Archives par mot-clef : enfants

Le mariage et ses tribulations : qui dit « oui » ?


En 2014, environ 240 000 mariages ont été célébrés en France. Alors que les unions entre personnes de sexe différent baissent tendanciellement depuis l’an 2000, l’année dernière, les unions homosexuelles ont donné un second souffle à cette institution. Effectivement, malgré une évolution des mentalités à son sujet, le mariage séduit encore en masse, même s’il est souvent plus tardif. En 2013, 93 % des femmes nées en 1930 avaient déjà été mariées au moins une fois à leur 50e anniversaire. Parallèlement, c’était le cas de 82 % des femmes nées en 1960. Un chiffre qui reste tout à fait conséquent. (1) Mais alors, qu’en est-il pour les nouvelles générations, quelles significations les individus donnent-ils de nos jours au mariage ? Plus particulièrement, comment les femmes le conçoivent-elles ? Sont-elles plus souvent à l’origine de cet événement conjugal comme le sous-entendent certaines idées reçues sur le romantisme féminin ? Womenology a mené son enquête. (2)

Le mariage : qui dit oui

« Il faut laisser le choix aux enfants en leur proposant des applications non genrées ! »


jeux pour enfantsRencontre avec la blogueuse féministe Sophie Gourion, à l’origine d’une enquête sur les applications jeux à destination des enfants.

En règle générale, le développement des nouvelles technologies atténuerait les effets du genre, comment expliquer que pour les applications à destination des enfants, on observe l’effet totalement inverse ?

Il est illusoire de croire que les nouvelles technologies seraient une bulle coupée de toute réalité sociale et exemptes de sexisme. D’après une étude menée par la Commission européenne l’année dernière, seulement 9% des concepteurs d’applications et 19% des responsables dans le secteur des technologies de l’information et des communications (TIC) sont des femmes, contre 45% dans d’autres secteurs des services. Sous-représentativité, différences de salaires, difficulté à accéder aux postes de responsabilité : le vécu des femmes dans le numérique est au diapason de ce qu’elles vivent dans le monde du travail en général. Même s’il existe de belles réussites, c’est loin d’être un eldorado. Par ailleurs, il faut distinguer le contenant du contenu

Super héros et Super héroïnes : sont-il égaux ?


Super HérosEn 2014, l’éditeur américain Marvel frappait un grand coup dans le monde des super héros en transformant Thor en femme. Le communiqué de presse annonçait alors : « le nouveau Thor continue la tradition des personnages féminins forts comme Captain Marvel, Storm, Black Widow et d’autres. Et ce Thor n’est pas seulement un substitut féminin. Elle est maintenant la seule Thor, et elle en est digne. » (1) Mais dans les faits, les représentations médiatiques des super héros et super héroïnes témoignent-elles d’une égalité hommes/femmes ? Cet univers, historiquement viril, qui fascine les enfants du monde entier a-t-il vraiment évolué ?

« Les jeunes et futures mamans sont hyper-connectées »


Katia Gilliot-De Paepe

Katia Gilliot-De Paepe

Rencontre avec Katia Gilliot-De Paepe de la marque pour enfants Noukie’s

Racontez nous votre parcours, comment est née votre entreprise Noukie’s ?

Tout a commencé avec la naissance (en 1991) de mon fils ainé Amaury.  Mon mari et moi, travaillions à l’époque dans la même entreprise (BASF), où nous nous sommes d’ailleurs rencontrés. Nous avions des jobs (commerciaux) passionnants mais très prenants et chronophages. A la naissance d’Amaury, j’ai donc voulu créer ma propre entreprise afin d’être maitre de mon temps et de mes horaires et pouvoir ainsi trouver un équilibre, m’occuper de lui tout en ayant un challenge professionnel intéressant.  Attirée bien sûr par tout ce qui a trait au bien-être de notre fils, nous avons crée une entreprise d’importation d’animaux en peluche. C’est ainsi que j’ai donné ma démission et démarré avec un petit stock dans notre garage et un bureau dans notre buanderie.  Mon mari, quant à lui, a bien sûr gardé son emploi et travaillait le soir avec moi comme employé bénévole.

La culture : un espace de liberté ou de réinvention des pratiques genrées ?


Dans notre société, le monde de la culture est souvent pensé comme un lieu d’autonomie et d’individualisation où chacun est libre de suivre ses goûts personnels et aspirations. Pourtant les enquêtes statistiques menées par le Ministère de la Culture depuis une trentaine d’années relèvent combien les questions de genre orientent les pratiques culturelles des individus. D’ailleurs, on assiste même actuellement en 2015 à un renforcement des clivages de genre en ce qui concerne les loisirs des enfants et adolescents. Dans le cadre d’une conférence donnée au Campus Condorcet à Paris en juin 2015, la sociologue et professeure des universités Marie Buscatto, a réalisé un état des lieux très riche autour de ces questionnements de genre. (1) Retour sur les points clés de sa communication.

Culture et Genre

A chacun son écran : quel est l’impact des nouveaux outils numériques sur la vie de famille ?


Rencontre avec Anne-Sylvie Pharabod, chargée d’études au sein du département SENSE des Orange Labs. Formée en ethnologie des mondes contemporains, ses recherches portent sur les usages des nouvelles technologies dans la vie quotidienne. Elle s’intéresse notamment aux transformations de l’espace domestique et des territoires de la vie privée sous l’effet des nouvelles technologies de communication.

Impact des nouvelles technologies digitales

Il était une fois… le genre dans les dessins animés


Rencontre avec Mélanie Lallet, auteure de l’ouvrage Il était une fois… le genre. Le féminin dans les séries animées françaises

Les médias sont souvent les premiers boucs émissaires quand il s’agit de dénoncer la persistance des stéréotypes, notamment de genre, dans notre société, quel est votre avis ?

À chaque fois qu’un nouveau média fait son apparition, il suscite de vives inquiétudes quant à ses potentiels effets. Ceci est d’autant plus vrai que les publics auxquels il s’adresse sont jugés vulnérables, à l’image des enfants, longtemps considérés comme les cibles passives du marketing et que l’on imagine particulièrement perméables aux stéréotypes.

 La télévision et les écrans ont ainsi été crédités d’une influence considérable, parfois de façon relativement simpliste. Dans les années quatre-vingt, certains travaux féministes ont développé une conception très dure de l’incorporation des normes de genre dans l’enfance et du rôle des médias dans ce processus. Je pense pour ma part que l’expérience médiatique des plus jeunes prend sens dans un contexte social qui dépasse très largement le moment du visionnage, comme le montrent très bien les travaux de Dominique Pasquier sur la série Hélène et les Garçons. Par ailleurs, les médias ne sont pas le seul vecteur de stéréotypes et ne peuvent expliquer à eux seuls tous les maux de la société. Comme l’ensemble de notre culture, ceux-ci ont connu bien des transformations et ne sont pas condamnés à reconduire indéfiniment les mêmes stéréotypes. Cela ne veut pas dire qu’il faille abandonner toute ambition critique, mais une critique nuancée, qui puisse saisir les évolutions tout en soulignant le chemin qui reste à parcourir.

Lutter contre les stéréotypes filles – garçons : les 30 propositions du gouvernement


En France, les inégalités de genre perdurent. A titre d’exemple, les femmes représentent seulement 20% des membres des conseils d’administration du CAC 40. De leur côté, les hommes occupent seulement 1,3 à 1,5% des emplois du secteur de l’accueil et de l’éducation des jeunes enfants. Pourtant, depuis les années 1950, de nombreuses lois ont fait avancé l’égalité hommes/femmes. En 1944, le droit de vote et d’éligibilité des femmes voyait le jour. Puis, le droit de gérer ses biens propres et de travailler sans l’autorisation de l’époux fut légiféré en 1965. Suivront le principe d’égalité salariale (1972 et 2006), et enfin le principe d’égalité professionnelle (1983 et 2001).

Pour comprendre l’origine des inégalités, Najat Vallaud-Belkacem, Ministre des Droits des femmes, a demandé au Commissariat général à la stratégie et à la prospective de réfléchir à une manière transversale d’aborder les stéréotypes de genre. Coordonné par Marie-Cécile Naves, sociologue et politiste et Vanessa Wisnia-Weill, psychologue et psychanalyste, le dossier final, a été rendu au gouvernement le 15 janvier 2014 et annonce 30 propositions visant à faire évoluer les pratiques et mentalités. (1)

« Tu seras un homme mon fils, tu seras une femme ma fille »


A quel moment débute la socialisation sexuée des enfants et quelles formes prend-elle ? Telle était la question de départ de la journée d’études organisée par le laboratoire Printemps en collaboration avec l’ANR au sein de l’Université de Versailles St Quentin le 14 janvier 2014.

« Habiller un enfant en rose ou bleu n’a pas en soi un effet discriminatoire, cela ne porte pas préjudice à l’enfant, cela ne va pas conduire à considérer inférieur ou supérieur l’enfant, pourtant, sans cesse, le soin accordé aux parents à l’apparence corporelle des enfants amènent ceux-ci à intérioriser un certain rapport à leur corps » explique la socio-démographe Olivia Samuel, « à titre d’exemple, on apprend aux filles à prendre soin de leurs corps alors qu’on apprend aux garçons à mobiliser leur corps par leur sport et cela influence les choix futurs des enfants. »

Dans la cour de récré, les stéréotypes jouent les gros durs


En décembre 2013, Womenology a décidé de donner la parole aux enfants afin d’observer la persistance ou non des stéréotypes de genre.

Le constat est clair : les frontières perdurent. Si les petites filles interrogées préfèrent les barbies et les princesses, les garçons semblent ne jurer que par les voitures et les playmobiles. Dans la cour de récréation, chacun ses jeux, et surtout ses sports. Enfin, l’avenir est également très clivé : aux garçons les carrières de footballeurs, aux filles celles de vétérinaires et de sages-femmes.

Les jouets participent au renforcement des stéréotypes et les marketeurs doivent prendre conscience de l’impact de leur offre parfois inégalitaire. En revanche, certaines initiatives sont à saluer car elles cherchent à sensibiliser les enfants aux enjeux du genre. A titre d’exemple, des livres comme « Marre du rose » ou « On n’est pas des poupées » sont de vrais outils pédagogiques. « Avec humour et gaieté, il démonte les stéréotypes liés au genre avec une grande efficacité » souligne Sophie Gourion sur son blog Toutalego, « le graphisme, très coloré et pétillant, soutient le propos très intelligemment. »

Propos recueillis par #marion#