Archives de catégorie : Comportement des femmes

« L’évolution des usages d’internet a contribué à démocratiser la rencontre en ligne »


Nadège Onderka, Directrice Générale d’AGL

Rencontre avec Nadège Onderka, Directrice Générale d’AGL, éditeur de sites de rencontres. 

Selon vous, quelles sont les raisons de la diminution du tabou envers les sites de rencontres ?

Les sites de rencontres existent depuis longtemps et “l’évangélisation” du marché de la rencontre sur internet est en marche depuis plus de 10 ans. L’évolution des usages d’internet a contribué à démocratiser la rencontre en ligne (on vient sur internet pour acheter, vendre, s’informer, faire des formalités : on peut être facilement en contact avec des personnes que l’on ne connait pas et la conversation peut s’instaurer rapidement : Ebay, Linkedin, Forums etc.). Le bouche à oreilles a également fonctionné car les sites de rencontre “ça marche”. Oui, les sites de rencontres ont permis à des millions de couples de se créer et à des millions d’autres de se marier. De plus, le célibat ou le retour à celui-ci (2 mariage sur 3 se soldent par un divorce en Ile de France) poussent de nombreuses personnes à vouloir construire ou reconstruire une relation. Internet facilite la mise en relation et n’est, de fait, plus tabou, c’est devenu une façon de se rencontrer parmi tant d’autres.

« Il y a des femmes qui sont à la recherche d’un « coup d’un soir » et des hommes qui aspirent à trouver l’âme sœur »


Rencontre avec Laurence Le Douarin, Maître de Conférence en sociologie, spécialisée sur les thématiques de la Sociologie des usages, de la culture, du couple, de la famille et des relations intergénérationnelles.

Comment expliquer cette évolution des mentalités envers les sites de rencontres, cette diminution du tabou ?

Les sites de rencontre sont une modalité de rencontre parmi tant d’autres. Certes, la nouveauté réside dans les dispositifs techniques proposés qui permettent de paramétrer le choix du partenaire, d’ajouter des photos, de favoriser les interactions et les échanges avec des inconnus, d’étendre le « marché des relations ». En outre, le taux d’équipement des ménages français en connexion Internet à domicile a largement rattrapé son retard et Internet est plus facile d’accès aujourd’hui. Le processus de banalisation de l’usage des sites de rencontre s’appuie donc sur les évolutions techniques mais pas seulement. Malgré la nouveauté technique, ces plateformes électroniques prolongent d’une certaine manière les « petites annonces » qu’a fort bien analysé François de Singly en son temps. A l’époque, ceux qui trouvaient leur partenaire par le biais des « petites annonces » dissimulaient probablement les origines de la rencontre amoureuse à leur entourage pour « coller » davantage à l’image idéale du scénario de la rencontre amoureuse. La plupart du temps, les rencontres se font sur les bancs de l’université, au sein du réseau professionnel ou amical, dans des lieux privés, réservés ou publics (la préférence du lieu de rencontre restant liée à l’origine sociale).

« Tu joues ou tu joues pas ? »


Entre 2003 et 2013, le nombre de joueurs français a été multiplié par 3 pour s’élever à 31 millions d’individus en France. (1) Le Syndicat National du Jeu Vidéo (SNJV), qui publie chaque année son livre blanc de décryptage du marché, atteste de la vivacité du secteur notamment du fait des nouveaux équipements. En 2013, on dénombrait plus de 600 nouveaux jeux/applications disponibles chaque jour sur smartphone et tablette. (1) Hommes et femmes sont de plus en plus nombreux à dépenser pour jouer. Ainsi, le budget « jeux » atteint même 40 € par mois (27€ en support réel et 13€ en dématérialisé). Contrairement à l’imaginaire autour des jeux vidéo, pensés comme très masculins, la tendance au divertissement sur mobile ne s’avère pas le moins du monde genrée. Au contraire, les femmes sont très nombreuses à apprécier les jeux les plus célèbres. De Candy Crush à 2048, en passant par Criminal Case, comment ont-ils séduit des millions d’addicts ? Et plus particulièrement, qu’ont-ils de plus qui attire la gent féminine ?

« Sur un marché en émergence comme la beauté noire, un bon marketing peut jouer un rôle majeur et bénéfique »


Rencontre avec Diouldé Chartier-Beffa, fondatrice de D’CAP Research.

Quelles sont les raisons qui vous ont poussé à travailler sur ce thème de la beauté noire ?

Notre métier, c’est la sociologie appliquée à la décision stratégique. Là où il y a de la mutation, des phénomènes nouveaux à comprendre, face auxquels des acteurs économiques doivent prendre des décisions qui vont changer des choses, c’est là que nos antennes « frétillent ». Et la beauté noire est aux avant-postes de cette mutation. Le regard sur elles-mêmes et le soin de soi des femmes afro-descendantes en France a évolué très rapidement ces dernières années. Il s’est diversifié au gré des histoires individuelles et collectives, et des générations différentes qui se superposent. C’est l’endroit où la grande histoire rencontre l’intimité, et même la futilité des choix individuels. Je vois donc l’intérêt sociologique, en quoi cela implique-t-il des décisions de stratégie des marques ? L’offre de produits de beauté peau et cheveux est en grand décalage par rapport à l’émergence de cette demande.

Ré-inventer le marché de la Beauté Noire : un avenir à construire


Le marché de la beauté noire est considérable. Il représente environ 12 millions de consommatrices en France, soit 18% de la population française. Ces femmes disposent d’un budget conséquent équivalent à un panier moyen annuel de 980 euros contre seulement 250 euros pour les consommatrices « blanches ». Le chiffre d’affaire de cette branche est ainsi estimé à 7 millions d’euros en GMS. (1) C’est pour comprendre ce marché porteur et lui apporter un éclairage marketing et sociétale que D’CAP Research, un institut d’études qualitatives et de sociologie appliquée, lance en décembre 2014 son 3ème Observatoire des Mutations Sociales sur la thématique de la « Beauté Noire ». Quels sont ses enjeux ?

Amour, Gloire et TV… dis moi qui est la plus belle ?


Avec 1,8 million de téléspectateurs, soit 15% de l’ensemble du public et 24,6% des femmes de moins de 50 ans, l’émission « Les reines du shopping » de Cristina Cordula a atteint son record d’audience en novembre 2014. (1) En août dernier, « Nouveau look pour une nouvelle vie » réunissait, de son côté, 1 million de téléspectateurs (12% de part de marché) sur le créneau de 23h15. (2) Quel que soit l’horaire, la thématique du soin de l’apparence rassemble des foules. Comment expliquer cet engouement qui fait les beaux jours de M6 ?

#Egalité en entreprise : « il faut travailler sur la durée pour favoriser les prises de conscience »


Rencontre avec Axèle Lofficial, Fondatrice et Directrice Associée d’Alomey Conseil, executive coach et formatrice experte en management, leadership et évolution professionnelle pour tous, ainsi qu’en développement professionnel des femmes.

Pouvez-nous nous raconter votre parcours ? Quels éléments déclencheurs vous ont encouragé à vous spécialiser en développement professionnel féminin ?

Je suis diplômée d’HEC en 1990 et pour tout vous avouer, je pensais que l’égalité homme/femmes en entreprise n’était plus un sujet, je pensais qu’elle était atteinte depuis longtemps. Puis, j’ai commencé ma carrière en contrôle de gestion et conseil en conduite du changement. J’ai ensuite évolué vers un poste de DRH et c’est à ce moment là vraiment que j’ai pris conscience que même dans les entreprises où les femmes étaient traitées de manière égale avec les hommes, il restait des freins intérieurs, une forme de « plafond de verre interne » (syndrome d’imposture, oser développer sa visibilité, oser travailler son réseau, prendre le pouvoir, etc.).

« Happy Happening propose de révéler l’héroïne qui est en chacune de nous »


Rencontre avec Elodie Rousseau-Vercel, commissaire générale de Happy Happening @ElodieRV

Quelle est l’origine du projet évènementiel Happy Happening ?

Tout a commencé avec Les Rencontres aufeminin lancées en Joint venture en 2013 entre aufeminin et ADTLab, la société d’Aude de Thuin (ndlr : fondatrice des Women’s forum, de Osons la France et auteure de Femmes si vous osiez). Autour de l’empowerment des femmes et de l’audace, ce programme de conférences et tables rondes a connu un vif succès auprès de sa cible BtoB : femmes d’entreprises, RH, réseaux de femmes … En 2014, Marie-Laure Sauty de Chalon, présidente d’aufeminin et Aude de Thuin ont décidé de donner plus d’ampleur à ces rencontres et de les ouvrir à toutes les femmes. Elles m’ont confié le projet. Nous avons ainsi créé Happy Happening, Fabrique à héroïnes. Notre ambition : accueillir 10 000 femmes … et les hommes sont bien sûr les bienvenus !

L’histoire de la « Girl culture » : des princesses aux pop stars


Cendrillon, Barbie, les Spice Girls, Rihanna, elles sont toutes différentes et pourtant elles appartiennent à une même culture : l’univers du girly. Ambassadrices d’un monde équivoque qui a évolué conjointement aux mutations des relations sociales hommes/femmes dans nos sociétés occidentales, ces icônes influent sur le devenir des filles d’aujourd’hui. La princesse en mal d’amour s’est vue détrônée par une Barbie, initialement imaginée comme modèle d’une femme autonome et indépendante mais qui pourtant n’a su s’émanciper des codes du paraitre. Depuis quelques années, de nouvelles reines girly ont envahi la scène. Les stars de la pop reprennent ainsi à leurs comptes des slogans du féminisme militant, mais leurs déhanchements sexualisés, à l’instar de ceux de Miley Cyrus, brouillent les messages. Le clivage féminité innocente et féminité vulgaire ne cesse de se répéter. Et pourtant une contre culture girly s‘organise, dont les précurseuses Riot Grrrl. Pour en savoir plus sur cette histoire du girly, rencontre avec Cécile Denjean, réalisatrice du film « Princesses, Pop Stars & Girl Power. »

Marketing to women : « L’humour est important pour les femmes aussi ! »


Barbara Sohier

Rencontre avec Barbara Sohier, co-fondatrice et directrice marketing d’Evenby, et Vice-Présidente de l’Internet Managers Club.

De nos jours, qu’est-ce que les femmes attendent du marketing ?

Du marketing pas forcément grand-chose… Des marques elles attendent de l’attention et la prise en compte de leur pouvoir de décision et/ou de prescription dans les actes d’achat aussi bien pour elles-mêmes que pour leurs familles. (influence des femmes sur les achats souvent initiés par les hommes dans les foyers ou dans les achats dits du « foyer » : ex : voiture, vacances, bricolage….). Elles sont de plus en plus prescriptrices dans les achats du foyer et sont donc une cible à prendre en considération par les marques qui doivent sans cesse se renouveler et élargir le champ d’action. Les femmes ont également un besoin d’appartenance, de se sentir valorisées dans leur fidélité, dans une période de crise à la fois économique et sociale où tout le monde passe d’un écran à un autre, d’un sujet à un autre, d’une crise à l’autre, d’une vie à une autre… Donc la marque doit les rassurer, les chouchouter, les valoriser…