Womenology révèle les résultats de la Grande enquête européenne menée sur
aufeminin.com en partenariat avec Toyota.
Cette enquête a été décryptée par Guylaine Bouvÿ (Ethnologue et membre de l’équipe des Enjoliveuses) et Olivier Pagès (Rédacteur en chef adjoint de Caradisiac, 1er site web d’info automobile en France).
La voiture est désormais une affaire de femmes
Plus qu’un simple moyen de transport, la voiture est un objet du quotidien de millions de femmes dans le monde.
Plus de 82% des Européennes possèdent une voiture et 74% en moyenne l’utilisent tous les jours ou presque : les Italiennes arrivent en tête avec 79%, suivies de près par les Belges (77%) et les Suisses (76%).
En France, presque un conducteur sur deux est une conductrice. Symbole de leur indépendance, l’auto a su conquérir un public autrefois laissé pour compte. Les marques autos ne s’y trompent pas : « les femmes sont une cible à satisfaire, ce que l’on voit dans des opérations faites pour elles, à l’image des séries limitées et de la customisation qui personnalise le véhicule », note Olivier Pagès.
Les femmes privilégient les marques nationales
Si la marque n’est pas citée parmi les premiers critères décisifs lors du choix d’un véhicule, elle semble inconsciemment avoir une vraie influence. Pour preuve, parmi les 6 nationalités interrogées, la moitié privilégie les voitures de leurs constructeurs nationaux.Ainsi, 55% des Françaises possèdent une marque française : Renault (23%), Peugeot (21%) et Citroën (11%). Les Italiennes, elles, préfèrent les Fiat (19%) ou les Lancia (14%). Seat reste la cinquième marque la plus populaire en Espagne (8%). Quant aux Allemandes, elles se tournent plus volontiers vers les constructeurs comme Volkswagen (20%) ou Opel (11%). « En cette période de crise, on aurait pu penser que les femmes, qui recherchent l’économie, se tourneraient plus volontiers vers des marques étrangères low cost comme Dacia, s’étonne Guylaine Bouvÿ. Mais à coût égal, elles préfèreront effectivement des marques nationales.
Cela dit, il faut aussi envisager l’achat de ces marques mais d’occasion car une conductrice n’est pas forcément prête à faire le sacrifice financier pour une marque. »
Pour elles-mêmes et leur conjoint, les femmes sont décisionnaires
Libres dans l’achat de leur voiture, 44% des femmes en Europe ont choisi seules le dernier modèle de leur voiture.
Par ailleurs, les femmes en couple ont aussi une influence décisive sur la voiture de leur conjoint : 45% des femmes en couple ont été co-décisionnaires dans l’achat de la voiture de leur conjoint et 4% des femmes ont été totalement décisionnaires. Pour obtenir des conseils pratiques, Internet s’inscrit comme un réflexe : les femmes setournent vers les forums (15% en moyenne avec un record à 20% en Allemagne et 24% en Pologne), devant les sites web des constructeurs automobiles (16%) et les sites spécialisés (11%).
L’influence des proches reste incontournable, notamment en Espagne où les femmes se tournent plus volontiers vers leur mère (59% en Espagne vs 32% en moyenne) ou leurs frères et sœurs (67% en Espagne vs 45% en moyenne) pour les aider dans leur choix final.
Le prix : 1er critère de choix
Oublions la puissance du véhicule ! Les Européennes préfèrent de loin mesurer l’impact qu’il aura sur leur porte-monnaie. Le critère du prix est en effet le premier à être cité dans tous les pays interrogés, quasiment à l’unanimité (98% en moyenne), la conjoncture économique actuelle étant déterminante.
Pour autant, les Européennes sont attentives aux aspects plus techniques : la sécurité est ainsi le deuxième critère prioritaire à 94%, avec la consommation du moteur (93%). Le design est un critère très prisé (87%).Olivier Pagès constate que les femmes ont « une approche plus pragmatique et moins passionnelle de la voiture. Elles vont être attentives à l’habitabilité, au volume de coffre ou à la place pour le siège bébé tandis que la ligne, la sensation de conduite et le côté statutaire priment chez les hommes. »
« La voiture représente un investissement et un reflet du statut social, même si elle est de plus en plus désacralisée au profit des nouvelles technologies» rappelle Guylaine Bouvÿ. «Pour les femmes, cependant, elle n’a pas cette dimension ostentatoire. Elle a une valeur d’usage plus qu’une valeur symbolique. »
Ecolos … mais pas trop
Sensibles aux évolutions automobiles, les Européennes se montrent plutôt ouvertes aux véhicules du futur. En effet, seulement 30% d’entre elles en moyenne, ne sont pas intéressées du tout par l’acquisition d’une voiture électrique. 42% des répondantes françaises envisagent, d’ailleurs, l’achat d’une voiture hybride (essence+électricité). Alors, pourquoi pas ? Encore une fois, c’est l’aspect financier qui prime.
« La culpabilité environnementale est naissante seulement », analyse Guylaine Bouvÿ. «Par ailleurs, elle est plus présente chez les jeunes (25-30 ans) qui sont les plus adeptes du covoiturage et autres modes de transport alternatifs. Les femmes semblent cependant plus sensibilisées. Selon une autre étude, elles sont plus prêtes que les hommes à abandonner la voiture pour un autre moyen de transport. »
L’aide d’un homme reste bienvenue
Seulement 6% des répondantes françaises se disent prêtent à retrousser leurs manches pour changer une durite tandis que 53% d’entres elles préfèrent amener leur voiture chez le garagiste.
L’automobile : un secteur séduisant et valorisant pour les femmes
De plus en plus de femmes aujourd’hui travaillent chez des concessionnaires sans que leurs compétences soient mises en question. En effet, pour une large majorité des répondantes, s’adresser à une femme ou un homme lors de l’achat ou la réparation d’une voiture n’a aucune importance (61%).
… mais encore machiste
« Femme au volant,… égale à un homme » finalement ?! Ce n’est pas nous mais 57% des femmes qui le disent !
Et si dans la réalité c’est exact, cela reste compliqué en termes symboliques. « L’univers auto reste très machiste et continue de s’adresser d’abord aux hommes, surtout dans la publicité avec des femmes souvent présentes comme objets de désir ou faire-valoir et non comme sujets », rappelle Olivier Pagès.
Guylaine Bouvÿ note toutefois que « le clivage homme/femme tend à se réduire et d’autres caractéristiques communes aux deux sont aussi mises en avant pour séduire de manière plus homogène telles que la sécurité et petit à petit, la dimension écologique. »
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Tags : Automobile, enquête, femmes, voiture
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