Archives par mot-clef : corps

Comment la beauté est-elle devenue une passion coréenne ?


Corée Dans la culture coréenne traditionnelle, la relation que les individus sont censés entretenir avec leurs corps se doit de respecter le « sinch’e palbu », c’est-à-dire, littéralement, « l’intégrité absolue de l’ensemble corps ». Or, depuis la deuxième moitié du XXème siècle, la Corée du Sud est en proie à une véritable « transition à la modernité » – comme le soulignent les sociologues – modifiant profondément la manière dont les Coréennes (et Coréens) prennent soin de leur apparence. (1) Pour preuve, selon les statistiques publiées en 2015 par l’ISAPS (International Society for Aesthetic Plastic Surgery), la Corée du Sud se place désormais à la 4ème place des pays les plus fervents de chirurgie esthétique avec un chiffre de 980 313 opérations en 2014. L’intégrité corporelle n’est donc plus une priorité… Pour information les États-Unis sont premier de ce classement ISAPS (4 064 571), puis viennent ensuite le Brésil (2 058 505) et le Japon (1 260 351). (2)

Être danseuse à l’Opéra de Paris : une « profession vocation »


Danse classiqueCertaines professions artistiques ont été considérées par les sociologues comme fondées sur une rationalité économique ; à l’instar du métier de comédien où l’on peut atteindre à plus ou moins long terme le succès, le « jackpot ». Mais en ce qui concerne la danse classique, cette perspective est très limitée, voire inexistante. Selon le sociologue Pierre-Emmanuel Sorignet, il faudrait plutôt parler de « rémunération symbolique » pour désigner les motivations de ces athlètes du corps. (1) Analyse de ces mécaniques qui sous tendent cette profession dite « de vocation ».

Un corps objectivé pour mener à bien son ambition

« La danse est une vision du monde basée sur la hiérarchie, la discipline et l’ascétisme » écrit Pierre-Emmanuel Sorignet. (1) Depuis l’enfance, le contrôle du corps de la danseuse est omniprésent et particulièrement encadré dans des lieux d’apprentissages institutionnels : pesées mensuelles, évaluations des mensurations, la morphologie se doit d’évoluer selon les normes prescrites.

La vie esthétique des femmes de plus de 60 ans : harmonie ou tyrannie ?


Selon l’anthropologue Pierre-Joseph Laurent, la « laideur équivaut à une fragilité que tous, beaux ou belles, nous expérimenterons, au moins, par la vieillesse. » (1) Oui – malgré l’évolution des représentations relatives aux seniors, de plus en plus positives – la chasse aux rides continue dans le monde contemporain de la beauté. Le caractère exponentiel du marché des crèmes anti-âge révèle une lutte encore acharnée contre le temps. Pourtant, dans les discours publicitaires, le champ lexical de la scientificité se trouve aujourd’hui accolé à un tout autre vocabulaire, relatif au bien-être et à la singularité. Que faut-il en déduire ? Cette évolution serait-elle liée à une mutation du regard que les femmes de plus de 60 ans porte sur leur corps ?

Femme Senior

Contraception d’urgence : les femmes la connaissent-elles vraiment ?


ContraceptionDepuis les années 2000, le regard que les femmes portent sur les moyens de contraception a subi une notable évolution. A titre d’exemple, la pilule s’avère de moins en moins utilisée. Si au début du XXIème, elles étaient 55% des Françaises à l’avoir choisie, elles ne sont plus que 41% en 2013. Les polémiques portant sur les pilules de 3ème et 4ème générations sont notamment en cause quant à cette nouvelle défiance. Pour preuve, alors que 40% des pilules utilisées en 2010 étaient de 3ème ou 4ème générations, cette proportion est passée à 25% en 2013. (1) Les femmes développent ainsi une nouvelle réflexivité. D’ailleurs, en ce qui concerne la contraception d’urgence, où en sommes nous ? C’est la question que se sont posés Harris et HRA dans leur récente enquête publiée en septembre 2015. (2)

Les seniors donnent un « coup de jeune » à la planète mode


La vie après 65 ans est source de plaisirs. Voici ce que déclarent 85% des européens de plus de 65 ans interrogés lors du premier baromètre du « Bien Vieillir » mené par l’institut Korian en partenariat avec Ipsos en 2014. (1) Parmi les leviers d’hédonisme du quotidien de ceux que l’on appelle les seniors, le surf sur internet tient la part belle, puisqu’ils sont 81% en Europe à apprécier ce loisir. Mais ils ne se contentent pas seulement de regarder, ils sont également adeptes de l’e-shopping ! En première ligne de mire, le secteur de la mode est directement concerné comme l’a souligné récemment la Fédération française de prêt-à-porter. (2) La révolution des baby-boomers imprègne ainsi le marché de l’habillement, tant du côté des pratiques consommateurs, que des représentations publicitaires.

Joni Mitchell

Joni Mitchell

Grossesse et réseaux sociaux  : ce que révèle le « social bashing » des femmes enceintes


Cet été, la photo d’une femme et de son nouveau né a entrainé une énième polémique sur les réseaux sociaux, divisant les internautes en deux habituels clans, les « pour » et les « contre ». A l’origine du débat, la cicatrice de césarienne de la jeune femme représentée dans ce cliché en noir et blanc. Signalée par certains sur Facebook comme un contenu « inapproprié » du fait de la nudité du modèle et de la « banalisation » potentielle de l’acte médical dépeint, le cliché a été censuré. Pourtant, il a été partagé plus de 63 000 fois et a connu un véritable succès online. Objectif atteint pour la photographe Helen Aller souhaitant réconcilier les femmes en proie aux doutes corporels quant à leur apparence. Pour cause, la grossesse est un moment de vie où la population féminine est confrontée à des normes et enjeux spécifiques. Le corps des femmes est ainsi sous surveillance, médicale… mais aussi sociale.

Grossesse et réseaux sociaux

« Les super héroïnes sont toujours des figures qui n’ont pas le physique du rôle »


Le héros était une femmeRencontre avec Gianni Haver, Professeur associé à l’Université de Lausanne, dont les sujets de recherche portent sur l’histoire sociale des médias. Ce chercheur a, par ailleurs, étudié la figure intermédiatique du Super héro via notamment un ouvrage intitulé Le héros était une femme… Le genre de l’aventure (2011).

Quel était l’objectif de ce livre collectif ?

Cet ouvrage se penchait sur l’apparition d’un nouveau modèle d’héroïcité au féminin, qui établissait une rupture avec la figure de l’héroïne classique, souvent un personnage secondaire, souvent accompagnée par un héros, à qui on ne demande pas la même attitude face à l’adversité. Ce nouveau modèle de héros féminin serait un modèle où la femme est le personnage principal en assumant la quête du héros avec un comportement adéquat, y compris l’usage de la violence, autrefois l’apanage de l’héroïcité masculine.

Super héros et Super héroïnes : sont-il égaux ?


Super HérosEn 2014, l’éditeur américain Marvel frappait un grand coup dans le monde des super héros en transformant Thor en femme. Le communiqué de presse annonçait alors : « le nouveau Thor continue la tradition des personnages féminins forts comme Captain Marvel, Storm, Black Widow et d’autres. Et ce Thor n’est pas seulement un substitut féminin. Elle est maintenant la seule Thor, et elle en est digne. » (1) Mais dans les faits, les représentations médiatiques des super héros et super héroïnes témoignent-elles d’une égalité hommes/femmes ? Cet univers, historiquement viril, qui fascine les enfants du monde entier a-t-il vraiment évolué ?

« Miroir mon beau miroir, dis moi qui est la plus laide ? »


Quelle est l’histoire de la laideur féminine ?

« A la manière d’un cadeau empoisonné, il n’y a qu’un « beau sexe », mais il est limité dans le temps et, dans les représentations sociales, le prix est lourd à payer de ce modeste privilège » écrit le sociologue David Le Breton dans la préface du dernier ouvrage de Claudine Sagaert portant sur l’histoire de la laideur féminine. (1) En effet, si les femmes se sont vues attribuées l’apanage du monde de « paraître » et de la beauté pendant de nombreux siècles, elles ont également été désignées comme le visage principale de la laideur. La sociologue Claudine Sagaert décrypte ainsi dans son livre comment la notion même de laideur a joué un rôle dans la construction des concepts de féminité et de masculinité. Pour les hommes, la laideur concerne plutôt l’esprit, nous dit-elle, alors que pour les femmes, elle désigne directement le corps. Afin de comprendre cette histoire esthétique, Womenology se propose de revenir sur les principaux éléments de son argumentation.

Histoire de la laideur

Pourquoi elles disent « oui » (et non) aux objets connectés ?


Bracelet JuneEn ce moment, les objets connectés sont sous le signe de l’été. On connaissait déjà le bracelet bijou June qui préserve notre corps de l’ensoleillement en calculant l’exposition aux UV (première cause du vieillissement de la peau), désormais c’est le maillot de bain connecté qui fait son entrée sur le marché de la protection solaire. Ce dernier, lancé par l’entreprise Spinali Design en 2015, joue évidemment la carte de la personnalisation (en fonction du type de peau) et propose même une option « Valentin », qui permet au conjoint(e) de recevoir une notification quand sa compagne a besoin de remettre de la crème. (1) Il faut innover pour se distinguer ! Sur ce marché des objets connectés, dont les ventes ont doublé en 2014, quelles sont les tendances pour conquérir les consommatrices ?