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« Les super héroïnes sont toujours des figures qui n’ont pas le physique du rôle »


Le héros était une femmeRencontre avec Gianni Haver, Professeur associé à l’Université de Lausanne, dont les sujets de recherche portent sur l’histoire sociale des médias. Ce chercheur a, par ailleurs, étudié la figure intermédiatique du Super héro via notamment un ouvrage intitulé Le héros était une femme… Le genre de l’aventure (2011).

Quel était l’objectif de ce livre collectif ?

Cet ouvrage se penchait sur l’apparition d’un nouveau modèle d’héroïcité au féminin, qui établissait une rupture avec la figure de l’héroïne classique, souvent un personnage secondaire, souvent accompagnée par un héros, à qui on ne demande pas la même attitude face à l’adversité. Ce nouveau modèle de héros féminin serait un modèle où la femme est le personnage principal en assumant la quête du héros avec un comportement adéquat, y compris l’usage de la violence, autrefois l’apanage de l’héroïcité masculine.

Super Man, Super Girl : mêmes pouvoirs mais pas le même combat !


Super GirlRencontre avec Mélanie Boissonneau, titulaire d’un Doctorat en études cinématographiques et audiovisuelles. Spécialiste de la représentation des femmes dans le cinéma, elle a notamment travaillé sur les différences entre super héros et super héroïnes.

Sur quelles thématiques se focalisent vos recherches sur les super héroïnes ?

Dans tous mes travaux, je m’interroge de manière récurrente sur la question de l’égalité hommes/femmes mais également sur les représentations des corps féminin et masculin. Quelles sont les principales différences de représentations entre les super héros et les super héroïnes ? Tout d’abord, il faut savoir que le nombre de super héroïnes est bien inférieur au nombre de super héros. C’est tout à fait flagrant. Au cinéma par exemple, entre 1968 et 2008, il y a eu 46 films de super héros, donc seulement 3 avec des super héroïnes en personnage principal, qui se sont d’ailleurs soldés par des échecs. Mise à part le nombre, la représentation est aussi différente. Lorsqu’elles ne sont pas le personnage principal, les super héroïnes sont toujours membres d’une équipe composée majoritairement d’hommes. Elles vont souvent être des personnages secondaires, comme dans Wolverine.

Super héros et Super héroïnes : sont-il égaux ?


Super HérosEn 2014, l’éditeur américain Marvel frappait un grand coup dans le monde des super héros en transformant Thor en femme. Le communiqué de presse annonçait alors : « le nouveau Thor continue la tradition des personnages féminins forts comme Captain Marvel, Storm, Black Widow et d’autres. Et ce Thor n’est pas seulement un substitut féminin. Elle est maintenant la seule Thor, et elle en est digne. » (1) Mais dans les faits, les représentations médiatiques des super héros et super héroïnes témoignent-elles d’une égalité hommes/femmes ? Cet univers, historiquement viril, qui fascine les enfants du monde entier a-t-il vraiment évolué ?

Le 7ème art est-il toujours autant « a man’s world » ?


Bechdel test« Le cinéma se présente d’emblée comme un art de masse, appelé à s’adresser au plus grand nombre : un art pour tous, et où chacun peut trouver un bonheur d’évasion » écrit le philosophe Gilles Lipovetsky. Or, cette ambition de communication de masse, à notre époque mondialisée, n’est pas toujours en faveur de contenus exempts de stéréotypes, qu’ils soient raciaux ou de genre. Effectivement, la parité dans le monde cinématographique, à la fois derrière ou devant la caméra, est encore une douce utopie. Pour preuve, le Bechdel Test, initié par l’artiste Alison Bechdel en 1985 et dont l’objectif est de mesurer la représentativité des femmes à l’écran a encore de beaux jours devant lui. Womenology s’est penché sur cette question.

Cinéma & Musique : Où sont les femmes ?


En Europe, de nombreuses femmes rencontrent des obstacles lorsque celles-ci s’aventurent dans le monde du cinéma et de la musique. La faible représentativité féminine aux postes à responsabilités (seulement 14% de femmes à la direction des grandes écoles artistiques), ainsi que dans les grilles de programmations artistiques, est révélatrice de la persistance de stéréotypes. A titre d’exemple, depuis la création des « Césars du cinéma » (1976), le César du meilleur réalisateur a été décerné à 39 hommes et une femme. Partant de ce constat, le groupe Vivendi a proposé au Laboratoire de l’Egalité un partenariat entre chercheurs et professionnels afin de lutter contre les inégalités de genre dans le secteur artistique. Les ambitions de ce projet sont claires : recueillir l’opinion d’artistes sur cette thématique, sensibiliser les différents décideurs du secteur et élaborer des pistes d’actions concrètes.

En novembre 2013, un premier rapport, « La place des femmes dans la musique et le cinéma en Europe », a été publié. Décryptage des grands résultats de cette enquête.

Le cinéma, un monde masculin… mais principalement fréquenté par des femmesCinema, a masculine world… but mainly frequented by women


Les études du CNC montrent que les femmes vont plus souvent au cinéma que les hommes : en 2010, elles représentaient 53.9% des spectateurs et 55% des cartes d’entrée illimitées (pour seulement 51.8% de la population française). Mais c’est au niveau qualitatif que les différences sont les plus frappantes : le cinéma reste très segmenté selon les genres…

Des goûts différents selon les sexes

Les femmes et les hommes se différencient tout d’abord sur l’origine des films qu’ils vont voir. Si les deux sexes déclarent apprécier autant l’un que l’autre les films américains, les femmes voient plus de films français (1% de plus que les hommes) et beaucoup moins de films non européens (20% de moins).

Studies from the CNC (French National Centre of Cinematography) show that women go to the cinema more often than men: in 2010, they represented 53.9% of cinema-goers and 55% of unlimited access card holders (for only 51.8% of the French population). But it’s the films that are watched where we see the most striking difference: cinema remains very segmented according to gender…

First of all, men and women differ over the origin of the films they go to see. While both sexes claim to like American films, women see more French films (1% more) and much fewer non-European films (20% less).

Why is there such a difference? Notably because of their different influences when choosing the films. Men mostly rely on the media, while women have a social affinity with cinema that leads them to prefer films with actors or directors they know, or films that they’ve heard good things about (influence of word of mouth): as European and American films are the most viewed and commented on in France, its therefore toward those films that women turn. But the films present in the 2010 box office are practically all American.

La construction sociale du genre : l’exemple de Laure qui devient Michaël dans le film TomboyThe social construction of gender: the example of Laure becoming Michael in the movie ‘Tomboy’


Le film Tomboy illustre l’idée défendue par Judith Butler que nous performons notre identité sexuelle, qui serait un jeu et une construction sociale.

Laure a 10 ans et est un garçon manqué. Arrivée dans un nouveau quartier, elle fait croire à Lisa et sa bande qu’elle est un garçon. L’été devient un grand terrain de jeu et Laure devient Michaël, un garçon comme les autres… suffisamment différent pour attirer l’attention de Lisa qui en tombe amoureuse. Voir le récit détaillé.
Ce film est une bonne illustration de la théorie de Judith Butler qui présente le genre sexuel comme une construction sociale. C’est parce qu’on joue depuis notre enfance à la fille ou au garçon qu’on est garçon ou fille. Dans ce film on peut observer tout ce qui se passe pour une fille qui cherche à se faire passer pour un garçon : changement de prénom, jeux virils (foot, bagarre), pratique du sport torse nu (la poitrine est encore infime), cheveux courts, découpe d’un maillot de bain une pièce en slip de bain, ajout d’un zizi en pâte à modeler lors de la baignade, tentative de faire pipi debout, etc

Le film présente l’identité sexuelle comme un jeu. Laure joue au garçon, se déguise, imite, exagère des attitudes en apprenant à cracher ou en adoptant des postures (mains sur les genoux penché en avant). Elle joue au grand frère qui protège sa petite soeur. Elle porte des vêtements neutres (short et tee-shirt) jusqu’à ce que sa mère l’oblige à mettre une robe pour se dénoncer.Tomboy illustrates the idea defended by Judith Butler that we play up to our sexual identity, which is a game and a social construction.

Laure is 10 years old and is a tomboy. Arriving in a new neighbourhood, she makes Lisa and her gang believe she is a boy. Summer becomes a big playground and Laure becomes Michael, a boy like the others … but different enough to attract the attention of Lisa who falls in love. See the full story.

This film is a good illustration of Judith Butler’s theory that sexual gender is a social construct. This is because we play the role, from our childhood, of a girl or boy who is a boy or girl. In this film you can see what happens to a girl who tries to pass as a boy; name changing, manly games (soccer, fighting), shirtless sports (she is still flat-chested), hair cut short, a one piece bathing suit, adding a Plasticine willy when swimming, trying to wee standing up, etc.