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Les femmes et leur physique, une relation plus apaisée que l’on pourrait croire


D’après une étude Ipsos menée en mars 2011 pour Psychologies Magazine, les femmes sont 64% à se déclarer « belles ou plutôt belles », et leurs complexes ont tendance à disparaître avec l’âge, comme si elles apprenaient à s’accepter telles qu’elles sont. Les Françaises et leur corps, une grande histoire d’amour ?

Contrairement à ce que l’on pourrait croire, ce n’est ni la minceur, ni la jeunesse qui sont indispensables pour se sentir belle, mais le bonheur (voir graphique ci-dessous). Certes, on observe des différences selon les âges : ainsi, 8% des plus de 60 ans citent la jeunesse (contre 1% des 15-19 ans), mais seulement 4% « savoir mettre en valeur son corps » (contre 15% des 15-19 ans).

Si 64% des femmes se trouvent « belles ou plutôt belles », elles sont tout de même 50% à être complexées par une partie de leur corps. Mais là encore, l’âge est un facteur déterminant dans la manière dont elles perçoivent leur physique : si 71% des 20-24 ans se disent complexées, elles ne sont plus que 48% entre 35 et 44 ans, et 38% après 60 ans ! Les femmes, en vieillissant, apprennent donc à relativiser leurs défauts et à se sentir bien dans leur corps.

L’essayage, un tête-à-tête entre une femme et un vêtement


Pour les hommes, une cabine d’essayage est un lieu quasi-inutile : la plupart du temps, ils connaissent leurs tailles dans leurs boutiques favorites et achètent sans même essayer. Impensable pour les femmes, qui essayent, en moyenne, 11 jeans avant d’en trouver un qui convient à leur morphologie (étude Levi’s)… Pour une femme, la cabine d’essayage est donc un endroit qui donne lieu à un rituel bien précis, avec un dénouement plus ou moins valorisant.

Entrer dans la cabine, suspendre ses (peut-être) futurs achats sur le portant, fermer soigneusement le rideau, et commencer l’essayage. Puis être au désespoir si les courbes s’échappent du vêtement convoité, ou ravie s’il épouse parfaitement les formes. Toutes les femmes ont connu ce rituel, passage incontournable lorsqu’elles font du shopping… Et pourtant, il y a différents types d’essayages, qui n’ont pas la même signification pour les femmes :

La femme de soixante ans et le regard qu’elle porte sur son corps


Dans « Sans amour » (éditions Denoël, 2011), le romancier et essayiste Pierre Pachet se met à la place d’une sexagénaire et analyse sa solitude, son renoncement à la séduction après les transformations qui ont flétri son corps. Une vision trop pessimiste de la soixantaine ?

« Les dames âgées ne sont pas nées telles quelles » : c’est ainsi que s’ouvre le livre de Pierre Pachet. Durant les 146 pages de son récit, il insiste sur la tristesse de cette chute inexorable hors de la belle jeunesse, sur la tristesse de ces femmes de 60 ans trahies par leur corps, parfois par la mort qui leur vole déjà des êtres chers et les condamne à la solitude. « La femme de soixante ans », formule qui revient tout au long du livre, est un parallèle avec la femme de trente ans – limite érotique à l’époque de Balzac, lorsque l’espérance de vie était de 40 ans tout au plus. L’âge de péremption a donc reculé de 30 ans, mais n’en reste pas moins terrible.

La calvitie : ce qu’en pensent les hommes… et les femmes


En 2003, l’institut d’études marketing QualiQuanti a mené une enquête sur la calvitie pour la presse masculine. 49% des hommes trouvent qu’il s’agit d’un problème assez ou très embêtant, et… les femmes sont également de cet avis !

Pour les hommes, la calvitie est un phénomène naturel qu’il est parfois difficile à accepter en tant que désagrément physique, car il est perçu comme la perte d’un symbole extérieur de vigueur et de virilité, mais qui peut aussi accentuer le charme de la personne. Deux types d’images sont associés au fait de perdre ses cheveux : en positif, la calvitie est signe de maturité ; en négatif, de maladie ou de mauvaise hygiène de vie, et de vieillissement prématuré.

Le corps des femmes vu par les hommes, et vice-versa


L’institut d’études marketing QualiQuanti a mené en 2002 pour la presse masculine deux études parallèles : “Le corps des femmes vu par les hommes” et “Le corps des hommes vu par les femmes”.

Lorsqu’on leur demande de raconter un souvenir marquant de corps du sexe opposé, les hommes se focalisent sur des détails physiques : ils parlent du corps parfait d’une inconnue ou d’un mannequin, du potentiel érotique d’une partie précise du corps de la femme (seins, fesses, jambes, cambrure des reins). Ils ne citent que dans une moindre mesure la beauté du corps de l’être aimé, ou la première fois qu’ils virent une femme nue.

Miroir, dis-moi qui est la plus jeune…


« Maman, tu peux me prêter ta crème anti-rides ? » titrait Le Monde le 23 février dernier avec un article de Pascale Santi annonçant que le géant américain Wal-Mart s’apprêtait à lancer, fin février, une gamme de 69 produits destinés aux filles de 8 à 12 ans. C’est aujourd’hui chose faite. Au cœur de la polémique, analysons ce qui se cache derrière ce qui est devenu un véritable phénomène de société.

Ces produits estampillés GeoGirl, tous naturels et dotés de vertus anti-oxydantes, sont conçus pour séduire autant les mamans que les jeunes filles en phase anticipée de préadolescence. Trois tendances se dégagent de cette opération transversale : le souci, de plus en plus précoce, de la construction identitaire, le mythe de l’éternelle jeunesse comme nouveau paradigme de beauté et l’importance accrue de l’apparence dans cette définition de soi.