Pourquoi elles disent « oui » (et non) aux objets connectés ?

Bracelet JuneEn ce moment, les objets connectés sont sous le signe de l’été. On connaissait déjà le bracelet bijou June qui préserve notre corps de l’ensoleillement en calculant l’exposition aux UV (première cause du vieillissement de la peau), désormais c’est le maillot de bain connecté qui fait son entrée sur le marché de la protection solaire. Ce dernier, lancé par l’entreprise Spinali Design en 2015, joue évidemment la carte de la personnalisation (en fonction du type de peau) et propose même une option « Valentin », qui permet au conjoint(e) de recevoir une notification quand sa compagne a besoin de remettre de la crème. (1) Il faut innover pour se distinguer ! Sur ce marché des objets connectés, dont les ventes ont doublé en 2014, quelles sont les tendances pour conquérir les consommatrices ?

Des clientes qui ne demandent qu’à en savoir plus !

En 2013 déjà, une enquête CSA pour Havas Média relevait que pour 75% des Français, les objets connectés représentaient un vrai progrès technique, et que pour 71%, ils étaient synonymes de facilitateurs du quotidien. (2) « L’Internet des objets sera une révolution plus forte que celle du mobile » soulignait à ce propos Pascal Cagni, ancien président d’Apple Europe. (8) Plus récemment, l’institut d’études marketing Enov Research confirmait ces données sur l’engouement des consommateurs pour ce marché avec une nouvelle étude. En revanche, celle-ci indiquait par la même occasion qu’il existe encore une confusion et un manque de connaissance réelle sur ce que sont concrètement les objets connectés (2014). Ainsi, pour près de 2 Français sur 3 un objet connecté est une télévision (25%), un smartphone (24%), un ordinateur (11%) ou encore une tablette (8%). Alors qu’il existe un nombre infini de possibilités, les individus n’en ont pour le moment qu’une vision assez restreinte. Plus particulièrement, on constate un effet du genre car les hommes semblent avoir une plus grande familiarité à ce sujet que les femmes. Ils sont 54% à déclarer savoir précisément ce que sont les objets connectés contre 24% pour les femmes. (3)

Apple Watch

Si 83% des Français pensent que les objets connectés sont l’avenir et qu’ils vont révolutionner notre façon de vivre, pour l’instant, leur utilisation reste le propre d’un cercle de consommateurs plutôt restreint. La smart TV arrive en tête des usages (64%) suivie par la montre (5%) et la domotique (5%). (3)

Comment les marques investissent-elles la « féminité connectée » ?

Dans le secteur des objets connectés, deux domaines sont particulièrement prometteurs : d’une part, celui de l’équipement des foyers et d’autre part, celui du soin corporel. Pour séduire la cible féminine, les créateurs investissent fortement l’un et l’autre. Plus particulièrement, il est une sphère réservée aux femmes : celle de la grossesse, qui attire de nombreuses innovations. A la croisée de la santé corporelle et des relations sociales, ce sujet de la grossesse est propice à l’émergence de multiples propositions d’objets connectés.

Quand attendre un bébé devient une expérience connectée

En amont, certains d’entre eux, comme Temp drop, un petit capteur à placer dans les soutiens-gorge, permettent de connaître plus précisément son calendrier de fertilité. De manière plus anecdotique, sur la thématique du couple, des japonais ont même donné naissance à un soutien-gorge connecté captant les battements du cœur pour évaluer votre attirance envers vos conquêtes : le True Love Tester. (4) Une fois enceintes, les femmes peuvent également investir dans des objets tels que le Bellabeat qui donne la possibilité aux futures mamans d’enregistrer les battements de cœur de leurs futurs bébés, voire même de les partager sur les réseaux sociaux ! Après l’arrivée de leur enfant, les femmes peuvent aussi investir dans un rééducateur de périnée connecté à leur smartphone : Skea. (6)

Objets connectés et grossesse

Surveiller son corps pour atteindre le bien-être

Les acteurs du secteur de la beauté et de l’entretien physique sont évidemment en première ligne de mire sur le marché des objets connectés. « Nos sociétés font du corps une entreprise à gérer au mieux. (…) Il faut mériter sa forme et la plier à sa volonté. (…) nombre d’acteurs trouvent prise sur leur existence à travers une discipline du corps. À défaut de contrôler sa vie, on contrôle au moins son corps » souligne le sociologue David Le Breton. (9) A ce jeu de la maitrise corporelle, l’objet connecté s’avère un partenaire on ne peut plus plébiscité. Les bracelets ont le vent en poupe, à l’instar des marques Xiaomi, Garmin, Samsung, Jawbone et Fitbit qui se partagent le marché. Calculer le nombre de pas effectués dans la journée, connaître les calories brûlées et veiller sur son sommeil sont les applications qui ont le plus la côte auprès des femmes. Dans la même veine, les balances connectées ont vu leur consommation croitre ces dernières années. Selon un sondage Ifop publié fin 2014, elles se trouvent à la 7ème place des objets connectés possédés par les Français.

Ifop - Objets connectés

D’ailleurs, ce classement révèle également combien la santé est un enjeu sur le marché des objets connectés. De nombreuses start-up investissent ainsi ce champ, notamment dans une perspective de senior marketing pour réinventer le vieillissement de demain, à l’image de la marque Guardian Angel qui a créé un pendentif veillant sur la sécurité de son porteur en prévenant les proches en cas de danger.

La  « smart home », c’est pour demain !

Pour la maison connectée, les perspectives sont encore plus réjouissantes pour les annonceurs du secteur. Selon le cabinet GfK, la part des équipements de la maison connectés (électronique de loisirs hors tablettes et smartphones, éclairage, confort, sécurité, énergie) atteint déjà 22% et le chiffre d’affaire de ce segment devrait même avoisiner les 3,2 milliards d’euros dans le monde en 2015 (box domotiques, alarmes et serrures connectées, électroménager, etc.). (10) « Aujourd’hui, on pilote mais, pour demain, on veut une maison qui se pilote seule, avec des objets qui communiquent entre eux » décrypte François-Xavier Jeuland, président de la Fédération Française de Domotique. En terme de motivations d’achat, c’est le confort qui prime, arrivant loin devant les économies d’énergies rapporte une enquête de 2014 auprès des lecteurs de Maison à part. D’ailleurs, en tête des équipements plébiscités, on trouve les thermostats et systèmes de régulation du chauffage (37,2%) et les protections des fenêtres (32,3%) – preuve du souhait d’améliorer le bien-être à l’intérieur des foyers. En deuxième position, ce sont les systèmes de sécurité qui remporte les suffrages.

Smart Home - Samsung

Du côté des freins, c’est le prix (61%) et le manque d’information (23%) qui se place en tête de liste. « Comme la microinformatique il y a 20 ans, il faut espérer que la pédagogie permettra à tous de comprendre l’intérêt de la domotique, cassant ainsi l’image négative qu’elle a eue à cause de produits de mauvaise qualité » ajoute François-Xavier Jeuland.

La valeur ajoutée des objets connectés n’est donc plus à prouver, néanmoins, en guise de conclusion, il faut souligner que les Français – et plus particulièrement les Françaises (60% des femmes et 54% des hommes) – témoignent d’une inquiétude légitime quant à la protection de leurs données. Dans un contexte de méfiance vis-à-vis de l’utilisation des informations personnelles à des fins commerciales, les marques doivent donner les preuves de leur transparence et rassurer les consommateurs quant au respect de leur vie privée. (3) D’ailleurs, selon une enquête Ipsos-Steria publié fin 2014, 59% des femmes se disent prêtes à utiliser des objets connectés avec leur téléphone mobile ou leur ordinateur pour mesurer leur degré d’activité physique, leur tension ou l’équilibre de leur alimentation, mais petite nuance seulement 22% se disent « tout à fait prêtes » à le faire tandis que 42% déclarent qu’elles n’utiliseraient pas ce genre d’objets. Ainsi, sur des secteurs spécifiques, un certain nombre femmes n’est pas encore convaincu. (5)

Marion Braizaz

Sources
(1)http://www.objetconnecte.net/
(2)http://www.lesnumeriques.com/
(3)http://www.enovresearch.fr/
(4)http://www.objetconnecte.net/femmes-et-objets-connectes
(5)http://www.lalettredegalilee.fr/
(6)https://www.kickstarter.com/
(7)http://www.maisonapart.com/edito/
(8)http://www.objetconnecte.net/developpement
(9)Anthropologie du corps et de la modernité, David Le Breton, 2013
(10)http://www.usine-digitale.fr/editorial/
(11)Enquête réalisée auprès des lecteurs de Maison à part, administration des questionnaires en ligne du 13 au 19 octobre 2014, 1.785 répondants. Répartition des répondants : Hommes : 52% – Femmes : 48% ; Propriétaires : 67% – Locataires : 33% ; Moins de 34 ans : 22% – 35 à 44 ans : 33% – 45 à 54 ans : 25% – Plus de 55 ans : 20%

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