Archives par mot-clef : cosmétiques

La beauté au « naturel » s’achète en pharmacie : l’explosion française de la dermocosmétique


dermocosmétiqueEn 2012, selon les chiffres de l’INSEE, les 24 000 pharmacies implantées en France ont réalisé un chiffre d’affaires de 38 milliards d’euros, soit 53% de plus qu’en 2000 en valeur. (1) Une des raisons de cette croissance est l’attachement des français à leur santé (comme en témoigne les baromètres annuels) ; mais il faut également prendre en compte la forte progression de la dermocosmétique au sein des officines. Véritables concurrentes des enseignes multimarques du secteur de la beauté (Sephora, Marionnaud, Nocibe), les pharmacies s’imposent de plus en plus comme des points de vente clés sur ce marché.

Le culte de la beauté naturelle à la française

En 2010 déjà, Emily Weiss, fondatrice du site américain Into the Gloss et de la marque de cosmétiques Glossier le criait haut et fort : « les « gardiens » des pharmacies françaises – les conseillers de vente en blouse blanche – sont occupés, sérieux, et en savent probablement plus que vous au sujet de votre peau. De ce fait, ne les interrompez jamais, et, s’ils vous proposent de l’aide, pour l’amour de Dieu, laissez-les faire ! »

Les femmes et leurs beautés : une tyrannie du bien-être ?


L’histoire des femmes et de leur corps est caractérisée par de multiples dimensions et péripéties : désamour, dominations, inégalités, mais aussi émancipations… La relation féminine aux normes esthétiques est un miroir social renseignant sur les enjeux à la fois identitaires de tout un chacun mais également plus spécifiquement sur les rapports entre hommes et femmes. Aujourd’hui, où en sommes-nous ? Après les mouvements féministes ayant dénoncé les diktats corporels reposant sur les femmes, comment les nouvelles générations féminines construisent-elles leur rapport à la beauté ? Womenology a mené l’enquête et dévoile 4 facettes résumant la mécanique féminine du soin de l’apparence. (1)

Les 4 facettes de la beauté des femmes

M.A.C Cosmetics : portrait d’une marque militante et décomplexée


Jelena AbbouLa marque M.A.C Cosmetics a été créée au Canada en 1984 par Frank Toskan et Frank Angelo. Initialement conçue pour répondre aux attentes des professionnels du maquillage, leur offre s’est étendue depuis quelques années au grand public avec un succès florissant. Leur credo historique « All Races, All Sexes, All Ages » a fortement participé à la notoriété de la marque dont la stratégie marketing et de communication fait office d’exemplarité.

M.A.C : Reine du ‘Social Media’ ?

Selon une enquête réalisée par l’agence de marketing digital Stickeyes au Royaume-Unis, M.A.C est incontestablement le leader de l’engagement via les réseaux sociaux dans le secteur de la beauté, et plus particulièrement de la beauté « ethnique ».

Beauté : « Le Brésil est une grande source d’inspiration pour le monde entier »


La beauté au Brésil par L'OréalRencontre avec Diego Alves, responsable Recherche & Développement mondial Hair Care L’Oréal, Maya Colombani, directrice du Développement Marketing de L’Oréal Brésil Julia Sarhy, directrice des Études Innovations L’Oréal Amérique Latine.

Les critères d’achat d’un produit cosmétique sont-ils différents entre les femmes Françaises et les femmes Brésiliennes ?

La femme brésilienne vs la consommatrice française est plus sensible à la nouveauté en terme de soin capillaire. Elle court après l’ultime ingrédient miracle que ce soit le murumuru ou le babazu issu de la biodiversité, ou la dernière molécule technologique. Comme elle est multimarque et multi canal, elle est aussi plus experte et exigeante car elle compare les produits et mes marques. Elle va être plus « sensorielle » considérant le parfum comme le 2nd critère d’achat*. La présence d’un ingrédient naturel est aussi un plus puisque 95% ** préfèrent acheter un soin avec un ingrédient naturel.

La beauté brésilienne se conjugue au pluriel


La beauté des femmes au BrésilAprès les Etats-Unis, le Japon et la Chine, le Brésil est le 4ème pays clé en termes de beautés. (1) Avec un chiffre d’affaire évalué à 33 816 millions de dollars, le marché de l’esthétique au Brésil a connu une croissance de 11,7% entre 2008 et 2013. (2) Le mastodonte L’Oréal s’est depuis longtemps intéressé à ce pays continent aux multiples représentations de la beauté. Fin décembre 2014, le groupe tenait d’ailleurs une conférence à Paris pour communiquer sur les attentes de ce riche marché.

« Sur un marché en émergence comme la beauté noire, un bon marketing peut jouer un rôle majeur et bénéfique »


Rencontre avec Diouldé Chartier-Beffa, fondatrice de D’CAP Research.

Quelles sont les raisons qui vous ont poussé à travailler sur ce thème de la beauté noire ?

Notre métier, c’est la sociologie appliquée à la décision stratégique. Là où il y a de la mutation, des phénomènes nouveaux à comprendre, face auxquels des acteurs économiques doivent prendre des décisions qui vont changer des choses, c’est là que nos antennes « frétillent ». Et la beauté noire est aux avant-postes de cette mutation. Le regard sur elles-mêmes et le soin de soi des femmes afro-descendantes en France a évolué très rapidement ces dernières années. Il s’est diversifié au gré des histoires individuelles et collectives, et des générations différentes qui se superposent. C’est l’endroit où la grande histoire rencontre l’intimité, et même la futilité des choix individuels. Je vois donc l’intérêt sociologique, en quoi cela implique-t-il des décisions de stratégie des marques ? L’offre de produits de beauté peau et cheveux est en grand décalage par rapport à l’émergence de cette demande.

Ré-inventer le marché de la Beauté Noire : un avenir à construire


Le marché de la beauté noire est considérable. Il représente environ 12 millions de consommatrices en France, soit 18% de la population française. Ces femmes disposent d’un budget conséquent équivalent à un panier moyen annuel de 980 euros contre seulement 250 euros pour les consommatrices « blanches ». Le chiffre d’affaire de cette branche est ainsi estimé à 7 millions d’euros en GMS. (1) C’est pour comprendre ce marché porteur et lui apporter un éclairage marketing et sociétale que D’CAP Research, un institut d’études qualitatives et de sociologie appliquée, lance en décembre 2014 son 3ème Observatoire des Mutations Sociales sur la thématique de la « Beauté Noire ». Quels sont ses enjeux ?

« Oui les hommes se soucient de leur apparence et ils n’en sont pas moins hommes ! »


Mercredi 22 octobre dernier s’est déroulée pour la première en France, la remise des Prix de la Beauté masculine by Têtu. Avec pour ambition de rendre hommage à la créativité du monde de la cosmétique, du parfum et du soin, cette compétition a analysé avec soin les profils de 39 marques candidates. C’est un jury aux expertises complémentaires, rassemblant des professionnels de tout horizons (médecine, marketing, communication, etc.) qui a eu la lourde responsabilité de désigner les grands gagnants. Skeen, L’Occitane, Dercos-Vichy, Mennen, Phillips, Remington, Christian Dior, Thirdman, voici le nom des marques récompensées. L’efficacité et la composition de leurs offres phares, et leurs capacités à répondre aux attentes des hommes on été saluées par les membres du jury.

Pour en savoir plus, rencontre avec Yannick Barbe, directeur de la rédaction de Têtu et Luc Biecq, journaliste et créateur des prix de la beauté masculine.

« L’innovation doit créer une relation originale et privilégiée en étant plus proche des femmes »


Rencontre avec Marcel Saucet, docteur en marketing, professeur et chercheur associé à l’université de San Diego, il dirige LCAconseil.net, laboratoire de conseil spécialisé dans l’innovation marketing. 

Selon vous, quels sont les secteurs les plus porteurs d’innovations à destination des femmes ?

Les cosmétiques : depuis ces 15 dernières années, c’est l’un des rares secteurs où la croissance n’a fait que progresser. Des études récentes ont montré que la progression moyenne du marché est de 5% en terme de quantité. On peut comparer les cosmétiques aux nouvelles technologies ; en effet, c’est un secteur qui ne fait qu’évoluer, et où les produits deviennent obsolètes très rapidement car l’innovation est très présente. Dans les produits, mais également dans les idées et dans la distribution : c’est le cas de ces nouvelles boites à beauté de type birchbox qui permettent aux consommatrices de tester plusieurs produits de beauté dans un coffret que les clientes reçoivent mensuellement en souscrivant à un abonnement.

Autre innovation dans la manière de distribuer, avec La marque Lush qui propose des produits cosmétiques destinés aux femmes. Une fois par an les vendeurs du magasin reçoivent les clientes … nus ! Peu d’intérêt si ce n’est celui de le voir par soi même … et donc d’attirer de nouvelles consommatrices. Les cosmétiques évoluent également rapidement grâce aux nouvelles technologies : c’est le cas par exemple, des entreprises spécialisées dans le maquillage qui proposent à leurs clientes aux USA de tester les nouveaux make up via des applications par réalité augmentée. Alors que vous êtes seules devant votre téléphone sans maquillage, l’application ressort un portrait de vous qui êtes maquillée !

Qui est la sexygénaire ?


Alors que le jeunisme et la lutte antirides tiennent la part belle dans le secteur de l’hygiène beauté, un autre discours existe, émanant de différents acteurs de la cosmétologie. Initiée par Dove, la thématique de l’empowerment répond à une vraie attente de la gent féminine. L’authenticité n’a pas d’âge et depuis 2012, la marque Jeanne M a ainsi choisi de s’adresser aux femmes de plus de 50 ans n’ayant pas peur de vieillir. 

C’est dans l’esprit d’une jeune femme, Emmanuel Taulet, particulièrement proche de sa grand-mère de 91 ans, que l’idée d’une beauté senior libérée a germé. Déposant le terme « sexygénaire », cette entrepreneuse a été récompensée par de nombreux prix (subvention Oséo, Lauréate de la création d’entreprise innovante européenne de la JCI17…). Très vite, l’aventure commence et après 2 ans d’exercice, la start-up a triplé son effectif et multiplié par 4 son chiffre d’affaire.

La vie esthétique ne se termine pas à 50 ans

Militant contre l’obsession de la ride, la marque désire répondre aux véritables attentes cosmétologiques des femmes de plus de 50 ans. Parlant de sécheresse, d’élasticité, de confort et de bien-être, Jeanne M souhaite renouveler un discours tyrannique « combler, compenser, diminuer, effacer, réparer, retarder… » par une vision optimiste du passage des années. « Rappelons-nous comment c’était à 20 ans, sans nos rides. Pas si terrible que ça finalement, complexées et mal dans notre peau, étrangères à une beauté si apprivoisée ? Alors pourquoi tant de nostalgie ? » argue la marque dans son Manifeste de la beauté libérée.