Archives de catégorie : Comportement des femmes

Qui sont les femmes adeptes des drogues ?


Selon l’Observatoire français des drogues et des toxicomanies, la consommation féminine de drogues représente un enjeu sociétal. Entre 2005 et 2010, la hausse de la consommation quotidienne de tabac chez les 18-75 ans a été davantage importante chez les femmes que chez les hommes. Constat similaire du côté des anxiolytiques, en 2011, on constate que 18% des filles et 10% des garçons en on consommé à 17 ans. En revanche, l’alcool et les drogues illicites restent à tendance « masculine », avec en 1er lieu le cannabis, dont l’usage régulier concerne 9,5% des jeunes garçons contre 3,4% des filles. Alors que dans l’imaginaire social, les comportements à risques sont perçus comme masculins, les chiffres permettent de nuancer quelque peu cette représentation. Quel est le parcours des femmes usagères des différentes substances psychoactives ? Quel regard la société, les instances médicales, etc. portent sur elles ? Rencontre avec François Beck, directeur de l’Observatoire français des drogues et des toxicomanies.

Existe-t-il des drogues plus expérimentées par les femmes que d’autres ? Depuis 10 ans, comment évolue la consommation féminine de drogues ?

Les comportements d’usages de substances psychoactives diffèrent suivant le genre, c’est-à-dire en fonction de la dimension sociale des différences et des spécificités des sexes, et non pas de leur ancrage biologique.

« Aujourd’hui de nombreuses marques lancent des parfums qui n’ont pas de genre »


Questions à Nicolas Olczyk, diplômé d’une maîtrise de chimie et expert marketing du parfum.

Hommes et femmes ont-ils les mêmes attentes en termes de senteurs ? Quelles sont les différences ? Les points communs ?

Oui et non. Les consommateurs sont conditionnés par des habitudes d’achat, mais ils sont aussi influencés par le marketing des produits parfumés. Il est plus fréquent qu’une marque propose des fragrances fleuries, fruitées ou vanillées pour les femmes, et des senteurs plus boisées, épicées ou aromatiques pour les hommes. Mais les goûts des clients eux-mêmes ne sont pas aussi tranchés. Par exemple, on retrouve fréquemment des notes fruitées dans les gels douche masculins, moins dans les eaux de toilette en revanche. De même si un packaging est rose ou violet, un homme sera moins attiré par le produit. Si l’odeur est fleurie ou vanillée, on pourra dire que c’est l’odeur qui ne lui a pas plu. Mais on voit bien qu’on est conditionné à la fois par le contenu et le contenant. Et ne parlons pas de la publicité, du nom, etc. Les attentes, elles aussi, sont liées à des habitudes. Qu’il s’agisse de fraîcheur, d’intensité ou de goûts olfactifs.

« La révolution des couples à double-carrière : accompagner les hommes et les femmes, dépasser les stéréotypes »


Rencontre avec Sandrine Meyfret, Directrice Associée du cabinet Alomey, Executive coach spécialisée en leadership, sociologue et auteure des ouvrages suivants : Le Couple à double carrière : une figure qui réinvente les frontières entre vie privée et vie professionnelle, Gagnez en Impact, développez votre charisme, votre leadership et votre influence, Le marketing de soi (co-auteure).

Sandrine Meyfret

Quelle est la situation de l’entreprenariat féminin en France ?

Un créateur sur 3 est une femme. Même si les chiffres augmentent : elles rencontrent néanmoins encore des freins dans leurs projets de création qu’on peut classer en 2 catégories :
* Un manque de confiance en leur capacité à entreprendre, rejoignant leur manque de confiance en elle-même de façon générale. Je précise que ce manque de confiance est le résultat de construits sociaux et non d’une quelconque naturalité.
* Ce qu’elles éprouvent de difficultés de conciliation entre vie privée et professionnelle.

L’exemple des couples à double carrière que j’ai étudiés prouve que cette conciliation est d’une certaine manière quelque chose qui se joue dans le couple dès le début de la vie professionnelle et de la vie de couple. Ces couples démontrent que quand l’ambition de faire carrière est claire dès le départ pour les deux parties, ils mettent en place des processus facilitateurs même si ceux-ci ne règlent encore pas tout, les femmes se sentant encore de nos jours plus impliquée que les hommes dans la vie du foyer.

« La 1ère motivation à l’achat et à la lecture de la presse féminine c’est le plaisir ! »


Rencontre avec Vincent Soulier, maître de conférences associé au CELSA (Paris-Sorbonne), chargé d’enseignement à Sciences-Po (Paris et Rennes) et auteur de l’ouvrage, Presse féminine : La puissance frivole, publié en 2008.

Comment expliquez-vous la forte présence des “people” au sein de la presse féminine ?

Avril 2008 – Editions l’Archipel

C’est le lancement en France de l’hebdomadaire Voici -insolent et iconoclaste – par le Groupe allemand PRISMA en 1987, qui a bouleversé la famille des “people” féminins. Autre date importante, le lancement de Closer – plus trash et racoleur – en 2005 par le Groupe anglais EMAP. Successivement ces deux hebdos people ont, par l’intensité de leur succès, puissamment influencé l’ensemble de la presse féminine. Pour les éditeurs, le fait était avéré : le people fait vendre ! Or, contrairement à la tradition sociologique qui veut que la presse populaire soit influencée par la presse bourgeoise, la révolution du people joua en sens inverse. La pagination et le nombre de covers accordées au people dans la presse féminine haut de gamme (Elle, Marie Claire, Cosmopolitan, Grazia…) a explosé littéralement. Cette invasion massive du people au sein de la grande famille de la presse féminine fut un booster de diffusion ! Par exemple, les meilleures ventes de Elle, ces 10 dernières années, ne furent pas le fait de mannequins iconiques en couverture, mais de Loana de Loft Story -1ère star de la TV réalité-d’Emmanuelle Béart se baignant nue à l’île Maurice, de Cécilia annonçant son divorce d’avec le Président Sarkozy, de Valérie Trierwieler se déclarant : « seule contre tous »…

« Les passerelles digitales facilitent les échanges entre parents et marques »


Barbara Haddad

Rencontre avec Barbara Haddad, consultante en Marketing relationnel spécialisée dans la relation marques – parents, créatrice du groupe Marketing With Mums, composé du webzine “Pour les bébés”, de la conférence “Marketing with Mums” dédiée aux innovations du marketing de la famille et d’une agence en CRM du même nom.

Pouvez-vous nous raconter votre parcours ?

Issue d’une formation en géomarketing, stratégies d’implantation et d’animation des entreprises, j’accompagne depuis 2007 au sein de LaSer Loyalty, les marques et enseignes dans leur relation client : programmes de fidélisation, animations et expériences clients. D’ abord comme chargé d’études statistiques puis comme consultante en marketing relationnel. J’ai ensuite accompagné la start-up Atypic-Store by LaSer dans la définition et la mise en place de sa stratégie de recrutement, tant sur des aspects de campagne d’influence que de community management. En 2013, j’ai rejoint pour quelques temps les équipes de Maximiles comme responsable du programme de coalition Maximiles.com pour enfin me mettre à mon compte et créer un écosystème complet dédié à la rencontre marques – parents.

Qui est la sexygénaire ?


Alors que le jeunisme et la lutte antirides tiennent la part belle dans le secteur de l’hygiène beauté, un autre discours existe, émanant de différents acteurs de la cosmétologie. Initiée par Dove, la thématique de l’empowerment répond à une vraie attente de la gent féminine. L’authenticité n’a pas d’âge et depuis 2012, la marque Jeanne M a ainsi choisi de s’adresser aux femmes de plus de 50 ans n’ayant pas peur de vieillir. 

C’est dans l’esprit d’une jeune femme, Emmanuel Taulet, particulièrement proche de sa grand-mère de 91 ans, que l’idée d’une beauté senior libérée a germé. Déposant le terme « sexygénaire », cette entrepreneuse a été récompensée par de nombreux prix (subvention Oséo, Lauréate de la création d’entreprise innovante européenne de la JCI17…). Très vite, l’aventure commence et après 2 ans d’exercice, la start-up a triplé son effectif et multiplié par 4 son chiffre d’affaire.

La vie esthétique ne se termine pas à 50 ans

Militant contre l’obsession de la ride, la marque désire répondre aux véritables attentes cosmétologiques des femmes de plus de 50 ans. Parlant de sécheresse, d’élasticité, de confort et de bien-être, Jeanne M souhaite renouveler un discours tyrannique « combler, compenser, diminuer, effacer, réparer, retarder… » par une vision optimiste du passage des années. « Rappelons-nous comment c’était à 20 ans, sans nos rides. Pas si terrible que ça finalement, complexées et mal dans notre peau, étrangères à une beauté si apprivoisée ? Alors pourquoi tant de nostalgie ? » argue la marque dans son Manifeste de la beauté libérée.

Etre une femme en prison : quelle place pour l’intimité ?


Marquée par une « triple illégitimité » – car relevant du privé, du tabou carcéral et de l’intimité féminine – la sexualité des femmes en prison n’est pas un sujet d’études exempt de réticences. Pourtant, c’est la thématique que la sociologue Myriam Joël-Lauf a choisi d’éclairer dans le cadre de sa thèse, soutenue en 2012.

Elle a ainsi mené une enquête qualitative auprès de 80 femmes incarcérées et 70 professionnels pénitenciers (surveillants, médecins, etc.) afin de lever le voile sur la place de la sexualité féminine en prison. Elle explique les préjugés quant à ce sujet : « La sexualité en prison de femmes constitue un « non-objet », en ce qu’elle se rapporte à des individus dont on considère qu’ils ne sont pas véritablement concernés (…). Les prénotions à propos des femmes détenues stipulent ainsi qu’elles auraient une activité sexuelle quasi inexistante en raison de leur absence de pulsion à assouvir, ou à tout le moins de leur capacité à la maîtriser, et qu’elles parleraient peu voire pas de sexe entre elles. »

« Sans Internet, je ne serais pas la femme que je suis aujourd’hui »


Rencontre avec Capucine, créatrice du blog Babillages

Comment vous est venue l’idée de créer Babillages ?

J’avais 19 ans, j’étais étudiante en communication et en journalisme. J’effectuais mes premiers stages dans la presse féminine, au sein des rubriques beauté principalement. Cela m’a donné envie de faire ce métier alors j’ai ouvert un blog beauté. A cette époque, je n’avais pas spécialement l’opportunité d’écrire dans les magazines pour lesquels je travaillais, alors ce blog m’a paru être une évidence pour montrer que j’avais une affinité avec ce domaine. Et puis, je me suis prise au jeu. Des internautes s’y sont connectés. Le blog n’était plus un simple espace dédié à mes employeurs potentiels. Cela fait plus de 7 ans, maintenant ! Et Babillages est une formidable aventure. J’ai grandi avec mon blog, le blog a grandi lui aussi. Je suis d’ailleurs en train de travailler sur une nouvelle version de Babillages, qui va marquer un véritable tournant dans ma vie professionnelle. Je souhaite proposer une expérience bien plus riche qui, je l’espère, plaira à mes lectrices ! Mon blog va en effet se transformer en… véritable site Internet.. Mais je n’en dis pas plus, patience !

Va, je ne te hais point : pourquoi les femmes aiment-elles (détester) Facebook ?


Avec 4100 statuts partagés par seconde et 4,5 milliards de likes distribués par jour dans le monde, Facebook constitue un gigantesque espace de partage dont les femmes sont de ferventes utilisatrices. (1) Aux E.U elles représentent ainsi, 76% des inscrits. (2) Pour quelles raisons plébiscitent-elles ce réseau ? Qu’aiment-elles sur Facebook ? Womenology a posé la question aux internautes d’aufeminin.com en mars 2014 (1548 répondantes). Elles sont d’ailleurs 40% à déclarer être « tout le temps connectées ».

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« Les marques, si elles s’adressent parfois aux gays, ne s’adressent pas aux lesbiennes »


Rencontre avec Amandine Miguel, Porte-parole de l’Inter LGBT en charge de la Visibilité Lesbienne

Que pensez-vous du marketing gay (marques qui ciblent particulièrement la communauté homosexuelle) ?

Tout d’abord, on aurait tort de parler de “marketing gay” pensant que l’appellation “gay” engloberait toute la communauté LGBT (même si elle est souvent employée de cette manière dans les pays anglo saxons). Le “marketing gay” s’adresse principalement aux hommes homosexuels et non aux lesbiennes ou au trans, qui n’intéressent que très peu les marques en raison de leur plus faible pouvoir d’achat et qui restent donc très invisibilisé-e-s au sein de la publicité. Il y a une nette différence de pouvoir d’achat au sein des différentes composantes de la communauté LGBT (nous parlons ici de manière générale, la précarisation est malheureusement présente partout). D’une part, le parcours que l’Etat impose aux personnes trans avec des procédures de changement d’état civil longues, coûteuses et dégradantes les placent dans une situation qui les précarisent extrêmement. D’autre part, les femmes étant les plus touchées par la précarisation, les lesbiennes, en tant que femmes, sont ainsi directement impactées.