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La culture : un espace de liberté ou de réinvention des pratiques genrées ?


Dans notre société, le monde de la culture est souvent pensé comme un lieu d’autonomie et d’individualisation où chacun est libre de suivre ses goûts personnels et aspirations. Pourtant les enquêtes statistiques menées par le Ministère de la Culture depuis une trentaine d’années relèvent combien les questions de genre orientent les pratiques culturelles des individus. D’ailleurs, on assiste même actuellement en 2015 à un renforcement des clivages de genre en ce qui concerne les loisirs des enfants et adolescents. Dans le cadre d’une conférence donnée au Campus Condorcet à Paris en juin 2015, la sociologue et professeure des universités Marie Buscatto, a réalisé un état des lieux très riche autour de ces questionnements de genre. (1) Retour sur les points clés de sa communication.

Culture et Genre

« S’il n’y a pas de femme dans le numérique, ce n’est pas qu’il n’y a pas de place, c’est elles qui n’osent pas »


I know you willRencontre avec les fondatrices d’une start-up sélectionnée en 2014 pour la cinquième promotion de l’accélérateur Microsoft : Raphaëlle Covilette, Elise Covilette et Béatrice Gherara.

Racontez-nous votre parcours ?

Béatrice : Alors déjà Elise et Raphaëlle sont sœurs jumelles, et personnellement, je les connais depuis une quinzaine d’années. Moi j’ai un parcours assez classique, j’ai travaillé 6 ans en banque en tant que responsable digitale. J’ai toujours été passionné d’entrepreneuriat, j’ai grandi dans une famille d’entrepreneurs donc c’était en moi. J’avais déjà mené quelques projets auparavant, mais je n’avais jamais vraiment franchi le cap. Et le point de départ a été notre motivation à toutes les trois, l’envie de s’engager dans un projet qui avait du sens.

« Ecrire sur les femmes, écrire pour les femmes a été tout de suite une évidence »


Anne Laveau-Gauvillé

Rencontre avec Anne Laveau-Gauvillé, Responsable communication, blogueuse et auteure. Elle a lancé en septembre dernier une campagne de crowdfunding en faveur de la cause féminine. Son objectif : récolter 15 000 euros avant le 31 décembre afin de soutenir l’éducation des petites filles et permettre l’impression d’un livre qu’elle a écrit sur les femmes.

Pouvez-vous nous raconter votre opération «  D’elles et d’ailleurs » ? Comment est-elle née ?

D’elles et d’ailleurs, c’est un d’abord un recueil de poèmes qui est né, en 2007, dans un atelier d’écriture. Ecrire sur les femmes, écrire pour les femmes a été tout de suite une évidence. J’ai voulu mettre des mots sur leur souffrance, leur courage aussi. Sept années pour dire ce que vivent les femmes, ici et ailleurs, auraient pu – auraient dû – rendre caduques ce travail. Mais qu’est-ce qui a changé depuis ?

#Etude : les stéréotypes font mauvais genre


Les stéréotypes sur les concepts de masculin et féminin sont particulièrement présents dans notre société. Mais ceux-ci influencent-ils directement les inégalités encore observables dans le monde de l’entreprise ? Et quels regards hommes et femmes portent-ils sur ces derniers ? Telles sont les questions que la société de conseil Just Different, spécialisée dans les domaines de la diversité, s’est posée à travers une enquête online menée en mars 2014. A travers les réponses de 718 participants à des questions ouvertes, l’objectif de cette enquête était donc de réaliser « une photographie, sûrement incomplète mais assez parlante, de la manière dont est perçue l’influence des stéréotypes sur les choix de carrière des jeunes » explique l’entreprise. (1)

Les stéréotypes voient la vie en rose


Brigitte Grésy

Sujet au cœur de l’actualité depuis quelques mois, les stéréotypes de genre sont devenus les vedettes des médias. Il y a ceux qui les combattent, ceux qui les défendent, ceux qui les analysent. Brigitte Grésy, membre du Haut conseil à l’égalité entre les femmes et les hommes et auteure en 2009 du Petit traité contre le sexisme ordinaire publie début 2014 un nouvel ouvrage pour faire le point sur cette thématique. Sous la forme d’une enquête, nourrie d’anecdotes et d’exemples, cette agrégée de lettres et énarque s’emploie à décrypter, chez les enfants et les adultes, les contradictions et ambivalences, liées à l’évolution des rapports hommes/femmes. Comment la différence entre les sexes et les stéréotypes de genre coexistent-ils à notre époque ? Brigitte Grésy répond à nos questions.

Comment expliquer que certains stéréotypes persistent alors que d’autres disparaissent ?

Les stéréotypes de sexe se reconfigurent sans cesse autour de deux grandes catégories du féminin et du masculin, mais ils se restructurent sans cesse. Par exemple, le stéréotype « les femmes sont mauvaises conductrices au volant » qui était très fort il y a encore trente ans, diminue

Lutter contre les stéréotypes filles – garçons : les 30 propositions du gouvernement


En France, les inégalités de genre perdurent. A titre d’exemple, les femmes représentent seulement 20% des membres des conseils d’administration du CAC 40. De leur côté, les hommes occupent seulement 1,3 à 1,5% des emplois du secteur de l’accueil et de l’éducation des jeunes enfants. Pourtant, depuis les années 1950, de nombreuses lois ont fait avancé l’égalité hommes/femmes. En 1944, le droit de vote et d’éligibilité des femmes voyait le jour. Puis, le droit de gérer ses biens propres et de travailler sans l’autorisation de l’époux fut légiféré en 1965. Suivront le principe d’égalité salariale (1972 et 2006), et enfin le principe d’égalité professionnelle (1983 et 2001).

Pour comprendre l’origine des inégalités, Najat Vallaud-Belkacem, Ministre des Droits des femmes, a demandé au Commissariat général à la stratégie et à la prospective de réfléchir à une manière transversale d’aborder les stéréotypes de genre. Coordonné par Marie-Cécile Naves, sociologue et politiste et Vanessa Wisnia-Weill, psychologue et psychanalyste, le dossier final, a été rendu au gouvernement le 15 janvier 2014 et annonce 30 propositions visant à faire évoluer les pratiques et mentalités. (1)

« Tu seras un homme mon fils, tu seras une femme ma fille »


A quel moment débute la socialisation sexuée des enfants et quelles formes prend-elle ? Telle était la question de départ de la journée d’études organisée par le laboratoire Printemps en collaboration avec l’ANR au sein de l’Université de Versailles St Quentin le 14 janvier 2014.

« Habiller un enfant en rose ou bleu n’a pas en soi un effet discriminatoire, cela ne porte pas préjudice à l’enfant, cela ne va pas conduire à considérer inférieur ou supérieur l’enfant, pourtant, sans cesse, le soin accordé aux parents à l’apparence corporelle des enfants amènent ceux-ci à intérioriser un certain rapport à leur corps » explique la socio-démographe Olivia Samuel, « à titre d’exemple, on apprend aux filles à prendre soin de leurs corps alors qu’on apprend aux garçons à mobiliser leur corps par leur sport et cela influence les choix futurs des enfants. »

Lutter contre les stéréotypes sexistes : “C’est une question de justice sociale”


Vanessa Wisnia-Weill, Psychanalyste

Marie-Cécile Naves, Sociologue et Politiste

Rencontre avec Marie-Cécile Naves et Vanessa Wisnia-Weill, co-auteures du rapport « Lutter contre les stéréotypes de genre » du Commissariat Général à la stratégie et à la prospective.

D’après vous, quels sont les chiffres les plus étonnants relevés par le rapport que vous avez remis au gouvernement sur les stéréotypes de genre ?

Certains chiffres, comme les écarts de salaires ou le temps partiel subi sont connus, mais nous mettons au jour des éléments qui méritent d’être rappelés. Par exemple, seuls 17% des métiers (soit 16% des emplois) sont mixtes(au moins 40% de chaque sexe), la palette de métiers comportant beaucoup de femmes étant plus réduite que celle comportant beaucoup d’hommes. De plus, à l’issue de la classe de troisième, plus de 20% des adolescents évoluent dans des classes comportant

moins de 30% d’individus de l’autre sexe – essentiellement ceux qui rejoignent l’enseignement professionnel et technologique- et, si l’on ajoute que les loisirs, eux-mêmes, sont peu mixtes, cela signifie qu’un entre-soi sexué se met en place très tôt dans la vie.

« Cerveau rose, cerveau bleu », un livre sur les différences neurobiologiques entre les filles et les garçons durant l’enfance« Pink brain, blue brain », a book about the neurobiological differences between girls and boys during childhood


Le médecin Lise Eliot a publié aux Etats-Unis un livre intitulé « Cerveau rose, cerveau bleu. Les neurones ont-ils un sexe ? » (« Pink Brain, Blue Brain », 2009), dans lequel elle démontre, preuves scientifiques à l’appui, que les cerveaux masculins et féminins sont globalement similaires même s’il existe quelques différences entre les sexes. A l’occasion de sa sortie en France, le 1er septembre 2011, en voici une synthèse.

L’Américaine Lise Eliot explique avoir écrit ce livre car, en tant que mère et scientifique à la fois, elle était curieuse de comprendre si les différences qu’elle observait entre ses filles et ses garçons étaient dues à la nature ou à l’éducation – bref, Lise Eliot voulait rouvrir le débat entre inné et acquis, mais avec les outils les plus modernes de la neuroscience : la bibliographie recensant les études sur lesquelles elle s’appuie pour justifier ses dires fait… 46 pages !

Neuroscientist Lise Eliot published a book in the US in 2009 called « Pink brain, blue brain : How Small Differences Grow Into Troublesome Gaps — And What We Can Do About It  » in which she shows, with scientific evidence to back her up, that male and female brains are similar overall even if some differences do exist between the sexes. With the book’s release in France on the 1st of September 2011, here’s a summary.

American Lise Eliot explains that she wrote this book because as a mother and as a scientist, she was curious to understand if the differences she observed between girls and boys were due to nature or upbringing. In short, Lise Eliot wanted to revisit the nature versus nurture debate but with neuroscience’s most modern tools: the bibliography which lists the studies she used to support her claims totals 46 pages!

And the conclusion she makes from this mass of scientific data is enlightening: « At birth, boys and girls are definitely different in some ways, but they are fundamentally the same. »