Archives par mot-clef : égalité

Le monde professionnel : un univers instable… Mais seulement pour les femmes ?


En France, les femmes s’avèrent sceptiques quant à la progression de l’égalité professionnelle ; pour 64% d’entre elles, celle-ci est actuellement en train de stagner. Seules 27% sont optimistes et pensent que l’égalité est en progrès contre 8% qui ont davantage le sentiment d’une régression. De leur côté, les hommes sont beaucoup plus optimistes puisqu’ils sont 53% à penser que l’égalité progresse ! (1) Alors comment expliquer que le moral des femmes soit si bas ? Que se passe-t-il dans leur entreprise pour qu’elles ressentent autant de barrières professionnelles ? Entre septembre et octobre 2015, Linkedin a mené deux vagues d’enquête en partenariat avec Opinion Way et aufeminin pour comprendre cette situation. Womenology dévoile ici les résultats clés de cette étude.

Enquête Linkedin - Femmes Entreprise

Au travail, « les femmes ont peur d’être perçues comme féministes »


Rencontre avec Sabine Fortino, Sociologue et Maître de conférences rattachée à l’Université Paris Ouest Nanterre. Auteure de l’ouvrage La mixité au travail, elle s’intéresse dans le cadre de ses recherches à la sociologie du travail et du genre, et plus particulièrement aux thématiques de la mixité, de la précarité, de la modernisation du monde professionnel et de la gestion des émotions, de sa santé au travail.

Mixité au travail

Travailler entre femmes


Quand la solidarité cède la place aux rivalités #Infographie

A la question « préférez-vous travailler avec des hommes ou avec des femmes ? », 42% des femmes répondent qu’elles apprécient davantage les environnements mixtes, et pour 27% peu importe, « c’est la personnalité qui compte ». En revanche, 22% des sondées choisiraient plutôt de travailler avec des hommes si elles le pouvaient, contre seulement 4% à qui il plairait davantage d’évoluer entre femmes. Comment expliquer cet écart signifiant ? Pour quelles raisons les femmes ne désirent pas travailler dans un espace professionnel féminin ? Womenology et aufeminin se sont intéressés à ce sujet des solidarités et rivalités féminines dans le monde de l’entreprise. Zoom sur les résultats clés de cette enquête menée auprès de 900 répondantes.

Travailler entre femmes

« Toutes les études prouvent que les actions en faveur de l’égalité professionnelle renforcent la performance d’une entreprise »


Isabella Lenarduzzi

Isabella Lenarduzzi

Rencontre avec Isabella Lenarduzzi, fondatrice de JUMP.

Racontez nous votre parcours, comment vous êtes vous orientée vers l’égalité en entreprise ?

J’ai toujours été féministe mais étant jeune, je pensais que c’était un combat “pour les autres” c’est à dire pour celles venant de cultures moins égalitaires. C’est comme cela que j’ai milité pour tous les droits des femmes et créé en 1986, l’association « la voix des femmes » qui était la première association fondée par des jeunes femmes issues de l’immigration pour leurs consœurs. Ma première confrontation avec mon statut de femme discriminée en entreprise, fut lors des 3 ans du « earn out period » que j’ai vécu entre 1991 et 1994 lors de la vente de mes premières sociétés à une multinationale. Tous les personnes du CA étaient des hommes avec environ 20 ans de plus que moi. J’ai mis du temps à réaliser qu’ils me considéraient comme l’assistante de mes deux associés (hommes) et non comme une des fondatrices et pilier de notre succès. Je me suis retrouvée dans une position où je devais légitimer tous les jours ma place et défendre ma position. C’est à ce moment-là aussi que j’ai découvert que je m’étais construite professionnellement comme un homme afin de ressembler le plus possible au modèle que mes associés (tous masculins) considéraient comme efficace.

Les sportives à la conquête de l’audience TV


Fifa 2016Lors de la dernière Coupe du Monde de Football Féminin, en juin 2015, les téléspectateurs français ont été au rendez-vous pour encourager leur équipe nationale. Lors du quart de finale opposant la France à l’Allemagne, de 22 heures à 0h40, W9 a ainsi attiré, en direct, 4.124.000 téléspectateurs, soit 26,2% du public. A 23h30, la chaîne gratuite du groupe M6 a même enregistré un pic à 5,3 millions de téléspectateurs. Pour tenter de comprendre en détail cet engouement, l’institut d’études Repucom a publié en début de semaine, en partenariat avec le think tank Sport & Citoyenneté un rapport d’enquête sur les attentes des Français quant à la médiatisation du sport féminin. Zoom sur les chiffres clés.

A l’heure de « l’après-patriarcat » : déconstruire les inégalités


L'après-patriarcatL’égalité entre les hommes et les femmes est ancrée légalement et de manière aspirationnelle dans l’imaginaire social de notre société française. Pourtant, les inégalités persistent inexorablement. Dans le monde du travail, la mixité des métiers est encore un chantier en devenir : en France, on compte ainsi 99% d’assistantes maternelles femmes, 97% d’aides à domicile, pour seulement 5% de femmes cadres dans le bâtiment soulignait dans son ouvrage dédié Françoise Vouillot, membre du Haut-conseil de l’égalité. (1) Quels que soient les secteurs d’activité, les écarts en terme de progression des carrières masculines et féminines restent eux aussi conséquents. Dans la sphère privée, les études relatives à la répartition des tâches confirment la prégnance d’une division « genrée » ; les femmes effectuent en moyenne plus de deux tiers du travail domestique contre un tiers pour les hommes. En 2015, Eric Macé, professeur de sociologie à l’Université de Bordeaux et directeur adjoint du Centre Emile Durkheim, publie son dernier ouvrage L’après-patriarcat, dont l’objectif est de décrypter cet « arrangement » de genre à l’œuvre. Il nous dévoile sa démarche et ses analyses.

Football et matchs mixtes : une utopie ?


Football et mixitéC’est en 1917, près de trente ans après les débuts du football masculin en France, que quelques femmes décident de se lancer dans l’aventure du ballon rond. (1) Peu nombreuses au commencement, elles sont rapidement amenées à jouer avec leurs homologues masculins. Mais très vite, la mixité leur est refusée. Comme l’écrit le sociologue Norbert Elias, le sport est historiquement un « fief de la virilité » et les normes encadrant féminité et masculinité sont à cette époque difficile à ébranler. (2) Cent ans plus tard, le constat n’est guère davantage positif. Parmi les 2 millions de licences délivrées par la Fédération Française de Football, on dénombre 4,5% de femmes. (3) Dans ce contexte, comment encourager une mixité ?

Et si les métiers devenaient vraiment mixtes ?


Le 10 février 2015, s’est tenue à Science Po Paris une conférence, co-organisée par le laboratoire de l’égalité et le programme PRESAGE, visant à présenter le dernier ouvrage Les métiers ont-ils un sexe ? de Françoise Vouillot, enseignante-chercheuse à l’institut national d’études du travail et de l’orientation professionnelle, et membre du Haut conseil à l’égalité femmes/hommes. L’objectif de ce dernier : démonter les ressorts de la division sexuée du travail, porteuse d’inégalités, et révéler l’intérêt de la mixité des métiers. (1)

Mixité des métiers

#Egalité en entreprise : « il faut travailler sur la durée pour favoriser les prises de conscience »


Rencontre avec Axèle Lofficial, Fondatrice et Directrice Associée d’Alomey Conseil, executive coach et formatrice experte en management, leadership et évolution professionnelle pour tous, ainsi qu’en développement professionnel des femmes.

Pouvez-nous nous raconter votre parcours ? Quels éléments déclencheurs vous ont encouragé à vous spécialiser en développement professionnel féminin ?

Je suis diplômée d’HEC en 1990 et pour tout vous avouer, je pensais que l’égalité homme/femmes en entreprise n’était plus un sujet, je pensais qu’elle était atteinte depuis longtemps. Puis, j’ai commencé ma carrière en contrôle de gestion et conseil en conduite du changement. J’ai ensuite évolué vers un poste de DRH et c’est à ce moment là vraiment que j’ai pris conscience que même dans les entreprises où les femmes étaient traitées de manière égale avec les hommes, il restait des freins intérieurs, une forme de « plafond de verre interne » (syndrome d’imposture, oser développer sa visibilité, oser travailler son réseau, prendre le pouvoir, etc.).

 La Poste : « les femmes représentent 29% de nos cadres dirigeants »


Anne-Laure THOMAS

Rencontre avec Anne-Laure Thomas, Directrice Handicap, Diversité et Egalité des Chances.

Quel est votre parcours ?

J’ai un passé de consultante en organisation et en conduite du changement. Cela fait 8 ans que je travaille à La Poste. J’ai toujours été engagée sur les sujets de la diversité et du handicap, d’abord à La Banque Postale, où j’ai été Responsable Diversité, Handicap et Engagements Citoyens. En Septembre, j’ai pris le poste de Directrice de la Diversité et de l’Egalité des Chances au sein du groupe.

Quelle est la proportion hommes/femmes chez La Poste ?

On est très proche de l’équilibre. Nous avons légèrement plus de femmes (51,5%) que d’hommes. Ce qui me semble très important à savoir, c’est que les femmes représentent 29% de nos cadres dirigeants. Ces chiffres sont significatifs et nous nous en réjouissons. Malgré la diversité de nos métiers – opérateur colis ou conseiller financier sont par exemple des professions extrêmement différentes – nous essayons toujours de tendre vers un équilibre entre les femmes et les hommes. Il y a vraiment un travail qui a été fait et qui ne date pas d’aujourd’hui. Nous avons commencé par obtenir le label égalité en 2006, puis nous avons signé la charte de la parentalité en 2010. Nous participons également aux travaux de l’observatoire de la parentalité en entreprise.