Quelle place pour les footballeuses en France ?


En France, environ 4% des licenciés des clubs de football sont des femmes, un chiffre qui témoigne de la force des représentations sociales associées à ce sport. Comment les femmes et jeunes filles vivent-elles d’être footballeuses dans un milieu d’hommes. Pour le savoir, rencontre avec Marie-Stéphanie Abouna, sociologue dont la thèse portait sur « la construction des identités féminines dans l’espace du football »

Quelles ont été les grandes étapes de l’histoire des femmes et du football ?

Au regard de son histoire, le football a d’abord été investi par les hommes. Cependant, la pratique féminine n’est pas aussi récente que laisse penser la curiosité qu’elle suscite encore au quotidien. Des études historiques révèlent l’intérêt des femmes pour le football dès le début du 20e siècle avec une apparition des premières équipes féminines en 1916 en France.

« Il y a un manque cruel de couverture médiatique des femmes dans le monde du sport »


Mélissa Plaza

Rencontre avec Melissa Plaza, joueuse de football internationale à l’Olympique Lyonnais, elle est également en 2e année de thèse en psychologie sociale et travaille sur les stéréotypes sexués dans le sport.

Qu’est-ce qui vous a donné envie de travailler sur ce sujet dans le cadre de votre thèse ?

Ça a été avant tout une rencontre avec celle qui est devenue par la suite ma directrice de thèse. Elle travaillait sur l’axe « engagement sportif et performance » du laboratoire auquel je suis actuellement rattachée et m’a proposé de travailler sur les stéréotypes sexués dans le sport. L’idée m’a tout de suite enchantée puisque très en lien avec ma pratique sportive quotidienne et puis bien sûr parce que j’avais envie de découvrir de manière plus intellectuelle les mécanismes sous-jacents de ce phénomène de société.

Qu’est-ce que votre propre expérience vous a-t-elle enseigné sur les stéréotypes sexués dans le sport ?

Eh bien, je dois dire que d’un point de vue personnel, ils ont été plutôt bénéfiques pour ma carrière puisque j’ai toujours voulu lutter contre toutes ces croyances et j’ai donc redoublé d’efforts pour arriver là où j’en suis aujourd’hui. Mais je ne vais certainement pas faire l’apologie des clichés puisqu’ils ont en général un effet très délétère sur la performance sportive des individus et pire encore sur leur engagement sportif.

Peut-on vraiment segmenter le public féminin ?


Le Code des catégories socioprofessionnelles (CSP) a été créé en 1951 par Jean Porte, un agent de l’INSEE. Pendant près de 30 ans, cette nomenclature a constitué la principale grille de lecture du monde social pour les statisticiens, les acteurs publics mais également pour les entreprises privées. « Le succès de cette nomenclature tient en partie au fait qu’elle a pu formaliser des représentations sociales déjà fortement ancrées dans la société. De plus, elle présente l’intérêt d’être exhaustive, dans le sens où chaque individu – actif ou inactif – peut être identifié à la catégorie qui lui correspond » écrivent Emmanuel Pierru et Alexis Spire, chargés de recherche au CNRS. (1)

Qu’en est-il aujourd’hui ? Quels sont les outils de segmentation du public féminin pour les marques qui souhaitent conquérir les femmes ?

“Le féminisme c’est de l’humanisme !”



Rencontre avec Blandine Métayer, une comédienne engagée “au top”.

Parlez nous de votre parcours. Comment vous est venue cette envie de créer des spectacles engagés sur la vie des femmes : célibat, le plafond de verre ?


J’ai eu beaucoup de chance ! J’ai été élevée par des parents « égalitaires » ! Et humanistes donc féministes ! Car le féminisme c’est de l’humanisme ! Se battre pour que tous les êtres humains qui peuplent cette planète soient égaux en droits… Alors un père qui poussait le landau au début des années 60 ça n’était pas courant !… J’ai toujours vu mes parents partager les tâches ménagères et participer à parts égales à l’éducation de leurs enfants… Et c’est mon grand-père paternel qui m’a appris à cuisiner et la pâtisserie !… Bref avec une enfance pareille je n’étais guère préparée au machisme et au sexisme auquel j’ai été confrontée ou que j’ai pu observer ensuite dans la vie adulte et notamment contrairement à ce que l’on pourrait croire dans le domaine de la Culture… Le sexisme comme le racisme me sont totalement étrangers et je ne les comprends pas… Je suis comédienne et auteure depuis l’âge de 17 ans… J’ai une carrière éclectique : Théâtre subventionné puis beaucoup de télés (Théâtre de Bouvard, La Classe, Série Maguy, Tribunal, etc) pour revenir ensuite plus au théâtre en passant même en 2004 par la comédie musicale (Belles, Belles, Belles à l’Olympia). J’ai donc noté, emmagasiné beaucoup de choses au fil des années et au début des années 2000, la quarantaine arrivant, j’ai eu envie de porter tout ça sur scène avec ma première pièce à un personnage : « Célibattante ! »… Dans toute carrière je pense qu’il arrive un moment où l’on passe de la reconnaissance (ou de l’envie de celle-ci) à la transmission…

Lorsque qu’on dit du mal du féminisme, c’est parce qu’il “réussit”


Geneviève Fraisse

Interview de la philosophe et directrice de recherche au CNRS, Geneviève Fraisse.

Que pensez-vous des représentations ambivalentes pesant sur le terme « féminisme » (entre mauvaise réputation et opportunisme marketing) ?

Il arrive qu’on dise que le féminisme est à la mode, ce qui doit être compris comme une disqualification d’une dynamique positive d’émancipation et de libération des femmes. Lorsque qu’on dit du mal du féminisme, en dénonçant, par exemple, l’effet réducteur ou castrateur des mouvements d’égalité des sexes, c’est aussi parce que le féminisme “réussit”. Dans les deux cas,le mot lui-même est maudit, porteur du négatif et du néfaste. Trop superficiel ou trop dangereux, le féminisme ne suscite pas l’”ambivalence” mais le refus, sous une forme ou sous une autre. Il est facile de comprendre pourquoi: il s’agit, en effet, de rechercher plus d’égalité entre les sexes, plus de liberté pour les femmes.

Fêtes des mères et des pères : les mamans favorisées !


Par Cécile Dourthe – Marketing Manager, Toluna

Cette année 2014 encore, le choix des cadeaux pour les fêtes des mères et des pères restent largement traditionnels – des fleurs, parfums et chocolats pour les mamans, des alcools, des produits culturels et des vêtements pour les papas. Les mères prennent cependant l’avantage et devraient recevoir d’avantage de témoignages d’affection.

En effet, si la valeur des cadeaux reste équivalente (52 euros en moyenne), le sondage exclusif réalisé par Toluna pour le magazine LSA révèle que 78,9% des Français offriront un cadeau à leur mère contre 69,9% à leur père.

La guerre des fesses aura bien lieu


Fin 2013, le sociologue Jean-Claude Kaufmann, spécialiste de la vie quotidienne et auteur de la Sociologie des seins nus (1995), s’attaque une nouvelle fois aux représentations du corps féminin. Cette fois-ci, fin 2013, c’est à une partie corporelle « maudite », « tyrannisée », « complexée », « idéalisée » qu’il dédie sa réflexion : les fesses. Cristallisant les ambivalences féminines quant à leurs physiques, les rondeurs fessières sont au cœur d’un débat houleux : les faut-il minces et plates ou plutôt bombées et rondes ? A travers cette question d’apparence simpliste, le sociologue propose une théorie sur l’idéal de la beauté à l’ère de la globalisation.

Les fesses sont mal aimées

Depuis le 16ème siècle, la beauté est pensée comme le propre du visage et du regard, qui sont les parties nobles du corps. A cette époque, le « derrière », au contraire, est méprisé par tous. « Les fesses sont la « partie honteuse » de la personne » écrit J-C Kaufmann.

Les stéréotypes voient la vie en rose


Brigitte Grésy

Sujet au cœur de l’actualité depuis quelques mois, les stéréotypes de genre sont devenus les vedettes des médias. Il y a ceux qui les combattent, ceux qui les défendent, ceux qui les analysent. Brigitte Grésy, membre du Haut conseil à l’égalité entre les femmes et les hommes et auteure en 2009 du Petit traité contre le sexisme ordinaire publie début 2014 un nouvel ouvrage pour faire le point sur cette thématique. Sous la forme d’une enquête, nourrie d’anecdotes et d’exemples, cette agrégée de lettres et énarque s’emploie à décrypter, chez les enfants et les adultes, les contradictions et ambivalences, liées à l’évolution des rapports hommes/femmes. Comment la différence entre les sexes et les stéréotypes de genre coexistent-ils à notre époque ? Brigitte Grésy répond à nos questions.

Comment expliquer que certains stéréotypes persistent alors que d’autres disparaissent ?

Les stéréotypes de sexe se reconfigurent sans cesse autour de deux grandes catégories du féminin et du masculin, mais ils se restructurent sans cesse. Par exemple, le stéréotype « les femmes sont mauvaises conductrices au volant » qui était très fort il y a encore trente ans, diminue

#infographie : 7 idées reçues sur les femmes et la pornographie


Alors que la sexualité féminine est encore un sujet tabou pour certains, Womenology, le laboratoire marketing du groupe aufeminin.com a mené une enquête exclusive auprès de 2302 répondants sur la pornographie et les femmes. Zoom sur les résultats via une infographie mettant en cause les clichés.

Marion Braizaz
Twitter : @womenology - G+ : - G+ :

Oui, les femmes regardent aussi des films X


Si, dans les années 1970, les films pornographiques étaient librement diffusés dans les salles obscures, dès la loi Giscard de 1975, le regard commence à changer sur les productions érotiques. Vers 1990, on assiste même à la quasi totale disparition des salles de cinéma pornographique, corrélée, entre autres, à l’invention de la cassette VHS. L’érotisme s’est ainsi déplacé de l’espace public à la sphère intime. Avec l’essor d’Internet, l’univers pornographique a connu une renaissance à l’abri des foyers et des écrans d’ordinateurs derrière lesquels chacun peut visionner ce qu’il lui plait incognito. Hommes et femmes regardent-ils tout autant de pornos ? Plébiscitent-ils ces films pour les mêmes raisons ? Les nouvelles générations de femmes apprécient-elles plus les films pornographiques que leurs ainées ? Womenology, le laboratoire marketing du groupe aufeminin.com a mené une enquête exclusive auprès de 2302 répondants pour répondre à ces questions. (1)

47% des femmes interrogées regardent un porno au moins une fois par mois

Si les hommes sont 29% à consulter un film pornographique au moins une fois par jour et 36%, au moins une fois par semaine, les femmes interrogées plébiscitent la pornographie sur une fréquence plus mensuelle.