif. Il est sensible également à la peur, à la colère, à toutes sortes d’émotions, mais il ne les exprime pas verbalement, il les garde à l’intérieur de lui-même. Il faut dénoncer l’idée répandue que la femme est plus émotive que l’homme. En réalité, elle ne l’est pas davantage mais elle exprime davantage ses émotions.
Que pensez-vous des représentations publicitaires de la femme ?
Cela dépend de l’âge de la femme visée. Lorsqu’on parle de la femme, on se situe sur un plan statistique mais les données varient selon le milieu culturel, l’âge : une jeune femme ou une adolescente n’aura pas les mêmes goûts qu’une femme d’âge mûr, notamment ménopausée, car les perceptions se modifient au cours de la vie. L’équilibre hormonal également. La femme n’a pas tout à fait les mêmes intérêts ni les mêmes perceptions au cours de sa vie. Il est donc difficile de répondre à cette question.
La femme est-elle plus influençable par la dictature de l’image publicitaire ?
Une fois de plus, je dirais oui, car elle l’est plus par l’image dans son ensemble. Je rappelle que la vision de la femme est plus panoramique. Elle voit un ensemble, donc un produit dans son environnement, dans son paysage. Donc faire un gros plan sur le produit lui-même ne suffit pas. Il vaut mieux montrer le produit dans son usage, dans son environnement pour que la femme ait une idée de l’ambiance, qu’elle la ressente déjà. C’est plus facile si l’image est accompagnée de son, de musique.
Que pensez-vous de l’adaptation de la femme dans la société actuelle compte tenu de ces différences biologiques ?
Les différences entre les hommes et les femmes sont à la fois de nature biologiques – donc liées notamment aux hormones et à la fabrication du cerveau in utero - et à la fois sociologiques. Mais l’éducation sociale ne peut pas seule expliquer les différences entre les hommes et les femmes. Dès la naissance, la fabrication du cerveau diffère en fonction du sexe en raison de processus hormonaux : ces différences vont ensuite perdurer tout le vie. Le choix des jeux et des jouets va être différent : les petites filles, dès la naissance, sont attirées par les poupées. Cela se retrouve également chez les animaux : les femelles sont attirées par les poupées ou les peluches, alors que les mâles sont attirés par le mouvement des petits trains et des voitures, et cela alors qu’ils n’ont eu aucune éducation. Donc ce n’est pas parce qu’on a distribué des jouets spécifiques aux enfants que ceux-ci ont plus d’attirance pour tel ou tel type de jouets. Une bonne partie de notre personnalité, de l’ordre d’1/3 au moins, se fabrique in utero, pendant la grossesse. Dans les métiers on assiste effectivement depuis quelques années à une extension des activités de la femme qui embrassent de plus en plus souvent des métiers jusque là réservés aux hommes. Il y a par exemple aujourd’hui une majorité de femmes médecins, ce qui n’était pas le cas il y a vingt ans. C’est le cas également dans la magistrature, dans l’enseignement et dans d’autres métiers. J’expliquerais cela par le fait que la femme est prédisposée à tous les métiers relationnels, dans lesquels il faut parler, écouter et partager, alors que l’homme est prédisposé à des métiers plus intellectuels, plus abstraits, dans lesquels il y a une concurrence, une compétition. Ceci est lié à la production inégale de testostérone et d’oestrogènes. La production de testostérone chez l’homme encourage le côté compétitif, alors qu’on observe des femmes pus enclines à la collaboration. On retrouve ce clivage dans la répartition des métiers. Les hommes et les garçons sont biologiquement prédisposés à tout ce qui implique une perception en 3 dimensions, dans l’espace, ainsi qu’à l’appréhension du mouvement. Les filles en revanche sont biologiquement prédisposées à l’échange verbal.
Y a-t-il une adaptation des sens et du cerveau féminin au milieu social ?
L’évolution sociale est liée majoritairement aux pressions sociales, à l’atmosphère sociale. Le cerveau ne se modifie pas de manière très importante sur une génération. L’évolution est lente, elle demande une cinquantaine de générations, c’est-à-dire 1000 ans. En revanche, l’évolution sociale, des mœurs est beaucoup plus rapide. En quelques années, la place des femmes, la répartition des rôles professionnels dans nos sociétés occidentales a changé. Mais cela ne relève pas d’une modification du cerveau. On a autorisé la femme à être plus en accord avec ses tendances spontanées. Autrement dit, elle est amenée à accepter ses préférences cérébrales. De même sur un autre plan, sur le plan sexuel, l’homosexualité est mieux tolérée dans les pays occidentaux. Il n’y a pas davantage d’homosexuels aujourd’hui qu’avant, mais ils sont plus à l’aise pour en parler. Donc l’évolution sociale n’a pas changé le cerveau lui-même, elle a changé la mise en pratique sociale des tendances.
Y a-t-il des préférences sexuées, dès la petite enfance, dans le choix des jeux?
Le choix des jeux et des jouets des garçons et des filles est lui aussi conditionné par la biologie. Il l’est aussi par l’éducation, dans la mesure où ce qu’on offre aux enfants influe sur leurs préférences. Mais dès la naissance, il existe des différences : les garçons sont attirés par tout ce qui bouge, le mouvement (les petits trains, les voitures) ; alors que les petites filles sont attirées par ce qui implique du contact (les poupées, ce qui est souple, etc.). De même lorsqu’on pose un ballon par terre, un petit garçon shoote dedans, alors qu’une petite fille va ramasser le ballon et le serrer contre son cœur. Ceci n’est pas généré par l’éducation, on ne l’a pas appris. Mais spontanément, pour des raisons hormonales, une petite fille va être amenée à serrer un objet qui est par terre contre son cœur. Toutes ces différences se préparent in utero. On a pu filmer le comportement in utero grâce à des techniques sophistiquées, en plaçant des caméras et des micros à l’intérieur de l’utérus pendant la grossesse. On s’est aperçu qu’à partir du 5e mois de grossesse, on voit des différences entre le comportement des filles et des garçons. Celles-ci ne sont donc pas liées à l’éducation, bien que l’éducation va les renforcer.
Dans un de vos articles, vous avez écrit que 10% des femmes avaient un cerveau masculin. Pouvez-vous l’expliquer ?
Sur un plan statistique, il y a des femmes qui ont un cerveau de type masculin. Elles représentent à peu près 10% de la population féminine. On va les trouver comme dans des métiers comme chefs d’entreprise, politiques. Ce sont des femmes qui ont un comportement plutôt agressif de type masculin. Chez les hommes, il en existe aussi à peu près 20% qui ont un cerveau de type féminin, c’est-à-dire avec une perception globale des choses – j’en fais partie d’ailleurs ! – une vision plus sensible et globale. On les trouve beaucoup dans les métiers comme psychothérapeutes, qui nécessitent de s’occuper des gens. Cela montre que mes propos sont nuançables, il existe des exceptions.
Souhaitez-vous ajouter ou clarifier quelque chose ?
Il y a une première chose d’ordre plus générale que j’ai envie d’ajouter, c’est que la France se distingue dans le monde entier par ses réserves sur le plan biologique. La plupart des études auxquelles je fais références sont américaines, mais aussi japonaises, russes, allemandes. La plupart des pays s’intéresse beaucoup à l’évolution des neurosciences et du cerveau, même in utero. En France, on est beaucoup plus porté par des raisons idéologiques, liées à l’histoire française de la révolution, l’égalité des hommes et des femmes, et certains y compris des scientifiques sont obnubilés par des positions idéologiques égalitaires, qui sont sympathiques mais ne correspondent pas aux expériences scientifiques. Donc, si l’on veut s’interroger davantage sur l’attitude spécifique des hommes et des femmes, on est obligé de consulter la littérature anglo-saxonne. Un ouvrage intéressant vient par exemple de paraître, écrit par un scientifique franco-belge, sur la biologie de l’homosexualité. Il démontre, en s’appuyant sur plusieurs milliers d’études, que la tendance à l’homosexualité est biologique. Elle se construit in utero, au cours des dernières semaines de la grossesse et au moment de la naissance, pour des raisons hormonales, et que cela ne changera pas pendant toute la durée de la vie. Autrement dit, il n’y a aucune corrélation entre l’homosexualité masculine et l’éducation : l’absence du père, une mère envahissante ou castratrice, des enfants élevés par un couple homosexuel, etc. Cela n’a aucun impact sur les tendances homosexuelles qui sont préparées avant la naissance.
… donc les études scientifiques viennent balayer définitivement les théories psychanalytiques ?
La science peut évoluer mais actuellement il est clair que les pays qui persécutent les homosexuels se comportent injustement. L’homosexualité n’est pas responsable de sa condition. C’est la mère principalement, ainsi que le père, en influant sur l’humeur et donc la production d’hormones de la mère pendant la grossesse, qui en sont à l’origine. La période de développement de l’individu in utero est donc très importante. On distingue l’héritage génétique (responsable d’1/3 de notre caractère), la fabrication in utero (1/3 également) et l’éducation (1/3). Notre caractère est donc composé de 3 tiers qui expliquent nos traits de personnalité. L’éducation n’est pas prioritaire comme on voudrait le croire en France.
Finalement, tout est de la faute de la mère ?!
Il ne faut pas dire la « faute ». On peut prendre l’exemple de la dyslexie qui est beaucoup plus répandue chez les garçons que chez les filles. L’autisme est 3 fois plus fréquent chez les garçons que chez les filles. En revanche, la dépression est plus fréquente chez les filles. Donc toutes sortes de prédispositions sont liées au patrimoine génétique et à la fabrication du cerveau in utero. Ce n’est pas la faute de la mère, c’est lié à la mère, à sa production hormonale, au placenta, lequel placenta est en partie lié au fœtus lui-même. Chaque fœtus a son propre placenta. Donc le placenta n’est pas entièrement lié à la mère, il est aussi lié en partie au fœtus. Et d’autre part, l’humeur de la mère est liée à l’environnement. Par exemple si le père est absent, agressif ou que sais-je, cela la rend anxieuse, elle va produire davantage d’hormones de stress, et les hormones de stress par vont favoriser l’homosexualité du fœtus. Pendant la guerre, il naît 2 fois plus d’homosexuels que pendant les périodes habituelles, du fait du stress de la mère qui fait qu’elle produit davantage de testostérone. Ceci est valable pour d’autres attitudes.
Pourquoi la littérature anglo-saxonne est-elle plus productive sur ces sujets que la littérature française ?
On y trouve davantage de recherches scientifiques (plusieurs dizaines de milliers) parce que les anglo-saxons sont pragmatiques. Ils cherchent des faits. Ils ont aussi des subventions financières dans les universités qui leurs permettent ces recherches. C’est toute une tradition qui est différente. Les Français ont une tradition plus philosophique, plus égalitaire, qui se rattache sans doute à la révolution, et donc il y a davantage de positions idéologiques en France qu’aux Etats-Unis. C’est valable dans tous les domaines : la climatologie, la physique, etc. Enfin, pour ce qui nous intéresse ici, l’égalité des hommes et des femmes qui est revendiquée pour des raisons idéologiques en France est soumise à des contrôles scientifiques aux Etats-Unis. Donc il y a une littérature beaucoup plus importante : 22.000 études scientifiques consacrées aux différences homme/femme.
Pourtant les mouvements féministes sont assez importants aux EU ?
Oui, comme les mouvement gays. Ce sont des mouvements par lesquels les minorités réclament leur indépendance. Mais aux Etats-Unis, ils ont précédé la France d’une trentaine d’années. Donc il y a une avance américaine. Ces mouvements féministes s’appuient également sur un désir de liberté, d’action et d’expression, mais ils sont soumis à des contrôles statistiques et à des études universitaires. Il y a certainement des raisons sociologiques et religieuses qui s’ajoutent à cela. La France, comme les pays d’Europe occidentale, est majoritairement catholique, alors que les pays anglo-saxons sont majoritairement protestants. Or chez les catholiques, il y a une influence vaticane traditionaliste qui va à l’encontre de certaines recherches.
En France, ce sont des sujets tabous ?
Oui, tout à fait. On le voit dans le débat sur les lois éthiques au Parlement. Les lois éthiques françaises sont en retard, par rapport à ses voisins des Pays-Bas ou des pays nordiques qui sont en majorité protestants, plus libéraux. Je pense au mariage des homosexuels, au don d’ovules, etc. En France, en Italie, en Espagne, et dans les pays de tradition catholique, il y a un frein. C’est peut-être aussi une prudence, je ne sais pas. Les recherches sont moins rapides. Les recherches sur l’embryon sont interdites en Frances, alors qu’elles le sont depuis longtemps dans les pays anglo-saxons. Je n’ai pas évoqué les différences sur la mémoire. La mémoire des femmes est différente de la mémoire des hommes. Les femmes ont plus de souvenirs, une mémoire émotionnelle beaucoup plus claire. Si l’on interroge un couple sur son mariage, l’homme ne se rappelle pas toujours de la date ni des évènements alors que la femme peut raconter en détail non seulement la date mais tout ce qui s’est passé le jour du mariage (les vêtements, les personnes présentes, etc). C’est identique avec les amis, elles se rappellent le prénom des enfants, la date de leur dernière visite. Toute cette mémoire émotionnelle, relationnelle est beaucoup plus développée chez les femmes que chez les hommes.
Les différences de mémoire s’expliquent-elles par des différences biologiques ?
A la fois par des différences biologiques, donc liées à l’équilibre des neurotransmetteurs et des hormones, et à la fois par l’éducation sociale qui les renforce. Les femmes sont plus souvent en relation avec les collègues que leurs hommes, elles ont une fluidité verbale plus importante. Elles s’intéressent à l’autre, alors que l’homme suit son idée, son objectif. Il y a une différence intéressante aussi sur le plan des couleurs. La perception des couleurs est beaucoup plus développée chez les femmes. Cette différence est inscrite sur le chromosome X et la femme en a 2. Elle perçoit mieux la nuance des couleurs. Un homme ne saura pas distinguer le carmin du vermillon, etc. Dans la plupart des cas, il ne sait même pas de quoi il s’agit. Pour lui, c’est du rouge. La femme, en revanche, va connaître dans les nuances de bleu, les nuances de rouge. C’est intéressant pour la publicité. La perception et la nomination des couleurs sont beaucoup plus développées chez les femmes que chez les hommes. La différence statistique est spectaculaire.
La différence de perception des couleurs est-elle chromosomique ?
Oui, cette différence de perception des couleurs s’explique par la biologie. La perception visuelle est plus nette chez les femmes que chez les hommes. Ceux-ci perçoivent des couleurs de manière globale (rouge, bleu, vert). Ils n’entre pas dans les détails et cela reste très abstrait pour eux. Je serais par exemple incapable de vous dire ce qu’est un bleu topaze, c’est un bleu translucide, c’est ça ?
Oui très clair, translucide…
Et bien voilà, pour moi c’est abstrait, et pourtant je m’intéresse à ces questions ! Donc les nuances de l’arc-en-ciel sont également plus développées chez les femmes.
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Tags : Ginger, psychologie, science, Société
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