Archives de catégorie : Comportement des femmes

Etre une femme en prison : quelle place pour l’intimité ?


Marquée par une « triple illégitimité » – car relevant du privé, du tabou carcéral et de l’intimité féminine – la sexualité des femmes en prison n’est pas un sujet d’études exempt de réticences. Pourtant, c’est la thématique que la sociologue Myriam Joël-Lauf a choisi d’éclairer dans le cadre de sa thèse, soutenue en 2012.

Elle a ainsi mené une enquête qualitative auprès de 80 femmes incarcérées et 70 professionnels pénitenciers (surveillants, médecins, etc.) afin de lever le voile sur la place de la sexualité féminine en prison. Elle explique les préjugés quant à ce sujet : « La sexualité en prison de femmes constitue un « non-objet », en ce qu’elle se rapporte à des individus dont on considère qu’ils ne sont pas véritablement concernés (…). Les prénotions à propos des femmes détenues stipulent ainsi qu’elles auraient une activité sexuelle quasi inexistante en raison de leur absence de pulsion à assouvir, ou à tout le moins de leur capacité à la maîtriser, et qu’elles parleraient peu voire pas de sexe entre elles. »

« Sans Internet, je ne serais pas la femme que je suis aujourd’hui »


Rencontre avec Capucine, créatrice du blog Babillages

Comment vous est venue l’idée de créer Babillages ?

J’avais 19 ans, j’étais étudiante en communication et en journalisme. J’effectuais mes premiers stages dans la presse féminine, au sein des rubriques beauté principalement. Cela m’a donné envie de faire ce métier alors j’ai ouvert un blog beauté. A cette époque, je n’avais pas spécialement l’opportunité d’écrire dans les magazines pour lesquels je travaillais, alors ce blog m’a paru être une évidence pour montrer que j’avais une affinité avec ce domaine. Et puis, je me suis prise au jeu. Des internautes s’y sont connectés. Le blog n’était plus un simple espace dédié à mes employeurs potentiels. Cela fait plus de 7 ans, maintenant ! Et Babillages est une formidable aventure. J’ai grandi avec mon blog, le blog a grandi lui aussi. Je suis d’ailleurs en train de travailler sur une nouvelle version de Babillages, qui va marquer un véritable tournant dans ma vie professionnelle. Je souhaite proposer une expérience bien plus riche qui, je l’espère, plaira à mes lectrices ! Mon blog va en effet se transformer en… véritable site Internet.. Mais je n’en dis pas plus, patience !

Va, je ne te hais point : pourquoi les femmes aiment-elles (détester) Facebook ?


Avec 4100 statuts partagés par seconde et 4,5 milliards de likes distribués par jour dans le monde, Facebook constitue un gigantesque espace de partage dont les femmes sont de ferventes utilisatrices. (1) Aux E.U elles représentent ainsi, 76% des inscrits. (2) Pour quelles raisons plébiscitent-elles ce réseau ? Qu’aiment-elles sur Facebook ? Womenology a posé la question aux internautes d’aufeminin.com en mars 2014 (1548 répondantes). Elles sont d’ailleurs 40% à déclarer être « tout le temps connectées ».

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« Les marques, si elles s’adressent parfois aux gays, ne s’adressent pas aux lesbiennes »


Rencontre avec Amandine Miguel, Porte-parole de l’Inter LGBT en charge de la Visibilité Lesbienne

Que pensez-vous du marketing gay (marques qui ciblent particulièrement la communauté homosexuelle) ?

Tout d’abord, on aurait tort de parler de “marketing gay” pensant que l’appellation “gay” engloberait toute la communauté LGBT (même si elle est souvent employée de cette manière dans les pays anglo saxons). Le “marketing gay” s’adresse principalement aux hommes homosexuels et non aux lesbiennes ou au trans, qui n’intéressent que très peu les marques en raison de leur plus faible pouvoir d’achat et qui restent donc très invisibilisé-e-s au sein de la publicité. Il y a une nette différence de pouvoir d’achat au sein des différentes composantes de la communauté LGBT (nous parlons ici de manière générale, la précarisation est malheureusement présente partout). D’une part, le parcours que l’Etat impose aux personnes trans avec des procédures de changement d’état civil longues, coûteuses et dégradantes les placent dans une situation qui les précarisent extrêmement. D’autre part, les femmes étant les plus touchées par la précarisation, les lesbiennes, en tant que femmes, sont ainsi directement impactées.

« Haut les seins ! » 


L’été arrive. Et déjà ils attirent les convoitises. Se dévoilant discrètement ou ouvertement par les décolletés saisonniers. Emblèmes même de la féminité, les seins sont à la fois, objets de désir, étalons de jeunesse, étendards politiques, organes nourriciers… « Aucune autre partie du corps n’a été aussi fétichisée comme objet le plus immédiat de la convoitise dans l’Amérique contemporaine que la poitrine des femmes. Omniprésent, il vit dans nos imaginations comme le plus totémique et le plus puissant symbole de la féminité » écrit la journaliste Alex Kuczynski, auteure de Beauty junkies (2006) (1) Mais comment l’histoire de la poitrine renseigne-t-elle sur l’évolution de la vie des femmes ?

Nabilla Benattia

A qui appartiennent les seins ?

C’est la question fil rouge de l’ouvrage de Marylin Yalom « Le sein. Une histoire » publié en français en 2010. Dans cette rétrospective, cette historienne et spécialiste du genre retrace l’évolution des représentations du sein qui depuis toujours répond à deux « fonctions » : combler l’enfant et séduire l’homme.

#infographie : 6 phrases clichés sur les femmes et le football


Oui, les femmes aiment le football. A l’occasion de la Coupe du Monde, Womenology le prouve via une enquête auprès de 782 répondantes en France et en Allemagne. Décryptage des résultats via une infographie exclusive.

Marion Braizaz
Twitter : @womenology - G+ : - G+ :

#CoupeduMonde : les femmes chaussent leurs crampons


La Coupe du Monde est sans aucun doute un des sujets de conversations les plus prisés de ce début d’été. Mais quel regard les femmes portent-elles sur ce sport traditionnellement masculin ? Le site aufeminin.com et son laboratoire Womenology ont mené leur enquête auprès de 782 répondantes en France et en Allemagne. Décryptage des résultats. (1)

Et 1 et 2 et… 86% des femmes qui regardent du foot

Contrairement à ce qu’affirment quelques tweets machistes que l’on peut lire sur Twitter, les hommes ne sont pas les seuls à aimer le football. Les femmes interrogées sont ainsi 86% à déclarer regarder des matchs de football à la télévision. Si pour la plupart, cette pratique s’avère occasionnelle (64%), 23% affirment clairement « adorer le football et regarder tous les matchs de la saison ». Les allemandes s’avèrent d’autant plus passionnées que les françaises avec 26% des répondantes adorant le football versus 17% pour les françaises.

« Malgré le peu de médiatisation, l’image des footballeuses est très positive »


Rencontre avec Marianne Gazeau présidente de Foot d’Elles

Comment est né votre site Foot d’elles ? Quelles étaient ses ambitions ?

Le site Foot d’Elles est le projet citoyen de Sésame. En effet, moi même et mes salariés nous souhaitions mettre à la disposition “d’une cause” nos compétences liées au web et au réseaux sociaux. Nous avons donc eu une démarche méthodique et avons cherché un sujet positif, en fort développement sur le web et en accord avec nos valeurs. Et nous sommes tombés sur le “foot féminin”, j’ai été voir un match et ai été tout de suite conquise… c’est donc comme ça que nous avons lancé un site communautaire, foot d’elles, dédié à la promotion du football féminin.

Son objectif était et est toujours de rassembler une communauté de passionnés du foot féminin autour d’articles d’actualité, mais aussi autour d’un forum de discussion. Mobiliser une communauté qui à son tour pourra promouvoir ce sport au féminin.

« Il n’y a pas de sport masculin ou féminin mais bien des femmes et des hommes qui font du sport »


Rencontre avec Didier Chavrier, enseignant à l’université d’Orléans

Quelle est la place des femmes dans le sport en France ? Et plus particulièrement au niveau du football ?

La réponse à cette question demeure amplement conditionnée par la définition apportée au terme sport. Pour certains chercheurs, le sport peut être perçu comme ce que font les gens quand ils disent faire du sport. Toutefois cette définition labile place bien souvent le sport au même niveau que les exercices corporels et les jeux. Or le sport possède une dimension normative inscrite historiquement. Le sport est une invention créée au XIXème siècle dans une Angleterre en pleine révolution industrielle qui oeuvra à une codification sans précédent des jeux populaires traditionnels. Nous ne pouvons ainsi omettre que le sport a été développé au sein des public schools, ces écoles accueillant uniquement les fils de l’aristocratie et de la bourgeoisie, dans l’objectif de canaliser l’agressivité de ces derniers tout en exacerbant leur culture de l’agôn et leur esprit d’initiative.

De la samba au bistouri : le culte de la beauté brésilienne


Selon l’ISAPS (International Society of Aesthetic Plastic Surgery), les Etats-Unis sont sans conteste l’eldorado de la chirurgie esthétique. Ils se placent ainsi à la première place du classement des pays les plus fervents des plasticiens avec un taux de 1,094,146 opérations annuelles (2010). Derrière ce leader, le Brésil rivalise avec ses 905,124 interventions, distançant radicalement la Chine, 3ème du classement avec 415,140 traitements par an. (1) Au pays de la samba et des concours de Miss Bumbum (plus beau fessier féminin), le corps est devenu une source d’investissement à la fois psychologique, physique et financier.

La beauté : une exigence démocratique

À partir des années 1950, les représentations de la beauté ont extrêmement évolué au Brésil. Alors que durant la première moitié du XXème siècle, les médecins étaient les principaux conseillers esthétiques des brésiliennes, dès les années 50, dans un contexte d’urbanisation, l’embellissement devient un sujet de la presse magazine et le marché des cosmétiques se développe fortement.